lundi 23 juillet 2007

bloggin'the blues with la brabançonne

Mon dernier message vous entretenait notamment d'un disque de « various artists » ( lee morgan wayne shorter ...) intitulé « the young lions » dont je me gaussais peu finement des liner notes. Vous vous en souvenez très bien, ou alors faites un effort bon sang.




Quoiqu'il en soit ( en fut ? ) je vous causais de ce disque quand je réalisais qu'il était enregistré sur le label vee jay, label dont, de mémoire et elle est excellente, je possédais par ailleurs plusieurs disques sans bien connaître de quoi il retourne relativement au susdit label ( vee jay quoi, bon c'est un peu embrouillé j'en conviens ).


farfouillant dans ma discothèque j'ai trouvé ça d'origine vee jay.


Ce qui n'est déjà pas mal compte tenu que ma discothèque en question ne comporte des entrées que par ordre alphabétique du leader de l'album et, évidemment, rien par labels, ce serait trop beau ! Donc tout de mémoire, et hop ! J'ai du en oublier.


Renseignements pris, car il est hors de question de mourir idiot, voilà ce qu'on peut, succinctement, apprendre de vee jay :

fondé en 1953 par vivian carter et james c bracken ( d'où le V J, les deux prénoms. Vous suivez ou pas ? ) ce label a été le seul, à l'exception de motown bien sur, à être entièrement managé par des afro américains.

Comme speciality à los angeles, VJ était actif essentiellement dans le domaine du blues – il a été longtemps la maison de disques de john lee hooker- puis du R&B et ses déclinaisons, doo woop etc. ses grandes vedettes furent gladys knight ( & the pips ), jerry butler et little richard, piqué justement à speciality.

Un de leur meilleur coup fut d'avoir été les éditeurs des premiers disques américains des Beatles, EMI USA ayant refusé de les éditer, n'y croyant pas.Les « love me do « et « twist & shout » ont été pour VJ de véritables vaches à lait. Malgré ce coup de bol, VJ a fait faillite en 1966. VJ a été racheté et existe toujours mais ne produit pas de disques, se contentant de vivre sur son catalogue.

Mais gaston, me dites vous, et le jazz dans tout ça ?

d'abord je vous trouve bien familier et je vous répondrai si je veux !

Bon, VJ , toujours comme speciality ou chess, avait une petite activité jazz qui a produit notamment les quelques disques ci dessus ( et d'autres: eddie harris, walter perkins ...). Bien que le label soit de chicago il n'y a pas de connotation locale dans l'origine des musiciens ( memphis pour strozier et little, NYC pour kelly, philly pour morgan, ou chicago certes pour clifford jordan – bizarrement orthographié jordOn sur la pochette du disque de lee morgan ! ) .

bien évidemment, compte tenu de l'époque et de la nature des participants, ces disques sont généralement hautement recommandables MAIS , curieusement, ils ne m'ont jamais attiré l'oreille outre mesure, ce qui explique sans doute que , jusqu'ici, je n'ai pas été très curieux sur ce label.

Rien à voir , par exemple, avec les enregistrements des mêmes lascars chez blue note. Comme je ne crois pas au hasard il est vraisemblable que cela a des raisons : pas de véritable concept d'album à la différence de blue note ( the finest in jazz since 1939 quand même !) , musiciens livrés à eux mêmes , comme la guerre avec les militaires la musique est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls musiciens, et sûrement des répétitions chichement mesurées. Résultat : décevant mais on n'est quand même content que ça existe.

Je n'ai pas d'infos particulières mais j'ai l'intuition qu'il devait y avoir aussi des raisons économico financières, du genre pas de royalties ou autres. Vous me direz que ça n'explique pas tout et j'acquiescerai quand on sait que pour « west end blues », dont l'intro est le manifeste génialement indépassé et indépassable du jazz, louis armstrong a touché 50 dollars et plus jamais rien ensuite...

Voilà, vee jay fait, je raye sur ma liste de courses.

Bien que, à part milady, personne ne se foule pour dégotter des trucs bizarres je persévère.

Une chose qui n'est pas bizarre mais curieuse c'est la prise du 28 septembre 1938 des kansas city six, featurant notamment buck clayton et lester young avec la « all american rythm section »+ eddie durham avec un engin de son invention , promis à un beau succès, la guitare électrique.


Mais ce n'est pas ça qui est curieux. La curiosité réside dans le morceau « them their eyes » où il y a un chanteur qui s'appuie le thème. Ni bien ni mal d'ailleurs mais il s'agit de freddie green dont chacun s'accordait à penser qu'il ne savait vraiment rien faire d'autre que la quasi pompe chez basie.


A ce sujet il paraît que le count, fidèle à sa réputation de pingre, payait moins cher le bon freddie que les autres au motif qu'il ne pourrait pas trouver de boulot ailleurs que chez lui. Ça ne grandit pas basie mais c'est comme ça. Il est vrai qu'on ne connaît aucun chorus en single note de freddie et pourtant c'est un des musiciens les plus ( justement ) connus de l'histoire du jazz. Mais il chantait, j'en ai la preuve !

À propos de chanteur, et ça n'a rien à voir, vous êtes sans doute informés de la dernière histoire belge . Non ? Je la vous narre :

des journalistes ont demandé, à l'occasion de la fête nationale , au futur premier ministre, de chanter l'hymne national belge ( qui, comme chacun ne le sait pas forcément, est la « brabançonne » ). Le mec s'est trompé et a entonné le Marseillaise. Gros émoi outre quiévrain! Dans le fond ne pas savoir quel est l'hymne national de son pays c'est plutôt sympa ; il y en a trop qui le savent parfaitement. Pour freddie green l'hymne national était « them their eyes » , ce qui n'est pas mal non plus.

Pour terminer « all about jazz » nous signale l'existence d'un livre de mémoire de chan parker : « my life in e-flat ».



Faut que je me le procure , que le lise et que je vous en cause. By the way, le papier signale que , selon chan, son deuxième mari phil woods ( philippe dubois donc ) était un alcoolique et un père absent. À sa place j'aurais laissé tomber avec les sax alto et tâté du baryton ( harry carney par exemple était très gentil ) . je vous tiens au courant.

ps : j'ai fait remarquer à ma chienne , lola, que manifestement elle et paul chambers avaient un air de famille ( du moins si on en juge par la pochette vee jay ) selon elle c'est impossible, aucun boule dogue n'ayant jamais joué de contrebasse. comme je lui faisais remarquer que ça ne prouvait rien, elle a cessé de me parler. quel caractère de chien!


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