lundi 26 mars 2007

va donc hé patato

A l'instar de la controverse de valladolid, une grave question agite depuis quelques jours le monde du jazz, suite à mon message consacré à grant Green. Le point de doctrine qui divise les spécialistes peut se résumer de la façon suivante : carlos valdes, percussionniste cubain, né à La Havane en 1926 et, semble t il, toujours de ce monde, était il surnommé « patato » ou plutôt « potato » ?.

j'avais, assez légèrement je le reconnais, indiqué potato, sur la fois de la lecture du disque dont je faisais état , le « latin bit » de grant green.

Immédiatement, christian m'a interpellé pour me faire observer que, nonobstant tout ça, le valdes se surnommait patato et non point potato.

Piqué au vif, je répliquais en exhibant sans tarder la pochette du disque.
La réaction de jazz miscellanous a été nette. Foin de crédit aux rédacteurs de pochettes, fussent ils de blue note, hors de patato point de salut.

j'ai donc voulu en avoir le coeur net, ma réputation sur les cinq continents étant menacée, compte tenu de la diffusion mondiale d'internet.

Après des recherches qui m'ont littéralement épuisé, je suis en mesure de vous donner la version exacte des faits.

Très jeune dans sa campagne cubaine, le petit carlos se distinguait par son aptitude aux rythmes raffinés de son île natale. Par contre son QI de pétoncle le rendait la risée de ses camarades ( il faut dire que le cubain, quand il est jeune, a une propension naturelle aux lazzis, quolibets et autres moqueries ). En raison de son allure pataude et de son esprit peu délié, il fut donc surnommé « patato » , ce qui fit le désespoir de ses parents, qui avaient bien des mérites par ailleurs.



Émigré aux états unis, il se construisit une belle carrière de musicien, mais sous le nom qu'il avait amené avec lui soit patato valdes. Ce qui explique que nombre de disques font état de patato.

Toutefois, la notoriété et un début de fortune, lié à son désir de faire un mariage convenable, l'amenèrent à considérer que , affublé de ce sobriquet, il ferait immanquablement mauvaise figure lorsqu'il serait présenté par l'élue de son coeur à sa future belle famille ( et les familles cubaines, croyez moi, ne rigolent pas avec ça ).


dans le même temps, il devait tenir compte du fait qu'il était professionnellement connu sous ce nom de patato et que en changer comportait des risques commerciaux graves qui pouvaient amener avec la même future belle famille des difficultés, certes d'un autre ordre mais fâcheuses également.


C'est là qu'intervient son idée de génie; changer sans changer ( la stratégie du guépard quoi ! ). Se souvenant qu'un fruit cubain existe sous le nom de « potato » ( potato en français se dit potate et est assez connu des gastronomes . On en fait notamment du coulis, le fameux coulis de potate )


il se fit donc appeler potato valdes et c'est pourquoi l'un et l'autre se dit ( ou se disent, ça dépend des grammairiens ) selon les époques.


Tout ça ne l'a pas empêché de faire une belle carrière et même de faire un peu de cinéma puisque c'est lui qui apprend le mambo à brigitte bardot dans le film de vadim « et dieu créa le femme « ( ce point est facilement vérifiable auprès de tous les bons filmographes ) .


cette histoire ( totalement fausse évidemment ) est à rapprocher de celle de sister rosetta tharpe ( et cette histoire là est par contre véridique ) qui s'était fait connaître sous le nom de rosetta thorpe, qui était le nom de son mari. Quand elle a divorcé elle n'a voulu ni perdre le bénéfice de sa notoriété en reprenant son nom de jeune fille, ni continuer à porter le nom d'un ex exécré, d'où le thorpe devenu tharpe.


Bon, valdes c'est réglé, ma réputation est rétablie ( au prix de quelques contorsions je vous le concède mais faut ce qu'il faut)


. j'ai reçu le bouquin « les trois voeux des musiciens de jazz « et je vous en distillerai quelques extraits marrants à partir de demain.

dernière précision que j'avais oubliée, concernant cette fois grant green. j'ai lu que sur la fin de sa vie GG était devenu un bon musulman ( good muslim dit le texte en anglais ) et qu'il aurait participé au financement de la mosquée de sa ville, (mais je ne sais pas de quelle ville il s'agit )

GG avait un fils, appelé grant green junior, qui joue également de la guitare. il aurait tourné en europe cet été. dès que j'en sais plus je vous informe. Enfin, le dit fils est marié et sa femme qui se trouve être la belle fille de GG a écrit un livre sur son beau- père ( qu'elle n'a en fait jamais connu ). Toujours d'après ce que j'ai lu ce livre ne serait pas d'un grand intérêt .


Bonne soirée.

2 commentaires:

Christian a dit…

Ce cher Patato, grand percussioniste devant l'éternel, est co-leader avec Tito Puente du Latin Percussion Jazz Ensemble, petite (par le nombre de musicien) formation salsa jazzy. Je conseille fortement "Authority", et surtout le "Live at Montreux 1980". On le retrouve également avec ses compères Changuito et Orestes sur un superbe "Ritmo y Candela". Et comme sideman dans une bonne cinquantaine de disques...

Lady Domi a dit…

Beau rattrapage... qui me rappelle (va savoir pourquoi, sans doute parce que j'ai un cerveau à méandres) ce sublimissime documentaire de quatre heures consacré à Slim Gaillard par la BBC... qui contient son lot de belles histoires, et dont je dirai simplement : «Si ce n'est pas vrai, ça devrait l'être» !
Il y a eu un papier (interview ?) sur GG Jr. dans Zazzote voici quelques années, me semble-t-il... L'as-tu vu passer ?