dimanche 18 mars 2007

RIAA is watching you !

Je vois que mon billet de détestation vous a fait réagir. On ne va évidemment pas faire ça tous les jours, il est plus agréable de parler de ce qu'on aime que de l'inverse. Mais, vous l'avez tous noté, de temps à autre ça fait du bien .
Quelques réactions à vos réactions.


Blues march. Bien sur je suis partial, c'était l'indicatif de l'orchestre de mon école, qui devait le jouer comme des cochons. Et puis c'était l'indicatif d'une émission qui a bercé ma jeunesse :« pour ceux qui aiment le jazz » europe n°1, de frank ténot et daniel fillipachi, vous ne pouvez pas vous rendre compte. Il y a eu plusieurs indicatifs ensuite ( dont je crois le « camp meeting » de don wilkerson ) . Quand même, le chorus de lee morgan dans la version live au club saint germain, il faut être de mauvaise foi pour ne pas aimer ça ( noter que je ne suis pas contre une certaine dose de mauvaise foi ) .


sujet plus complexe: le hammond B3. C'est vrai que c'est un instrument délicat, dont on a beaucoup abusé à une époque, à ne pas mettre dans toutes les mains et à utiliser avec délicatesse. Il y a des horreurs. J'ai déjà dit ce que je pensais de shirley scott ou de lou bennett. Freddie roach est aujourd'hui inécoutable. Ma femme fait une véritable allergie à milt buckner à l'orgue, pour elle c'est un crin crin ( m'en fiche, l'écoute au casque ! ). L'orgue hammond c'est comme les spaghetti, une minute de cuisson de trop et le merveilleux al dente se transforme en nouilles immangeables...

il reste que jimmy smith, ou john patton ( écoutez le avec grant green dans le disque blue note d' Harold vick, steppin'out!), ou lonnie smith; quand ça groove, ça groove! ( il faudra reparler de larry young ) .

puisque je suis à nouveau de bonne humeur ( ce qui est mon état habituel ) je vais vous raconter une petite histoire personnelle qui, vous l'allez voir, à un rapport avec la musique, bien que cela ne vous paraîtra pas évident au début.

Quand j'étais petit ( 6 ou 7 ans ), je devais faire un voyage en train, destination vacances, avec ma grand mère. Pour m'occuper pendant le voyage ( bien que, vous vous en doutez, j'étais très sage...) elle m'avait acheté, plusieurs jours avant le voyage, un album illustré. Cet album ne devait être lu qu'une fois le train parti. Donc pendant plusieurs jours j'ai « bavé » devant cet album illustré dont j'avais interdiction de l'ouvrir, ce qui évidemment augmentait exponentiellement la convoitise.

Je me rappelle encore aujourd'hui, pour les raisons ci dessus, de cet album, et surtout de sa couverture bien sur. Il s'agissait des aventures du capitaine Corcoran, officier de l'armée des indes, et de sa tigresse apprivoisée louison. Je ne rappelle pas bien de l'histoire par contre, mais nul doute que le capitaine corcoran a triomphé des pièges des horribles sikhs enturbannés.

Des années plus tard j'ai acheté un disque de la collection « just jazz « ( qui était à gene norman ce que le JATP était à norman granz) de lionel hampton ( où curieusement lionel ne joue que sur un titre). Et quelle ne fut pas ma surprise de retrouver dans l'orchestre, qui ? Corcoran. En fait il ne s'agissait pas du fringuant capitaine de l'armée des indes mais de corky corcoran, sax ténor blanc ( enfin je suppose ) habitué des bigs bands de l'époque ( le disque est de 1947 ).

la version de stardust de ce disque avec, outre corcoran et lionel, willie smith et slam stewart ( et le frère de lester young à la batterie ) est une des merveilles du jazz enregistré ( le seul bémol tient au trompettiste charlie shavers que j'aurais pu inscrire dans ma liste d'hier ) .






comme d'autres, j'ai perdu ce disque. Mais, tout récemment, grâce à un correspondant suisse que je salue et qui se reconnaîtra, je l'ai retrouvé. Quelle merveille. De plus il m'a fait parvenir un disque entièrement consacré à corky qui n'est pas mal ( même si malheureusement le pauvre corky est accompagné d'un pianiste d'un goût très discutable ). c'est vraiment un musicien qui mériterait une réédition sérieuse. Quant à willie smith, très sous estimé également , vous pouvez trouver une très bonne compilation chez Ocium, firme catalane, olé!







