mercredi 11 avril 2007

où l'on parlera d'alfred assolant, de dave burns et de la du barry

Attentifs comme vous l'êtes vous vous souvenez évidemment de mon message du 18 mars ( comme on dit l'appel du 18 juin ) intitulé « RIAA is watching you » où il était notamment question de l'excellent saxophone ténor Corky Corcoran, qui officia longtemps chez harry james et participa, aux côtés de willie smith et slam stewart, à un mémorable « stardust » gravé par lionel hampton.

À cette occasion je me remémorais un souvenir d'enfance relatif à une bande dessinée dont le héros était le capitaine corcoran. Sous le coup de l'émotion nostalgique ne vous dépeins je pas le dit corcoran comme un valeureux officier de l'armée britannique des indes ? Je crains que si. En fait, recherches approfondies faites, j'avais, une fois de plus, tort. Je n'ai pas retrouvé la bande dessinée en question mais le livre dont elle était tirée.

Édité dans la « bibliothèque rose « de louis hachette en 1867, les aventures du capitaine corcoran mettent en scène bien au contraire un valeureux français ( un vrai français peut il raisonnablement être autre chose que valeureux ? ) exilé aux indes où il devient maharadjah grâce à sa bravoure aux côtés des « natives » contre l'affreux occupant anglais.

L'auteur ( creusois ) alfred assolant, mort en 1896, n'a jamais eu beaucoup de succès avec ses quelques romans, sauf celui ci auprès d'un public des préados de l'époque. Inutile de dire qu'il est bien oublié aujourd'hui, malgré( grâce à la première lettre de son nom ) un positionnement dans le début des dictionnaires ( seul edmond about, auteur lui de l'immortel « homme à l'oreille cassée » , est encore mieux placé ).

en fait, corcoran est le prototype du héros français, aux côtés des opprimés contre la perfide albion ( l'humiliation de Fachoda n'interviendra pourtant qu'en 1898 ). un condensé de tintin et de besancenot . Bien évidemment corky n'a aucun lien de parenté avec le capitaine.


Plus jazzistiquement, donc fini le bouquin de richard cook sur la saga blue note. C'est un livre très factuel, donc intéressant qui remet bien en perspective les différentes époques du label. Cela étant ce n'est pas réellement passionnant. Comme je l'ai lu en anglais je ne permettrai pas de porter un jugement sur le style de l'auteur mais ce livre est, disons, un peu « sec ».


je n'ai pas l'impression que cook ait vraiment rencontré ou connu la plupart des protagonistes dont il parle. D'où un côté un peu académique du bouquin. Ses jugements musicaux sont généralement corrects ( comprenez que je suis de son avis ). Bon , un livre indispensable pour les blue note maniacs ( dont je suis ) , bien documenté mais un peu ennuyeux. Qu'aurait fait assolant d'un tel sujet ?


Toujours sur blue note, une visite hier à la FNAC me fait penser qu'une petite vague de rééditions vient d'arriver ( à 9 euros je précise ). D'après ce que j'ai vu beaucoup de disques que j'ai déjà, mais il faut penser aux autres ( parmi ceux là, si vous ne l'avez pas , ne vous privez pas du « the spoiler » de stanley turrentine ). Mais comme toujours des trucs absents de la discothèque. Par exemple ça :






dont je me suis porté acquéreur et que je n'avais jamais vu édité en France ( ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas le cas ).

excellente séance de 1960 avec une rythmique superlative et une entente art taylor/ po(a)tato valdes remarquable.

Pour les souffleurs, stanley turrentine n'est pas complètement à sa place, plus adapté avec jimmy smith ou en leader. Par contre c'est l'occasion de (re)découvrir Dave Burns, très bon trompettiste dans la lignée dizzy, incomparable à la sourdine et qui a relativement peu enregistré.

Puisqu' on en est aux disques de la semaine, rappelez vous que je vous avais parlé de ça :





un curieux disque des seventies que je viens de retrouver, par un trio « stone alliance » dont steve grossman, assez peu reconnaissable ici, mais très bien, et le bassiste gene perla . Ce groupe a enregistré quelques disques, vraisemblablement assez difficiles à trouver aujourd'hui.

Perla et grossman s'étaient connus dans les sextet d' elvin jones et c'est l'occasion de ressortir un très bon disque de cette période le « live at lighthouse « de 1972, un des derniers bons blue note enregistrés.

j'avais formé le projet de relancer un peu la polémique sur le rap et le hip hop mais je garde ça pour plus tard.

Comme j'en ai assez de vous recopier des extraits des « 3 voeux » je vous donne un peu du dictionnaire des idées reçues, rédigé par Flaubert, dont on parlait à propos du hip hop, comme quoi tout est lié !


GÉNÉRAL : Est toujours brave. Fait généralement ce qui ne concerne pas son état, comme être ambassadeur, conseiller municipal ou chef de gouvernement


GRAS : Les personnes grasses n’ont pas besoin d’apprendre à nager. Font le désespoir des bourreaux parce qu’elles offrent des difficultés d’exécution. Ex. : la Du Barry.


HACHISCH : Ne pas confondre avec le hachis, qui ne provoque aucune extase voluptueuse.


HOSTILITÉS : Les hostilités sont comme les huîtres, on les ouvre. « Les hostilités sont ouvertes » . Il semble qu’il n’y a plus qu’à se mettre à table.

Pas mal non ?

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