mercredi 30 mai 2007

chose promise...


comme indiqué dans le paragraphe précédent, je suis enfin sorti de ce titanesque chantier qui consistait à numériser l'ensemble de ma discothèque, musique et pochettes comprises.
Il est assez connu que les paresseux deviennent sporadiquement les plus grands travailleurs lorsqu'un défi leur est lancé. C'est mon cas et bien des fois pendant cette aventure surhumaine je me suis maudit d'avoir fait l'acquisition de ce satané DD externe, source de ce labeur insipide.

Maintenant passons à autre chose. Ou plutôt restons un peu sur ce travail qui m'a permis, au fil de la répétition mécanique des mêmes gestes tayloriens ( pas cecil taylor, mais l'inventeur du travail à la chaîne..) de passer en revue tous mes enregistrements, enfin pas les miens , ceux que je possède, et d'en redécouvrir certains un peu oubliés ( oubliés de moi s'entend) . Par exemple :

un merveilleux disque de eddy louis et michel pétrucciani, conférence de presse.
À ce sujet une chose m'a intrigué. Pendant l'extraction du disque mon lecteur-windows media player- indiquait un titre intitulé : « jean philippe harbien ». Curieux titre me dis je à moi même ( ce travail était tellement harassant que se parler à soi même était la seule façon de ne pas devenir fou, méthode utilisée par les otages gardés en isolement total ). puis je me souvins m'être déjà posé la question, lors de l'achat du disque, sur ce mystérieux personnage dont pétrucciani avait fait un thème. La chose me revint alors en mémoire après avoir relu la pochette. Le lecteur se trompait car il ne s'agissait point de Harbien mais de Herbien. Ce qui change tout car « jean philippe herbien « phonétiquement rappelle que michel était assez porté sur la chose et, comme tous les latins, un peu vantard. Cela étant c'est un disque merveilleux de deux grands artistes.

Toujours à ce propos ( pas d'enfilage hyper bien, allons! ) un disque retrouvé de eddy louiss en trio avec kenny clark et rené thomas, une bien belle chose également.

Toujours dans les redécouvertes, quelque chose que j'avais complètement oubliée: un enregistrement des années 80 du jay Mc shann kansas city band, fait à Paris je pense, avec un personnel incroyable et le parfum inimitable de la musique de kansas city.

Vous connaissez tete montoliu ? Pianiste aveugle et catalan, ce qui fait beaucoup pour un seul homme. Le disque ci dessous est charmant.

Frank morgan. Musicien bien oublié à la carrière chaotique ( de 1953 à 1985 il a passé l'essentiel de son temps en prison ) qui faisait là un « come back « assez réussi :

Je ne suis pas un inconditionnel de mark murphy ( il y en a, mais il y a de tout ) mais j'ai, dans mes pérégrinations numérisqueuses, retrouvé et réécouté ça, qui est vachement bien quand même :

Ah! et joe newman, délicieux trompettiste qui a passé le plus clair de sa vie dans les studios et chez count basie ( il y a pire me direz vous ).
Cette réédition jazz tribune lui rend particulièrement justice . Entouré excellemment, notamment d' al cohn, il a gravé ici des faces inoubliables. Joe newman président !

j'ai réécouté aussi ce très bon disque du très très sous estimé bill perkins

un petit français pour célébrer l'exception culturelle du même métal. Xavier richardeau, que j'adore. Que devient il ?

Enfin le bonheur avec rex stewart et notamment « tea ans trumpets » de 1937 dont l'ami réda nous rebat régulièrement les oreilles avec les soi disant deux versions ( je dis soi disant car je n'en connais qu'une et je soupçonne Réda d'être assez malicieux pour avoir inventé cette histoire )

bon j'en garde un peu pour la prochaine fois car ça devient fastidieux.
Pendant mes travaux forcés, forcés par moi mais forcés quand même- je me suis un peu évadé en lisant le livre de guy cosson consacré à Roland Kirk.

Excellent bouquin qui est une somme sur le personnage et qui représente un travail de documentation époustouflant au regard duquel mes jérémiades sur ma corvée sont indécentes. En le lisant vous saurez tout sur rahsaan, heure par heure. Donc pas de réserves, achetez le.

Enfin si, vous me connaissez, critique comme pas deux, le style sent un peu son universitaire ( peut être que cosson, que je ne connais pas, est tout sauf universitaire, charcutier ou receveur des postes allez savoir ). C'est pas vivant, vivant . Certes cosson n'a pas pu connaître rahsaan mais l'historien henri guillemin n'avait pas connu napoléon ( qu'il détestait d'ailleurs ) et ça ne l'empêchait pas, à la défunte ORTF, d'en parler comme s'il l'avait quitté la veille. Enfin, c'est une réserve mineure, il faut le lire.

Dernière réserve mais cosson n'y est pour rien. Pendant la lecture on est vachement tenté d'écouter les disques dont le cosson cause, c'est naturel. J'en ai 17, c'est pas toute l'oeuvre de Kirk mais bon ça balaye bien. Résultat: dès que vous entamez un disque le cosson parle d'un autre ce qui oblige à une gymnastique incessante . Évidemment au bout d'un moment j'ai laissé tombé ce manège et j'ai écouté des disques de kirk pendant que je lisais l'analyse d'un autre. Curieux.

Ah si j'avais oublié! J'ai retrouvé ça aussi : un supplément sonore de jazz magazine de 1994. présenté par daniel filipacchi ( quel plaisir de retrouver la voix qui a bercé mon adolescence...) une série d'enregistrement des années 20 d'orchestres aux noms savoureux (the six jolly jesters ou memphis jugs band par exemple ) et totalement oubliés aujourd'hui. Le parfum du mystère temporel...

A bientôt.

1 commentaires:

yannis a dit…

Ah le retour de gaston !

Je partage ton engouement pour le cd conference de presse eddy louis & petrucciani. D'ailleurs le volume 2 est du même acabit !

A bientôt