Aujourd'hui j'aimerai bien vous entretenir quelques minutes de blue mitchell.
Né en floride et mort à los angeles, dit comme ça sa vie a l'air d'un truc genre miami vice ou alerte à malibu. Quand on y regarde de plus près ce n'est pas tout à fait ça.
En fait le blue (richard de son vrai prénom ) a eu une carrière assez typique des hard boppiens de sa génération. A 21 ans il était avec shafi hadi et sam jones ( qu'il recroisera fréquemment ) dans un orchestre de R& B puis trompettera chez Red Prysock, excellent ténor dont je vous recommande, si vous la trouvez, la compil ci dessous.
Moins célèbre que son chanteur de frère arthur, red avait une bonne renommée au milieu des années 50 . Doué, blue montera en grade en passant chez le plus célèbre des R&B men de l'époque, earl bostic ( dont une récente réédition nous rappelle opportunément le grand artiste qu 'il a été ).
Ensuite, schéma classique, cannonball adderley et lou donaldson ( qu'il retrouvera également fréquemment ).
de 58 à 65 c'est son heure de gloire: il sert dans la phalange de horace silver avec junior cook, son « twin brother » et participe à tous les chefs d'oeuvre d'horace de cette époque : finger poppin', blowin the blues away, doin' the thing, une partie de song of my father etc etc.



pendant toute cette période il est sideman ou leader pour de nombreux enregistrements. On peut sans être exhaustif ( d'autant plus que je ne les connais pas tous ) en évoquer quelques uns.
écoutons ensemble ( pas facile hein ? ) Top Shelf, de l'album « blue soul » ( fantasy record 1959 ).

Après un remarquable chorus de jimmy heath , sur un tempo médium tenu, avec le déhanchement que lui seul savait pratiquer , par Philly joe jones, blue mitchell développe une intervention claire, avec des idées logiques, une sonorité égale, ponctuée en fin de phrase de légères petites audaces quasi gillespiennnes , avant de passer la parole naturellement à winton kelly, comme une maîtresse de maison de neuilly vous passe le pain.
On est ici au coeur du classicisme hard bop, sans les violences artblakeyiennes ni la frénésie d'un griffin, mais avec une sérénité rare que le morceau suivant- park avenue petite- accentue et où notre blue adopte une démarche brumeuse proche du miles de l'époque . Tout le disque-Blue Soul je le rappelle- est de la même ( haute) tenue.
On peut avantageusement comparer la version enregistrée ici de « the way you look tonight » avec celle de johnny griffin ( et comparses ) de l'album blue note « blowin' session ».
Malgré la présence puissante de philly joe, le traitement est beaucoup plus « cool » même si on est dans la même famille stylistique. Comparativement à griff la démarche est assurée mais apaisée, là où notre griffin semble, à son excellente habitude, prêt à dévorer tout cru les autres musiciens, l'ingénieur du son et l'auditeur lui même si vous laissez votre oreille traîner trop négligemment ( si il y a eu des plaintes ! ). Blue mitchell, quoique hard bopper émérite, est beaucoup trop civilisé pour se permettre une telle attitude de sauvage.
Ceci posé , il n'empêche que nos deux lascars ont enregistré ensemble au moins un disque sous le nom de blue ( big six )
quelques mois avant avec un personnel quasi identique ( griffin se substituant évidemment à jimmy heath ) et un disque sous le nom de griffin en 59 également ( the little giant )
toujours avec sam jones et winton kelly ; albert heath remplaçant philly joe.
L'écoute à la suite de blue soul et du griffin montre que notre blue n'était pas de taille à résister au « little giant » bien longtemps. Même quand il est le leader nominal ( big six ) griffin tire tellement la couverture que mitchell finit sur le sommier.

