dimanche 15 avril 2007

soul food

comme je suis de bonne humeur, un petit message blog qui sortira de (mes) sentiers battus. En préalable un petit message : chers (3) lecteurs, merci de compatir à la solitude du bloggueur de fond, envoyez moi un message pour me signaler votre présence ( bien sur christian , fidèle entre les fidèles est exclu de cet appel, lady domi aussi, quoique sa présence m'encouragerait... )
assez de blue note (pouah!) riverside et autres prestige, l'écoute aujourd'hui de ça :





m'entraîne à vous parler d'un autre label : STAX. Mais si vous savez celui dont le logo était :



ce disque n'est pas le meilleur de la production stax ( pour moi, définitivement ce sont ceux d' albert king! )mais peut être un des plus emblématiques. Enregistré en 67, avec les plus grands de stax, otis redding bien sur mais aussi carla thomas, fille de rufus thomas, grand chanteur et amuseur devant l'éternel, et l'orchestre habituel de stax.

Cet orchestre ( soumis à variation bien sur ) était basiquement : ( sous le nom de booker T & the MG ou des Mar – keys ), booker T aux claviers, donald »duck » dunn- fb- steve ( the colonel ) cropper – g – al jackson -dms- et les cuivres des « memphis horns » ( wayne jackson -tp- andrew love -ts- ) .
Ces noms vous disent quelque chose forcément grâce au(x) film(s) « the blues brothers ».

de 59, date de sa création à sa mort en 76, la firme stax a produit un grand nombre de chefs d'oeuvre de la musique afro américaine.

Cette entreprise avait des points communs avec d'autres labels prestigieux dans ce domaine et à cette époque ( chess à chicago, atlantic à NYC, speciality à los angeles ):

tout d'abord des patrons blanc intéressés par le business mais suffisamment ouverts pour laisser à des « AR men » la partie musicale ( isaac hayes chez stax, willie dixon chez chess etc ). Dans le fond c'est assez proche de blue note avec ike quebec puis duke pearson non ?

Par ailleurs un ancrage régional. C'est très net pour chess à chicago et encore plus pour stax à memphis.

j'oubliais c'est Jim stewart et estelle axton ( frère et soeur ) qui ont fondé stax.
On dit que jerry wexler le « AR man » d'atlantic ( l'homme qui a lancé ray charles avec les frères Ertegun ) était tellement étonné du son des studios stax qu'il était venu les visiter pour s'apercevoir que ce « sound » si particulier était tout simplement du à un équipement de fortune et à la spontanéité des enregistrements.

Bref stax, dans les années 60, c'est un style unique, sudiste, avec une forte connotation de la musique religieuse noire. Isaac hayes explique que, fréquemment, ses compos étaient simplement démarquées de chants religieux auxquels, bien sur, étaient ajoutées des paroles qui n'avaient rien de religieux ( au contraire !).

les grands noms de stax furent, outre l'immense albert king, otis redding, the staple singers, sam and dave ( wouah !!!) , isaac hayes,eddie « knock on wood » floyd, rufus et carla thomas, booker T. etc...

tous ces musiciens ont été à l'époque très proche du mouvement des droits civiques et de jesse jackson en particulier.
Stax fit faillite dans les années 70, après bien des péripéties, mais son message a été remis au goût du jour grâce au film de 1980 « the blues brothers « .
En effet l'orchestre est basé sur les survivants de stax et notamment cropper et « duck dunn » qui ont refait à cette occasion une nouvelle carrière . J'ai vu, comme vous tous, l'orchestre des « blues brothers » en tournée avec, outre les déjà cités, matt murphy à la guitare et lou marini au sax. Bon...

n'empêche que, même la suite des « blues... » en 2000 avec aretha et james brown est bien agréable à regarder. Dans le deuxième, le show final avec un orchestre inimaginable ( BB King, bo didley, koko taylor etc accompagnés par une section de cuivres où l'on remarque joshua redman et jon faddis + jack dejohnette aux drums, et plein d'autres dont je ne me souviens plus ) est à la mesure de la démesure américaine quand elle s'y met !

Terminons avec un clin d'oeil ( d'yeux ? ) à ceux qui ont eu 16 ans en même temps que moi ( mais si il en reste! ). L'orchestre dont je parlais au début : « the mar-keys » était l'auteur du premier l'indicatif d'une émission que vous, jeunots, ,n'avez pas connue : SLC salut les copains de frank ténot et daniel filipacchi au début des années 60. le titre ? « last night « ... et c'est ainsi que je découvris ( tel christophe colomb ) l'amérique...

enfin, il y a eu fin des années 60 une tournée stax en europe avec pratiquement tous les musiciens cités. Heureux ceux qui ont vu ça, notamment les possédés qu'étaient sam & dave ,à paris à l'olympia.



Plus rien de tout ça n'existe. A memphis, l'emplacement même du studio stax a été rasé. Et , à detroit, un nommé berry gordy fondait, à la même époque que stax, tamla motown dont l'orientation sera radicalement différente. Certes à base de musique « noire » mais destinée avant tout à fédérer autour d'elle, en l'affadissant, un large public blanc.

Sic transit gloria mundi !

5 commentaires:

yannis a dit…

salut gaston. Juste pour te dire que je te lis plusieurs fois par semaine, même si je n'écris pas forcément un commentaire à chaque fois. Mais c'est toujours un véritable plaisir !
Et cet article soul food sent bon la musique afro-américaine. ça me rappelle aussi le fried chicken et le riz que j'avais mangé dans un boui-boui à harlem.

Au plaisir de te lire !

Milady a dit…

Présente !
C'est malin, Yannis m'a donné faim, avec ses histoires.
Je crois que le bureau des comms sérieux et constructifs est fermé jusqu'à demain...
Mais moi aussi, je passe tous les jours ou presque, même si je ne laisse pas forcément de trace de ma visite...

Christian a dit…

Yeah ! De la Soul !
J'attendais avec impatience Sam Cooke, mais Stax c'est parfait.
En fait j'ai vraiment découvert la Soul il y a peu, il y 4 ou 5 ans. Et depuis j'en suis fou.
J'ai récupéré le coffret "The STAX/VOLT Soul Singles (1968-1971)", et c'est un vrai bonheur. En plus des noms que tu cites (Sam & Dave sont d'ailleurs absents de ce coffret), j'adore aussi les Staples (toute la famille, surtout Marvis), Johnny Taylor, Eddie Floyd, William Bell, Margie Joseph... et ces formations aux noms improbables : The Emotions, The Newcomers, The T.S.U. Tornadoes... Quel bonheur !
Alors c'est vrai que Motown, c'est plus soul pour les blancs (Michael Jackson, hein...), mais quand même : Marvin Gaye, Stevie Wonder, Smokey Robinson, Isley Brothers...
Bon j'arrête là, sinon je suis intarissable !

gaston a dit…

sam cooke viendra. c'est sur ( enfin avec moi rien n'est jamais complètement sur... )marvis staple avait "tourné" il y a quelques années en duo avec lucky peterson à l'orgue. assez étonnant.

dj duclock a dit…

Oui, moi aussi je lis, t'es pas tout seul Gaston !