vendredi 22 juin 2007

suicide mode d'emploi

hello joyeux assujettis à la CSG et CRDS ( pour les bénéficiaires de la CMU et RMI, hello aussi, pas de darwinisme social chez gaston, jamais ).

suite aux déconvenues navrantes du parti socialiste je me suis trouvé plongé dans un état semi comateux qui m'a inspiré quelques réflexions musicalo-existentielles ( comme quoi le PS mène à tout )

Je me suis laissé dire, ne l'ayant jamais expérimenté moi même, que certains états dépressifs peuvent mener à la tentation du suicide sans que les sujets concernés puissent aller jusqu'au bout de leurs pulsions mortifères ( vous remarquerez d'emblée la gaieté de ce message ), ce qui est regrettable , ou pas selon l'opinion qu'on en a.

soucieux de la santé morale de mes contemporains je veux apporter ma pierre à l'édifice de l'accomplissement personnel en donnant quelques ( judicieux ) conseils pour bien réussir son suicide. Basé uniquement sur la musique, comme certains médicaments sur les plantes ou l'homéopathie sur la crédulité, ma méthode est je pense infaillible. Donc:

fermer tous les volets et ne laisser subsister qu 'une lumière, la plus blafarde possible.

. sur votre chaîne Hi fi , écoutez intégralement les disques suivants ( intégralement est important, surtout ne zappez pas! )

commencez doucement avec june christy. Le mieux est celui là :



grimpez d'un poil avec un des derniers kurt elling. Celui là fera bien l'affaire :


vous sentez que votre état devient de plus en plus désespéré, mais ce n'est pas suffisant. Enchaînez avec cet helen merril

– important, toujours intégralement-


si vous êtes normalement constitués, ce dont je n'ai pas de raisons de douter un seul instant, vous vous précipiterez illico sur le revolver, le gaz, le rasoir, enfin ce qui vous semble le plus sympa pour en finir définitivement.


Si ce n'est pas le cas, avalez n'importe quel enregistrement de shirley horn.

Normalement, si ça ne marche pas c'est que, en fait, vous n'êtes pas faits pour le suicide.


Bien. si c'est le cas il vous faut maintenant une antidote. Après toutes ces drogues délétères, un bon coup de saucisson et de vin rouge façon jaja 12,5 degrés.


Vous n'avez que l'embarras du choix pour revenir à la vie:


slim & slam ?


Pas mal
count basie est assez recommandé.


Moi, si j'étais à votre place je n'hésiterais pas. Les grands moyens : black talk de charles earland.

Normalement administré avec du houston person au ténor et melvin sparks à la gratte , ça vous réveille un socialiste d'après élections. C'est vous dire.
Bon, vous vous sentez mieux ? Plus de bêtises hein ?

Allez, puisque ça va mieux je m'en vais vous causer vite fait d'un artiste très curieux, john gilmore.

Bien que né par hasard dans le mississipi gilmore était un pur chicagoan, passé comme von freeman ou johnny griffin, par l'enseignement du Captain Walter Dyett à la Du Sable Hight School; ce qui, normalement et c'est le cas, laisse des traces.
Disparu en 95, gilmore est un cas à part. Un peu comme harry carney chez ellington, gilmore rejoindra sun ra en 1953 et y restera toute sa vie, jusqu'à la fin. La notoriété et les enregistrements de sun ra ne sont évidemment pas au niveau de ceux du duke, ce qui fait que gilmore sera tenu dans l'ombre, saturnienne, de sun ra pendant toute cette période.

pourtant c'était un musicien de première. A preuve les quelques disques qu'il nous laisse en dehors de l'univers déjanté de sonny blount ( dit sun ra ). Je ne les connais pas tous , mais au moins ceux là

une folie hard boppeuse furioso, avec horace silver à 19 ans , blakey comme d'hab. Et cliff et johnny qui se tirent une bourre pas possible sur des up beat d'enfer. Une merveille.

Ça:

pas mal non plus, le père la roca étant quand même un des meilleurs batteurs du genre.

Et puis le plus curieux et pas le moins enthousiasmant; ça:

Elmo hope aux manettes ( faut que je vous recause un jour sérieusement d'elmo hope, mais suis je d'une nature à causer sérieusement ? )

J' ai eu le bonheur de voir « live » john gilmore mais avec sun ra. Big band Jouissif et jubilatoire, mais difficile d'apprécier johnny dans ces conditions. Et puis, un truc de oufs, au chatelet, début des années 80, un « all stars » sun ra + don cherry, archie shepp, philly joe jones,famadou don moye et clifford jarvis+ les deux jumeaux marshall allen et john gilmore. une folie pure.

Cela étant, curieusement, pris à part, john gilmore est un musicien exceptionnellement rigoureux, presque sévère. Il y a chez lui un coté protestant.
Mon grand regret est que gilmore n'ait jamais joué en quartet avec thelonious monk. Je suis persuadé qu'il lui serait allé comme un gant ( quoique monk préférasse les chapeaux aux gants )

dernier truc :

lien vers un papier de all about jazz sur nancy wilson.

Sympathique chanteuse, assez proche en plus sophistiqué, de dinah W.

beaucoup de soupe bien faite dans sa carrière MAIS un bijou: le disque de 1961 avec cannonball et toute sa clique ( zawinul, lil' brother etc ). Miss nancy est là une vraie diva swing.Elle n'a jamais fait mieux ( cherchez pas j'ai vérifié )
z'avez vu la miss avé la robe jaune et les chaussures itou ? la claaaassse, non ?

bon j'arrête pour ce soir ( excusez moi pour les blagues vaseuses du début sur les socialistes, c'était pour faire un mot d'actualité, n'y voyez pas de mal hein ? ) et puis helen merrill , kurt elling ou june christy sont d'excellents artistes, c'était une blague ( enfin pour shirley horn je sais pas )

3 commentaires:

yannis a dit…

Petite note pleine d'humour et musicale, comme je les aime :-)

yannis a dit…

Petite blague en passant (suite aux mouvements intempestifs du ps vers l'ump):

Un socialiste c'est comme un radis. "Rouge à l'extérieur, blanc à l'intérieur".

Citation qui n'est pas de moi, mais bon ... vu les circonstances ... elle est d'actualité malheureusement

Jazz Chroniques et coups de coeur a dit…

Il est magnifique ce disque :o)

Z