Assez causé de vieilleries, return to aujourd'hui, ou presque. Je viens d'écouter ce que je crois être le dernier opus ( j'aime bien opus, pas vous ? ) de winton marsalis « from the plantation to the penitentiary ».
un mot de winton, qui, comme james carter, personnifie d'une certaine manière, l'académisation du jazz, notation guère originale.
Après avoir revisité, magnifiquement, les grands anciens ( ellington avec « swingin' with duke » ou coltrane avec Love Supreme ), produisant une musique de répertoire, traitant le jazz à l'instar de la musique occidentale savante, winton a vraisemblablement senti la nécessité de « désinstitutionnaliser » sa musique pour coller un peu plus au présent. C'était déjà le cas avec l'excellent « live at the house of tribes »
retour au bebop d'une certaine manière, comprenant un environnement live, certainement artificiel mais très réussi.
Avec from the plantation... winton va un peu plus loin, non pas musicalement mais en intégrant une dimension sociale et des préoccupations moralisatrices .
Forcément le rap était inévitable dans ce contexte. Il s'y colle lui même dans « where y'all at ? ».
la musique est, comme toujours avec lui, excellente et le sax walter blanding est au niveau du maître. Une chanteuse ( jennifer sanon ) est très présente, sans être remarquable.
Je suis quand même un peu dubitatif devant ce préchi-précha qui n'engage à rien ( le racisme c'est mal, l' hypertrophie de consommation aussi etc ...) . Mais le travail de marsalis mérite toujours le respect et quel musicien. Enfin, sur la fameuse île déserte, si je ne devais emporter qu'un disque de winton ce ne serait pas celui là ( peut être « standard time » vol. 4 qui est mon préféré ).
l'avantage avec la musique afro américaine c'est qu'on découvre toujours du nouveau; ou des choses qu'on croyait connaître et dont en fait on n'avait qu'une connaissance superficielle.
c'est pour moi le cas de toshiko akiyoshi ( c'est tellement difficile à écrire que, si vous le permettez, je vais maintenant utiliser ses initiales TA ) .
je vous entends déjà : quoi il nous cause de musique afro américaine et il nous saoule avec une japonaise née en mandchourie. C'est vrai mais toshiko en fait produit de la musique américaine, dont elle a été bercée dès sa jeunesse via l'armée d'occupation et les musiciens ( généralement afro américains eux ) qui s'y trouvaient.
d'ailleurs elle a fait toute sa carrière aux états unis, s'y est mariée ( deux fois ) avec des musiciens américains ( charlie mariano puis lew tabackin )
le n° d'août 2006 de jazz hot nous gratifiait d'une longue et passionnante interview de TA. Je l'ai lue avec intérêt, sans réaliser qu'en fait je ne connaissais pratiquement pas le travail de TA, même si son nom ( toshiko mariano d'abord puis TA ensuite ) m'était familier.
Grâce à un correspondant qui ( lui ) possède plusieurs disques de TA, je me suis délecté de son travail en big band.
L'art du big band est redoutable ( je ne parle pas des big bands « pour la danse » des années 40 ni de count basie qui est indiscutable ) et il semble que les musiciens qui participent à ces aventures big bandesques prennent plus de plaisir que les auditeurs. Même ellington n'échappait pas toujours ( cf les « suites » diverses ) à un aspect grandiloquent voir rasoir.
TA contourne cette difficulté par une écriture raffinée mais toujours swinguante où les solistes, principalement son ténor de mari, ont la place pour s'exprimer.C'est véritablement une découverte pour moi, ce dont j'ai un peu honte puisque sa discographie en leader compte 78 disques ( je les ai comptés ! ).
une réserve ( il en faut sinon on verse dans l'hagiographie ...) : les quelques japonaiseries qui parsèment ici et là les titres ne sont pas toujours franchement solubles dans le jazz, mais c'est une réserve très mineure.
Notre rubrique habituelle " parlons d'autre chose " concerne aujourd'hui une interview parue dans le journal « le quotidien d'oran » du chanteur Cheb Mami. Ci dessous lien vers l'article pour que vous puissiez vous faire une opinion vous mêmes.
Je ne connais pas cheb mami autrement que de nom ( comme thoshiko il y a peu, tiens ). Je sais que c'est un chanteur de raï, chose qui n'évoque rien pour moi et sur laquelle je n'ai strictement aucune opinion. J'avais du lire , comme tout le monde, qu'il avait des ennuis judiciaires , sans y prêter plus d'attention et je suis tombé sur cet article vraiment par hasard, en cherchant autre chose ( je m'excuse presque ). pour finir j'ajoute que ne sais pas pourquoi je l'ai lu, curiosité malsaine certainement, personne n'étant parfait.
Pourquoi j'en cause : parce que ce M. Mami est particulièrement répugnant. Il se présente comme un pauvre arabe ( pas à une contradiction près il signale plus loin qu'il est riche et dispose donc de garanties suffisantes pour qu'on ne l'embastille point ) victime de l'hystérie raciste française, de ses médias et de sa justice.
S'agissant de quelqu'un accusé ( je n'ai pas compris très exactement de quoi ) je peux comprendre, même si elle n'entraîne pas l'adhésion, une telle posture. Mais il ne s'arrête pas là et souligne avec force que sa situation est due , de surcroît, aux manigances de son accusation et de son manager, qui , dans les deux cas , sont juifs .Il insiste bien là dessus.
Donc pauvre arabe victime des racistes français et d'un complot sioniste dirigé contre lui. Répugnant vous disais je . Pour tenir la balance égale on peut comparer cette attitude à celle des dirigeants israéliens qui, il y a quelques mois, dénonçaient la france comme le pays le plus antisémite du monde.
Après vous avoir infligé mon indignation à propos d'un personnage qui n'en vaut vraiment pas la peine, je sens que je vais me faire des amis dans le tiers monde moi.bof...
2 commentaires:
Ah, en effet. J'aime bien le Cheb, j'aime bien le raï et la technique vocale arabe mais là...
Comme quoi il vaut parfois mieux ne pas savoir quel homme se cache derrière le musicien...
Bon. Je rattrape le retard !
Toshi Ko Aki Yoshi... C'est pourtant simple ! Le japonais est une des langues les plus faciles à prononcer au monde. Je te donnerais des cours à l'occasion, cher Gaston.
Je souscris en tout cas à tout ce que tu dis sur Toshiko Akiyoshi. Je la connais essentiellement avec le Toshiko Akiyoshi / Lew Tabbakin Big Band, et j'aime beaucoup, même les japoniaiseries...
Quand à Cheb, bon versons une petite larme, et rendons hommage à la bétise...
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