comme vous l'avez vu, hier les nécessités contingentes ont fortement limité ma capacité d'expression. Je vous ai, en compensation de ma cruelle absence, communiqué le papier de francis marmande qui avait un petit rapport avec mon antépénultième blog relatif au blues.
Je l'ai malheureusement, dans ma précipitation, accompagné d'un petit mot quasi élogieux sur FM. En effet j'avais complètement oublié que ce garçon, outre ses papiers sur le jazz, était également, de façon occasionnelle et estivale certes mais quand même, le chroniqueur attitré dans le même quotidien du soir, de la corrida ( mais si vous savez, cette barbarie qui consiste, après l'avoir torturée devant un public de crétins excités et parfois même pas espagnols, à tuer purement et simplement une pauvre bête qui n'avait fait de mal à personne . Essayez donc de faire la même chose dans votre jardin avec votre caniche, vous allez voir vos voisins! ) donc je retire ce que j'ai dit sur ce pitoyable aficionado (un aficionado ne peut être que pitoyable comme un économiste ne peut être que distingué ).
d'abord , à part quelques bonheurs d'expression comme celui cité hier, ses papiers sont plutôt verbeux. Voilà, dire du mal, ça fait du bien !
Bon revenons à billy root. Vous vous souvenez que j'avais découvert ce billy là dans le disque « dizzy atmosphère » édité chez speciality par art rupe. Il y jouait du baryton et un peu, il faut bien le dire, les utilités. J'en avais rapidement déduit, après avoir consulté sa bio, qu'il n'avait pas du enregistrer grand chose. Mon erreur était aussi grande que celle qui consisterait à croire qu'un enfant qui saute à cloche pied est unijambiste.
En effet, grâce à C&D ( pour les initiés ), j'ai trouvé un enregistrement de 1958, excellent, chez blue note, du tromboniste Bennie Green ( pas confondre avec le pianiste de 40 ans son cadet ) où billy root tient le ténor au côté de gene ammons et s'en tire ma fois très bien. Donc suivons la piste de billy root, je vous tiens au courant.

A ce sujet j'ai toujours eu un faible pour bennie green, qui se différencie des trombonistes de sa génération ( il a un an de plus que JJ Johnson pour situer ) par une certaine distance vis à vis du be bop même si il en adopté l'idiome. En effet il a gardé des grands trombonistes de l'époque swing un certain penchant pour la joie de vivre et l'expressionnisme. Je possède un autre disque de bennie en leader, celui là:

édité sur le très obscur label « blue moon » (?) benny fait équipe avec jimmy forrest au ténor et sonny clark. Au piano.
Sonny clark est également là sur le disque « soul stirrin » ( ce titre me fait penser aux « soul stirrers », groupe de gospel dans lequel a débuté le chanteur sam cooke, dont il faut absolument que je vous entretienne un autre jour ).
ah! sonny clark.mâtin quel pianiste ! Mort à 31 ans ( d'une crise cardiaque mais je me méfie beaucoup des permis d'inhumer concernant les jazzmen de cette époque ) il a laissé derrière lui une oeuvre discographique immense.
Après une période de purgatoire, il est maintenant bien reconnu à sa valeur, qui est celle d'un des principaux disciples de bud powell. Accompagnateur hors pair comme en attestent ses innombrables prestations en tant que sideman, c'était aussi un soliste et leader de premier plan. Très original, il s'exprime dans un style très précis, avec un discours parfaitement articulé. Ses albums ( en trio ou en petite formation ) sont tous d'un goût très sûr et d'un équilibre parfait.
Vous pouvez trouver actuellement dans les bacs ça:

je ne l'ai pas acheté pour deux raisons: il fait doublon avec des disques que je possède déjà et qui plus est coûte une vingtaine d'euros ( 26,98 à la FNAC en import japonais ) . vous connaissez maintenant mon sens aigu de l'économie. Mais si vous êtes riches ( et vous l'êtes j'en suis persuadé sinon vous feriez des heures supplémentaires au lieu de blogguer à tout va ) achetez le sans hésiter.
vous remarquerez la photo qui résume à elle seule la haute estime dans laquelle
Bien que né en Pennsylvanie c'est en californie qu'il commencera sa carrière. De cette époque il reste des disques ; surtout deux, ses enregistrements avec le grand tromboniste frank rosolino ,( curieusement je ne raffole pas de ce disque ) et surtout cette pure merveille :