Pour terminer sur big six, la première séance de blue en leader, elle comporte une curiosité de par la présence du premier enregistrement de « blues march » réalisé ici avant celui des jazz messengers.
Ces enregistrements pointent le drame bluemitchellien.garçon sensible laché dans une cour de récré de petits sauvageons.
Ça colle beaucoup mieux pour lui quand il se retrouve en compagnie de camarades civilisés; comme c'est le cas dans l'album « out of the blue «

où, malgré le tellurisme de blakey ( tenu ici en lisière ), la présence chaleureuse et apaisante de benny golson- version 1958, la meilleure- lui permet de développer sereinement sa manière posée et aimable.
Mais, en dépit de cet environnement propice , il réussit le tour de force de se faire voler la vedette par golson qui joue ici mieux que jamais, débarrassé sans doute de la compagnie encombrante de lee morgan qu'il côtoyait à cette époque chaque jour chez blakey. Mitchell était le genre de trompettiste qu'il fallait à golson ( qu'il retrouvera plus tard avec art farmer au sein du « Jazztet » ), mais notre blue , toujours leader, joue encore un peu les faire valoir.( Et franchement pourquoi jouent ils « when the saints.. » dans ce disque ? Très curieux!)
après son départ de chez silver, il constituera un quintet avec junior cook auquel s'agrègeront le tout jeune chick coréa et l'excellent al foster. Pourtant la poignée de disques réalisés chez blue note par cet ensemble ne sont pas très convaincants. Par exemple celui ci, sympa mais bon..
une réussite toutefois, l'album « boss horn » grâce sans doute aux arrangements de duke pearson.
La suite ne présente pas le même intérêt. L'époque est finie pour le genre de musique pratiquée par blue qui trouve refuge dans le big band de ray charles puis accompagne john mayal, sans doute pas des choix artistiques. Lou donaldson lui donne quelques occasions de jouer un peu « straight ahead » comme dans l'album « everything I play is funky « .
Il meurt à 49 ans .
Dans le fond blue mitchell, esthétiquement, est assez près de kenny dorham sans peut être en avoir l'envergure. Fondamentalement sideman, quand il est leader c'est avec un autre ( junior cook en l'occurrence ) ou , comme on l'a vu, c'est un faux leader; le disque ayant pu parfaitement être édité sous le nom d'un des autres musiciens participants.
Sa grande qualité c'est l'élégance et un goût très sur; jamais aucune facilité ni vulgarité n'entache son jeu même dans les contextes qui auraient pu s'y prêter.
Blue mitchell est un de ces nombreux « unsung heros » dont l'histoire du jazz est peuplée et sans lesquels cet art n'aurait pas existé.
Pour parler tout à fait d'autre chose:
dîtes donc j'y pense, vous avez un crédit immobilier pour votre résidence principale vous ? Moi non mais si c'est votre cas je ne voudrais pas être à votre place. Piiiou, vous avez du en passer des nuits blanches et des angoisses à terrasser un diplodocus. Pensez, un jour tout est déductible. Le lendemain c'est que 20 %. Notre Hollande ça l'énerve faut voir. Pas de ça lisette tempête t il ( et quand hollande tempête, attention. dîtes donc, à propos, vous avez vu ses histoires avec sa dame ? paraîtrait que il y aurait des salades conjugales , même qu'ils ont assigné des journalistes, incroyable ). il nous faut des prêts à taux zéro qu'il dit, et pas de déduction! Circulez, le sarkozi vous embrouille.
se rendent pas compte les chinois. Sont là à travailler 25 heures par jours avec des heures sup même pas déplafonnées, même pas défiscalisées à 25 % à hauteur de la moitié de l'assiette prise en compte pour le calcul du taux moyen horaire relatif. Non le chinois s'en lave les pognes du crédit déductible. Un peuple qui n'a pas inventé le » bouclier fiscal », le crédit d'impôt , la taxe flottante sur les hydrocarbures; un peuple comme ça je vous le dis, monsieur, n'a pas d'avenir. Pourquoi je vous appelle monsieur ? Ah tient avec tout ça je n'ai plus ma tête.
Faut que j'arrête de lire la presse, ça m'étourdit!
1 commentaires:
Mazette quel retour !
Je repasse dès que j'ai un peu plus de temps devant moi.
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