lundi 23 avril 2007

gary bartz président! gary bartz président...

j'ai bien du courage à revenir blogguer après cette folle nuit électorale. En fait je rigole puisque , d'une part, j'ai obtenu les résultats dès 19 h. 30 sur le site du journal suisse « le temps » et, d'autre part, je n'ai pas passé mon temps à regarder le début de la chasse à l'électeur de bayrou, commencée dès 20 h. ,sur toutes les chaînes de télé.

Mais, nonobstant, j 'ai quand même, ce qui ordinairement ne m'arrive jamais, regardé la télé. Dès les résultats publiés, j'ai honteusement subtilisé la zapette à ma femme, ordinaire maîtresse de l'instrument ( le pouvoir est au bout de la zapette !), pour filer sur la 3 (on dit encore comme ça ? ) où repassait le film « le président » avec jean gabin- quel esprit d'à-propos chez les dirigeants de cette chaîne!



Déjà vu bien sur. Pas un film d'anthologie mais il recèle une perle. Michel Audiard, le dialoguiste bien connu, recycleur avisé de la manière célinienne, fait dire à jean gabin, pour l'occasion président du conseil, à un parlementaire qui proclame « il y a des patrons de gauche tout de même « , la réplique suivante :


« oui, il y a aussi des poissons volants mais ce n'est pas la majorité du genre ! «

c'est le genre de répartie qu'on ne trouve jamais sur le moment dans la vraie vie. Ce n'est qu'après qu'on se dit : j'aurais du lui répondre ça ou ça... le merveilleux du cinéma français des années 50 ( encore que « le président » soit de 61 mais ça ne change rien ) c'est que les personnages, eux, trouvent la bonne réplique au bon moment.

J'aurais adoré être un type comme ça, clouant le bec, d'une réplique assurée autant qu'adéquate , à mes contradicteurs ( agents de police, guichetiers de la sécurité sociale, contrôleurs SNCF ), mettant les rieurs de mon côté et provoquant, chez l'interlocuteur, un tel sentiment de son existence pitoyable qu'il ne souhaite, face à mon triomphe, qu'une chose : rentrer prestement sous terre.

Malheureusement et malgré un entraînement intensif, mes tentatives sont ridicules et c'est moi qui aspire rapidement à la vie souterraine .

Je ne vais pas m'attarder outre mesure ce soir, je sais que vous avez d'autres choses à faire ( comme étudier soigneusement les programmes de façon à, d'ici 2 semaines, prendre la sage décision ) mais, quand même je voulais attirer votre attention sur un musicien pas vraiment complètement méconnu ( surtout de ceux qui le connaissent ) mais, de mon point de vue, insuffisamment apprécié, quoiqu'il enregistrât de nombreux disques , seul ou avec d'autres,( comme demandait jadis, à confesse, le curé aux jeunes gens s'accusant d'horreurs, pour les jeunes filles je ne sais pas ).

il s 'agit de l'excellent saxophoniste alto GARY BARTZ. Ça vous dit ?

Je ne vais pas vous raconter la vie du gary ( vie qui d'ailleurs n'a rien d'exceptionnelle, école de musique, père qui tient un club à Baltimore, joue dans les orchestres de Blakey, max roach, mc coy tyner et mile davis; comme vous et moi quoi ). chez miles on l'entend là dedans :





outre que sa carrière est un peu à l'image des musiciens de cette génération ( bop, puis fusion, puis funk, puis retour à un bop enrichi... ) gary est un exceptionnel instrumentiste qui renouvelle, de mon point de vue, le traitement de l'alto. Partant de charlie parker il développera un style à base de la palette grave de l'instrument ( non sans , toutes proportions gardées, évoquer cannonball ).

