samedi 7 avril 2007

la fontaine de la bruyère etc etc

bonjour les amis.

Vous pensiez vous être débarrassés de moi. Que nenni, gaston revient !

En fait le beau temps lié à mon état de paresse naturelle m'avait fait disparaître mais de façon temporaire. Le bon jean de la fontaine ( on ne lit plus assez les fables de la fontaine car on croît, vestige de la scolarité, les connaître, alors que ce sont de véritables bijoux ) avait souhaité que l'on grave sur sa tombe, en guise d'épitaphe « ci gît jean de la fontaine qui fit de son temps deux parts, l'une à dormir , l'autre à ne rien faire « . en définitive comme d'habitude on ( ? ) grava tout à fait autre chose; y a t il un SAV des dernières volontés ?

Donc , dans la dernière période j'ai un peu fait mon la fontaine. Enfin pas tout à fait ( lui non plus d'ailleurs ) puisque j'ai bien avancé sur le livre de richard cook retraçant l'épopée blue note.

c'est un livre assez dangereux à lire, non qu'il comporte des passages scabreux, mais parce que ,au fur et à mesure de sa lecture vous éprouvez l 'envie irrépressible de réécouter les disques dont il est question.

Et là, ou bien vous ne les possédez pas et vous faites la liste de tout ce que vous devez acheter et, croyez moi, vous finirez inexorablement ruinés. Ou bien vous en possédez pas mal et, forcément, leur écoute ralentit considérablement votre lecture puisqu'un mélomane normalement constitué, enfin c'est mon cas, ne peut en même temps lire et écouter de la musique.

Donc , considérant ce qui précède + le soleil, la nature en éveil et une humeur folâtre, je n'en suis qu'à la moitié.

Je vous en parlerai plus en détail quand j'aurai fini mais je ne résiste pas à vous livrer deux infos, une sérieuse et une autre.

La sérieuse est que richard cook s'est intéressé à un sujet qui me turlupine depuis un moment : à savoir qui achetait cette production, il faut bien le dire énorme, de disques de jazz « moderne »des années 50/60 aussi bien de blue note que des autres labels similaires, prestige, riverside ou autre ?

Il est évidemment bien difficile d'apporter à posteriori une réponse tranchée à cette question vu qu 'à l'époque les moyens de marketing que nous connaissons n'étaient pas encore matures et que, d'autre part, eussent ils existés que la modeste firme blue note n'aurait certainement pas eu les moyens de les mettre en oeuvre.

Toutefois, d'après cook, il a été observé, d'après les chiffres de vente selon les zones géographiques, que vraisemblablement une partie du marché était constituée de ce que cook appelle les « intellectuels bohèmes « ( vous avez compris qu'on dirait aujourd'hui « bobo » ),une autre partie d'étudiants, le jazz étant à l'époque un peu à la mode. Mais, et c'est très intéressant, majoritairement par le public noir. Selon cook, des villes où la communauté noire était faiblement représentée ( boston par exemple ) avaient des chiffres de ventes très faibles alors qu'à l'inverse etc... bon, attendons une étude sérieuse sur cette question réellement passionnante.

l'autre info a trait au rôle ( néfaste ) des chats sur les enregistrements . J'explique :


Un des premiers artistes majeurs de jazz « moderne », après monk toutefois, à être enregistré chez blue note a été bud powell.




Une séance était prévue mais bud était dans une de ses périodes disons... bizarre ( ce qui tendra progressivement malheureusement à devenir la règle ). Pour être certain que tout se passe bien alfred lion, un des deux propriétaires de blue note,l' avait retenu à dîner puis « à coucher » .
Jusqu'au petit déjeuner du matin tout se passa bien, jusqu'à ce que le chat d' alfred bondisse sur les genoux de bud, lequel, saisi de rage antiféline, poursuivit le chat avec un couteau de cuisine pour l'égorger. Bon le chat s'en tira et la séance a eu quand même lieu...

le chat récidiva puisque, à la fin des années 50, lion et wolff tenaient une réunion d'affaires avec l'étoile montante du jazz, john coltrane himself à l'époque sous contrat prestige, afin d'envisager la production d'un album. Malencontreusement, le chat qui élisait domicile dans les bureaux blue note, s'échappa par la fenêtre, ( s'agissait il du même ? ) et nos deux blue note brothers, n'écoutant que leur amour des bêtes, lui coururent après dans la rue, le sauvant de justesse des pneus d'un taxi.
L'ennui, c'est que quand ils regagnèrent la salle de réunion, JC , sans doute dubitatif sur le sérieux de producteurs qui courent après les chats, était parti !
Heureusement les choses finirent par s'arranger et l'album « blue train » merveille des merveilles vit le jour.