un détail, si vous avez de bons yeux vous distinguerez le nom du batteur: joe jones qui vous intriguera. Non ce n'est pas papa joe mais l'autre qui ne se faisait pas encore appeler « philly ».
.Mais c'est à partir de son arrivée à new york en 57 qu'il explosera notamment en devenant le « pianiste maison » de blue note, comme grant green sera son pendant à la guitare ( on raconte que pour gagner du temps entre deux séances GG couchait dans le studio de rudy van gelder, bon comme toutes les légendes, hein!). SC et GG ont d'ailleurs enregistré ensemble des faces magnifiques.

Malheureusement, les producteurs de blue note ne les ont jamais éditées du vivant de ces deux artistes, préférant promouvoir des choses un peu plus vendables ( on ne peut pas en vouloir à alfred lion, financièrement blue note était toujours sur la corde raide )
comme sideman SC a participé à des albums majeurs. Ce sonny rollins avec roy haynes

ou encore le « the congregation » de johnny griffin, dont la plus belle réussite il faut le dire, tient à la pochette d' andy wharol ( accrochée au mur de mon salon de musique, je rigole je n'ai pas de salon de musique, mais qu'est que vous croyez ? )

mais aussi les chefs d'oeuvre blue note de dexter gordon.


Un des premiers hank mobley en leader, tout le gotha quoi!

ou enfin, mais c'est un souvenir personnel, le « camp meetin » de don wilkerson qui a été l'indicatif de « pour ceux qui aiment le jazz » ( mais si vous connaissez don wilkerson, c'est lui qui prend le chorus de ténor sur le « I got a woman » de ray charles. Vous voyez bien! )

en leader tous ses disques sont à acquérir ( ou à voler c'est vous qui voyez ). le plus connu est « cool struttin' « avec philly joe, paul chambers et jacky mc lean. Formidable. Mon préféré est « leapin and lopin' » avec charlie rouse et billy higgins ( un de ses derniers enregistrements ).


les trios sont à écouter absolument ( si vous disposez de 26,98 euros c'est le moment, vous ne les regretterez pas ).
pour terminer merci à tous ces correspondants et à leurs commentaires et surtout au fait qu'ils semblent apprécier ce blog. En tout cas je prends beaucoup de plaisir à le faire ( on verra si ça durera ).
Je récapitule, je dois du sam cooke et la suite de l'enquête sur la vie dissolue de billy root.
Bonne soirée à tous.
3 commentaires:
GASTON, POUR MARMANDE, SI J'AVAIS VU TON BLOG HIER, JE T'AURAIS DIT QU'IL A DU SANG SUR LA CAPE. EN PLUS, POUR CE QUI EST DU JAZZ IL S'EST FAIT UNE SPÉCIALITÉ DES NÉCROS. IL LES A MÊMES RÉUNIES EN LIVRE... VAMPIRE !!!
POUR CE QUI EST DE TON SALON DE MUSIQUE, J'AI VU QUE JIMMY S... ETAIT INSTALLÉ ENTRE GRIFFIN,ROLLINS ET MORGAN !!! JE CONTINUE À ÉCOUTER LA RADIO CHEZ MOI !!! POUR BILLY ROOT, ATTENTION... BEST. DANIEL
Félicitations pour cette chro sur Sonny Clark ! Je connais un disque sur deux, ce qui fait 5 bon disques à découvrir...
Et j'attends Sam Cooke avec impatience ! Après le Blues, la Soul...
En voyant cette pochette warholienne accrochée au mur de ton salon de musique, je me demande si tu connais le superbe bouquin de Manek Daver intitulé "Jazz Record Covers -- the rare and the beautiful" -- jadis évoqué sur le Jazz Coin, et logiquement rangé dans la rubrique "Au fil des pages", qui n'est pas très étoffée.
Sonny Clark, Sonny Clark... eh oui. Merveille d'équilibre, de toucher, de pertinence, de délicatesse...
And now, for something completely different : je viens de repérer Matthieu Schwartz (alias Mat Mathews) aux côtés de Carmen McRae... en leader, il a quand-même eu de sacrément bons partenaires, cet homme-là... Hank Jones (à Newport, 57), Art Farmer, Gigi Gryce, Kenny Clarke...
Bonne soirée à toi !
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