Tous ses disques ne sont pas des réussites ( un paquet chez prestige avec un groupe « Ntu Troop « qui paraît aujourd'hui parfois bien daté et difficilement écoutable, en tout cas par moi ) mais toujours avec un haut niveau d'exigence artistique, proche de celle qu'avait john coltrane, sans évidemment approcher de tels sommets.

En même temps, comme indiqué plus haut, il a été sideman avec les meilleurs, en particulier Mc coy tyner qu'il a assez longtemps accompagné et qui correspondait à son esthétique. Mais aussi des choses plus incongrues ( quoique...) comme ce disque de buddy guy ( où officie aussi junior mance )





ou encore le disque de roy hargrove enregistré à la havane :



comme je sais que, comme moi, vos moyens sont limités ( à moins que votre discothèque ne soit déjà gorgée de gary bartz ) je vous conseille celui là ( juju man avec des musiciens assez obscurs-pour moi- )



et aussi celui là.





Et là j'irais encore plus loin dans l'offre promotionnelle de cette fin avril puisque je vous colle juste après le lien vous permettant de télécharger ce très très bon disque. Je sais que je n'ai pas le droit mais je plaide non coupable puisque , évidemment, séduits que vous allez être par l'écoute de ce disque, vous vous ruerez, dès demain, en files ininterrompues chez les disquaires pour dévaliser les stocks de gary bartz. c'est donc là ( si ça ne marche pas, débrouillez vous )

c'est très bien et en plus c'est avec andy bey. Chanteur un peu spécial que j'ai rencontré l'an passé au new morning ( il ne chantait pas mais était spectateur ) et avec qui j'ai eu une conversation passionnante ( je rigole, je lui ai dit trois mots totalement insignifiants ).
A noter que le même soir, dans la même salle se trouvait, en spectateur aussi, jean pierre marielle, grand jazzfan s'il en est , mais que je n'ai pas osé lui causer ( les grands m'intimident...andy bey lui est petit ).

pour revenir à andy bey, il est un peu difficile à supporter comme leader mais parfait en sideman ( il a fait ça assez longtemps et très bien chez horace silver ) .A ce propos savez vous que horace ( pianiste bien sur comme son prénom l'indique ) écrit toujours des paroles sur ses compos même si aucun chanteur n'est prévu ?
Pendant que je suis dans les conseils et l'illégalité laissez moi vous recommander absolument ça:

je vous raconte pas bill barron ( frère de kenny ) mais si vous ne le connaissez pas c'est une lacune à combler de toute urgence ( je suis donc à votre dispo si vous le souhaitez ).
A noter que le batteur est frankie dunlop qui est un curieux personnage, qui a joué avec les plus grands ( rollins, mingus, et même duke ellington ) et surtout a été un des bons batteurs de monk ( moins que ben riley mais quand même ). Après ces exploits il a fait du music hall ( comme batteur hein pas comme dresseur de chiens ) puis a accompagné earl hines puis lionel hampton.
C'est avec ce dernier que j'ai vu notre frankie, méconnaissable, faisant le pître et des grimaces comiques pour souligner ses roulements de caisse claire . Incroyable vu son passé ( cela étant il jouait vachement bien mais on n'avait du mal à l'imaginer avec monk )

il y a aussi kenny « lil'brother »barron et ted curson.

demain , alors là c'est sur, je vous entretiendrai du tuba
et de la clarinette ainsi que des musiciens de memphis et de philadelphie .

Tomorrow is another day...

3 commentaires:

Christian a dit…

Un disque à télécharger ! Mais c'est un scandale !
Fais gaffe Gaston, notre cher (ex) ministre de l'intérieur sera bientôt notre cher président, et ne laissera plus passer de tels actes de piraterie...
Racaille va !

gaston a dit…

je sais pas ce qui m'a pris. je compte sur l'amnistie présidentielle, ça doit être ça.

yannis a dit…

D'ailleurs, depuis ce téléchargement, on ne te vois plus trop sur la blogosphere ...

En espérant que tout va bien, je te dis à bientôt !