Dernière chose. Je vous avais parlé de tina brooks en vous signalant qu'il avait un frère, bubba. Toujours grâce au même correspondant, j'ai pu écouter l'unique disque enregistré sous son nom par bubba brooks , à 78 ans, peu de temps avant sa disparition. Quel bon musicien ! disciple des grands souffleurs hawkins, herschel evans ou chu berry, avec une pointe personnelle. Le jazz est vraiment inépuisable et nous mourrons tous ( quelle perspective pour un dimanche, c'est tout moi ça! ) avant d'en avoir épuisé tous les charmes.




Je vous avais dit que je ne savais pas ce que signifiait « bubba ». Je me suis renseigné. Il semblerait que, jeune, bubba était très timide et que ses collègues l'avait surnommé « bashfull bubber » ( ce qui entre nous fait plutôt babbu que bubba mais bon ). l'ennui c'est que si je comprends bien ce que signifie bashfull, je ne comprends pas ce que veut dire bubber. Help, à moi les anglophones plus balèzes que moi ( en plus je comprendrai pourquoi on surnommait james miley, bubber ) .
pour vraiment finir, ci après un « flyer » de la RIAA , le lobby américain des majors de la musique: mac carthy pas mort.





demain j'essaye de vous parler du blues, pas la forme harmonique de 12 mesures, non vraiment le blues ( enfin ça sera plutôt après demain )

2 commentaires:

Jazz Miscellanous a dit…

ALORS POUR LE B3, PAS LA PEINE D'ESSAYER DE BIAISER: C'EST NON !!! NIET !!!
POUR LE CAPITAINE CORCORAN QUI EST BIEN BLANC, J'AI FAIS SA CONNAISSANCE SUR UN EP (JE TE MAIL LA COVER) IL Y A TELLEMENT LONGTEMPS QUE MA COQUETTERIE... BREF, SUR CE EP 4 TITRES, 2 TITRES DE HAWKINS AVEC BYAS, 1 TITRE DE BABE RUSSIN ET 1 DE CORCORAN (DE 1945), LE TOUT AVEC LE MÊME GROS SON, J'AI LONTEMPS CRU QUE C'ÉTAIT UN CAPITAINE NOIR... COMME QUOI !
BON, POUR BUBBA, C'EST BEAUCOUP PLUS SIMPLE; BUBBA EST UN SURNOM AFFECTIF (BLACK) TRÈS COURANT POUR APPELER SON FRÈRE. EX POUR PLUS DE CLARTÉ: MON FRÈRE M'A TOUJOURS APPELÉ BUBBA. PAS MOI, JE SUIS FILS UNIQUE. SON FRÈRE C'ÉTAIT TINA. LE FRÈRE DE DAVID (BUBBA) BROOKS QUI APPELAIT AUSSI -SANS DOUTE- SON FRÈRE TINA, BUBBA. TU SUIS ?
JE NE SAIS PAS QUI T'A RACONTÉ CETTE HISTOIRE DE TIMIDITÉ ETC. NE LUI CONFIES PAS TES CLÉS... ALLEZ, TOUT DE BON ! (C'EST DU SUISSE)

Milady a dit…

Et dès que j'ai vu le nom de Corcoran je l'ai réentendu dans ma tête, ce Stardust... le 25cm des parents a bercé ma fin d'adolescence (retour au jazz après quelques égarements)... et me voilà à me casser la tête pour essayer de me rappeler ce qu'il y avait sur l'autre face ! D'après ta pochette, je dirais The Man I Love... Preuve que ce Stardust-ci est vraiment une petite merveille -- et puis Slam est dans le coup, ce qui n'est jamais une mauvaise chose...