vendredi 30 mars 2007

johnny be good

gaston revient.

Bien oublié, leon thomas a existé à nouveau un peu grâce à mon blog. Donc je suis utile à quelque chose. Ça n'est pas rien quand même !

Encore quelques mots sur leon(e) et puis après, promis, on n'en parle plus jamais.

Tout d'abord sur sa coupable activité chez count basie . Lady domi , à qui rien de ce qui est discographique n'échappe, me fait observer quelques titres enregistrés par leon chez le count ( voir les commentaires du message précédent ) est ce réédité ?

Sur la dernière période de la vie du leon, la même me fait remarquer un disque de 1998 où il officie auprès de la chanteuse jery brown. Jazz miscellanous fait mieux puisqu'il m'a procuré l'enregistrement. Son écoute ne m'a pas convaincu. Si on ne connaissait pas les enregistrements précédents on trouverait sans doute ça très bien mais... leon se survit là à sa gloire passée et la version du « cretor has.. » est émotionnellement très loin de sa collaboration avec pharoah.

Dernière chose sur leon. En examinant de plus près le disque « full circle » je me suis aperçu ( merveille du packaging ) qu'à l'intérieur, mais vachement bien dissimulé, du cartonnage, se trouvait un livret, en français qui plus est, de jacque denis ( qui officie habituellement chez jazzman dont j'ai donc eu tort de dire du mal ). une phrase seulement, très juste, de JD : « enregistré en 1973, ce disque s'inscrit pleinement dans son époque, celle de la soul militante et du jazz libre de se réinventer, celle du « what's goin' on » de Marvin Gaye et de l 'Attica band d' Archie Shepp. » c'est mieux dit que je ne l'aurais fait, mais JD lui est payé pour ça !

enfin enfin, j'avais omis de vous dire comment j'avais découvert leon. C'était il y a très longtemps sur un disque de roland kirk/al hibbler ( qui lui ne fait pas vraiment partie de mon panthéon personnel, le dit hibbler ) où, sur un seul titre ( dreams ) leon chantait magnifiquement.

Bon j'arrête avec leon(e)

puisqu' on parle de chanteurs, épuisons le sujet, enfin c'est une façon de parler; vous ne couperez pas, petits veinards, à eddie jefferson un de ces quatre.

Johnny hartman, ça vous dit quelque chose johnny hartman ?

Bon sang mais c'est bien sur répondez vous en coeur: le chanteur qui chante ( ce qui n'est pas complètement anormal pour un chanteur , certes ) avec john coltrane sur un disque impulse de 1963.

curieusement le johnny n'est pratiquement connu des jazzophiles que pour ça.

Comme moi vous trouvez que ce disque est magnifique et fait partie de ceux que vous emmèneriez sur un île déserte ( comme il y a rarement l'électricité sur une île déserte il ne vous servira à rien ! ). La version des deux johnny ( laissez moi une fois appeler coltrane johnny ) de « my one and only love » est de ces moments de pure beauté sereine qui font que la vie vaut quand même d'être vécue non ?

Le mystère, pas vraiment élucidé à ma connaissance, est : pourquoi JC avait fait appel à ce chanteur, à priori très éloigné de ses orientations musicales ?


On sait que bob thiele, le producteur, souhaitait faire enregistrer à JC un disque plus vendeur, avec un chanteur. Mais il semble bien que ce soit JC qui ait préconisé JH. Comment le connaissait il ? Sachant que johnny hartmann n'avait rien enregistré depuis 1956 et que sa notoriété était très faible.

De la même génération que coltrane JH est un cas vraiment à part. Pas vraiment crooner à la king cole ou sinatra, c'est un chanteur de ballades, point. Avec une voix absolument magnifique de baryton. Jamais de up tempo, jamais de scat. Que des romances, magnifiquement et calmement exposées, avec une grande profondeur.