Lola, que vous connaissez maintenant et qui lit par dessus mon épaule, me souffle tout le mal qu'elle pense des chats et de leurs manigances !








Bien, maintenant une devinette. Qui a dit « Je crois honnêtement qu'une personne n'a pas commencé à vivre tant qu'elle n'a pas joué du saxophone basse. » ? vous séchez ?

c'est james carter. C'est sûrement excessif. Mais james carter ( à ne pas confondre avec jimmy carter, qui lui fut président des états unis et qui, à ma connaissance, n'a jamais joué du saxophone basse ni de rien d'autre d'ailleurs )



est excessif et, franchement reconnaissez le, c'est ce qui fait son charme.
Lorsque james carter est apparu sur la scène jazz, ça nous a tous interloqués. Pour moi c'était son premier ( ou deuxième ? ) disque . jurassic classics, avec craig taborn au piano. Il avait 25 ans ( pas le piano, carter ). Plein la poire ( si je peux me permettre ? ) toute l'histoire du sax , du jazz et une aisance incroyable, un zapping musical permanent.



Ma deuxième impression avec « conversin' with the elders » où il joue avec des grands du sax , a été moins bonne ( sauf l'occasion d'entendre buddy tate à la clarinette, ce qui n'est pas rien ).
ce type est arrogant me dis je à l'époque, il croit tout savoir ( en fait il sait tout ), veut nous en remontrer, il est agaçant. En fait il est agaçant. Son côté tchatcheur façon chuck D. énerve. Mais quel musicien. Voilà, c'est ça, James Carter est un grand musicien agaçant.

Mais trouvez moi un musicien américain de ce calibre qui consacre un disque entier à django ?

Et qui plus est, utilise dans ce disque le fameux saxophone basse , lequel, à priori, est l'instrument le moins approprié pour évoquer l'art de django ( il est vrai qu'un thème de django, joué dans ce disque, s'intitule « artillerie lourde » alors...)

je me rappelle que michel contat, qui officiait alors au monde disais que J.Carter faisait du "pantagruélisme saxique" !


bon, vous l'avez compris, carter m'agace, m'horripile, mais quel homme...
et vous quel effet vous fait carter ?

Bon , en ce week end pascal, je ne vais pas y passer la nuit. La prochaine fois je vous parle de ... bon je verrai !

Ah oui, un petit coup des 3 voeux pour terminer ( après j'arrête ce coup des 3 voeux )

Clifford jarvis

1. une batterie neuve
2. 14 000 dollars pour m'acheter une maison.
3. une voiture




jarvis devait jouer chez sun ra à l'époque et ça ne payait manifestement pas des masses. Cela étant 14 000 dollars pour une maison, c'était le bon temps question prix de l'immobilier !
ah dernière chose. J'ai découvert ça :



un curieux disque de 76 avec steve grossman, débarrassé ici de l'influence rollins et coltranien avec gene perla qui fit les beaux jours du quintet d'elvin jones. Un beau disque mais que je vais réécouter avant que de vous en dire définitivement du bien

1 commentaires:

Milady a dit…

Un peu décroché depuis, mais Jurassic Classics m'avait effectivement scotchée. Je crois que le terme de "grand musicien agaçant" convient parfaitement au bonhomme, si j'en crois la suite de ton papier !
Je te signale au passage que j'ai eu sous les yeux un article découpé dans un grand quotidien régional que je ne nommerai pas, mais dont le siège est dans une ville qui fut chère à Claude Nougaro, lequel article traitait de James Carter et était illustré de la photo de... oui, tu as deviné...