Ça n'est pas étonnant que clint eastwood ait choisi deux de ses chansons ( easy living et for all we know ) pour la bande son de « la route de madison », film romantique s'il en est ( que ma femme adore et qu 'elle a du voir 18 fois...). Malheureusement pour johnny ce sera une reconnaissance posthume puisque le film est de 95 alors que johnny nous a quitté en 83.


sur la lancée de la collaboration avec coltrane , impulse lui fera enregistrer un disque la même année « I just dropped by to say hello « que j'écoute en ce moment.

Ce disque me fait d'ailleurs un peu mentir puisqu'il y a deux morceaux ( don't call it love et kiss and run ) un peu plus enlevés, ce dont il se sort d'ailleurs très bien. Dans ce disque elvin jones reprend les baguettes et, curieusement car il s'agit de tempéraments vraiment opposés, c'est illinois jacquet qui assure les parties de sax , bien que le jean baptiste illinois en connaisse un rayon côté ballades.


Il semble bien qu' hormis une petite gloire au japon quelques temps, JH n'ait jamais connu de succès commercial marqué et que son nom restera associé à un seul disque, celui avec JC. C'est dû sans doute à un talent limité à un genre unique; la ballade romantique. Il est vrai qu'il est difficile d'écouter intégralement un de ces disques sans sentir poindre un léger spleen qui peut même se transformer en ennui, voire en assoupissement. Donc , au réveil, privilégiez plutôt le flyin' home d'illinois jacquet sous peine de vous rendormir.


Quand même, johnny hartmann mérite d'être connu et apprécié, même s'il restera un chanteur marginal dans l'art du chant afro américain.réécoutez immédiatement « my one and only love « s'il vous plaît !


Nb: il a enregistré, peu de temps avant sa mort, un disque « once in every life » dont on dit le plus grand bien. J'avoue ne pas le connaître.

3 commentaires:

Jazz Miscellaneous a dit…

AH, JOHNNY HARTMAN, LE VELOURS DES OREILLES !!! IL A EFFECTIVEMENT ENREGISTRÉ PEU AVANT DE QUITTER CE MONDE "ONCE IN EVERY LIFE" LP ONLY CHEZ BEEHIVE DONT LE PATRON SE REFUSE ABSOLUMENT A RECONNAITRE L'EXISTENCE DES CD ET REFUSE AUSSI SEC TOUTE PROPOSITION DE REEDITION QUELQUE SOIT LE MONTANT DU CHÈQUE !!! DONC, JH CHEZ BH AVEC FRANK WESS, JOE WILDER ET BILLY TAYLOR.. CHEZ BEEHIVE IL N'Y A QUE DU BON... ET DU VINYL ! DANIEL

Jazz Miscellaneous a dit…

JE REVIENS POUR ÊTRE COMPLET. ON PEUT TROUVER LE BEEHIVE DE 1980 SUR LA MUSIQUE DU FILM "MADISON COUNTY". LE COMMERCE ÉTANT CE QU'IL EST, LE LP EST RÉPARTI SUR DEUX CD. "THE BRIDGES OF MADISON COUNTY" ET "REMEMBERING MADISON COUNTY". EN ACHETANT LES DEUX CD, DES CISEAUX ET DE LA COLLE, ON PEUT RECONSTITUER LE LP COMPLET DE FEU MR HARTMAN. POURQUOI FAIRE SIMPLE ??? DANIEL

Milady a dit…

De l'époque où nous (la partie jazzistico/technologique de la famille, à savoir Papa et moi) repiquions consciencieusement les émissions jazz de France Musique, reste un bout de "Do Nothin' Til You Hear From Me" par Roland Kirk et Al Hibbler -- lequel n'a jamais non plus fait partie de mon panthéon personnel, mais auquel je trouve plus d'expressivité sur ce morceau, plus d'ironie 'tongue-in-cheek' aussi que sur les autres enregistrements de lui que je connais (par inadvertance).
Tiens, au rayon "purs chanteurs" j'aime bien Mel Tormé, aussi, et Bill Henderson (avec OP en 63, une merveille).