vendredi 6 juillet 2007

et dieu créa johnny splawn

hello jazzfan et jazzfanesses

me revoila de bonne humeur , donc un petit billet du jour.

Suite à mes élucubrations relatives aux documents audiovisuels à tendance jazzophile, quelques réactions bien solites ( je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que solite est le contraire d'insolite ).

bien d'accord avec Milady ( z'avez vu la majuscule ? ) pour l'échec du projet de tavernier de porter à l'écran les aventures de paudras et bud powell. L'enfer, chacun le sait, est pavé de bonnes intentions et là le pavage était redoutable.


Pourtant tavernier est un cinéaste de premier ordre, doublé d'un connaisseur incontestable du jazz et d'un causeur passionnant, bref le genre de type qu'on voudrait avoir pour ami. Je crois qu'il s'est laissé dépasser par l'amour de son sujet et l'empathie avec paudras . Reste évidemment la présence très émouvante de dexter mais , pas une seule seconde, quand on connaît dex, on ne peut croire au personnage qu'il interprète. Dommage.

de toute façon, le jazz ne se prête guère ni à des films ni à des romans. C'est toujours très factice et les poncifs reprennent vite le dessus ( drogue, artiste maudit etc, ajoutez y une pincée de romance convenue et vous aurez le nanar parfait type glen miller story ou cotton club ).
dernière chose sur ce sujet, contrairement à (toujours) Milady, la ressemblance physique entre quinichette et lester dans « the last of.. » ne m'avait pas frappé. Il est vrai, qu'à sa différence, je n'ai pas l'age d'avoir connu lester...

ah oui, d'autres documents audiovisuels qui me sont revenus depuis :

-un remarquable documentaire germano- japonais « the world according to john coltrane ». Ce film assez court ne fait pas, comme à l'accoutumé, la part belle à des interviews de mecs qui ont connu etc, entrecoupés de passages musicaux tronçonnés, mais, au contraire, laisse ces passages suffisamment se dérouler pour que la musique soit le centre essentiel du discours.

On peut y voir des documents connus, comme le célèbre concert de Comblain la tour. Très curieux document, filmé avec je ne sais quelle sensibilité de pellicule, mais qui fait apparaître l'humidité des corps en mouvement qui s'échappe en fumée selon un ordonnancement biologique et qui ajoute à la transe coltranienne un élément d'étrangeté supplémentaire.

Et, de plus, un document que je ne connaissais pas du quartet + eric dolphy, s'exprimant assez longuement et filmé avec beaucoup de respect et de retenue. ( notez que je vous parle de ça mais que je ne sais vraiment pas où vous l'allez trouver ! )

-les 6 ou 8 ( faut que je recompte ) émissions de télé réalisées par ken burns sur l'histoire du jazz et qui sont riches de documents et très intelligemment faites ( même remarque que ci dessus ! )

pendant que je vous tiens et qu'on parle de JC ( john coltrane évidemment, pas l'autre ) Je vous narre vite fait une aventure à moi arrivée hier. Profitant d'un périple en automobile dans l'indre ( le département-36- pas le pays des maharadjahs, soyez raisonnables ), pays des sorciers, guérisseurs et rebouteux de tout poil, j'en ai profité pour écouter intégralement la réédition en CD du disque de 1961, OLE ( dans l'indre les distractions sont très rares ).




au delà du plaisir de réécouter cette formidable musique, je me suis aperçu que cette réédition comportait, comme aujourd'hui toutes les rééditions, des « bonus tracks » que je ne connaissais pas. En fait j'ai acheté le CD il y a assez longtemps mais je n'avais jamais du l'écouter en entier, demeurant sur le souvenir de mon bon vieux LP .

Outre que ces bonus sont quand même un peu du remplissage au regard de l'intensité de la musique qui les précède, cela me fait m'interroger sur cette pratique qui, peut être, dénature l'oeuvre. Car, en effet, si JC ( et le producteur et la durée imposée certes par le format ) a choisi 3 titres pour l'album, on peut imaginer que cela avait un sens artistique et que modifier cette présentation est une façon de la dénaturer.

Pourquoi, me hasarde je à préconiser, ne pas éditer des CD de bonus track à part et laisser l'oeuvre comme elle avait été prévue à l'origine ? Bon je vois que vous vous en tapez, passons à autre chose.

Si, juste sur OLE, réécoutez le comme moi ( pas obligés d'aller dans l'indre hein ! ) et dîtes moi si vous ne trouvez pas que freddie hubbard, malgré ses immenses qualités, a bien du mal à s'intégrer à l'univers coltranien de l'époque et tente , quand c'est son tour de chorus , de tirer l'attelage vers un hard bop de connaissance ? Réécoutez le à la même époque dans un environnement plus confortable pour lui. Tiens, ça par exemple :

pour ( peut être ) finir, vous connaissez maintenant mon goût pour les musiciens inconnus, peu connus, méconnus, goitreux , paralytiques enfin un vrai musée des horreurs.

j'en ai dégotté un qui va vous plaire : le trompettiste JOHNNY SPLAWN. Ce type n'a enregistré qu'un seul disque à ma connaissance, MAIS avec john coltrane celui là:

et encore il se produit parcimonieusement, mais avec beaucoup de réussite.

Tout ce que j'ai trouvé sur lui c'est qu'il était né en 1931 et était de philadelphie et aussi cette citation d'une interview de Ted Curson à jazz magazine en 1965 :

"Il était paralysé des deux jambes et ne pouvait se déplacer. Il était de Harrisburg, et vint s'installer à Philadelphie. Il possédait une sonorité très chaude, une grande technique, et des idées merveilleuses. Je pense que l'on ne l'entend que dans un disque, une plage même, avec Coltrane, un Coltrane première manière. Je me souviens de ce qu'on appelle une "trumpet-battle" entre lui et Clifford Brown ; c'était éblouissant à entendre. Clifford Brown était, bien entendu, celui qu'on connaissait, celui pour qui on venait, et que les gens suivaient, mais Splawn avait une manière unique de jouer un solo. Il m'a influencé"

Mc coy tyner cite également son nom dans une interview à All About Jazz en 2003. sinon rien . Quelqu'un en sait il plus ? Je crois que dans l'obscur on va difficilement faire mieux. Qui sait ?



Dernier truc, je lance le concours du disque le plus curieux de la discothèque. Y en a des paquets. J'aime bien celui là :



bien sur chamblee est un remarquable musicien ( en plus il n'a pas eu de bol puisqu'il a été un des 6 - six ! - maris de dinah washington; pourtant disparue qu'à 39 ans .. quelle santé cette dinah ! ),émule de chu berry ( émule pas e mule mais ça peut donner une idée pour ce dont je causais précédemment, comprendra qui pourra ) mais ici il est entouré de « modernistes » de première comme johnny coles, julian priester ou charles davis, ce qui donne à la mixture un goût très étrange, un peu comme une crêpe suzette au tabasco ou un truc du genre.


Vous en avez vous des machins bizarres ? ( je parle de disques bien sur ). Ajoutons que chamblee aurait fait de la figuration intelligente dans le film de Vadim « et dieu créa la femme » avec notre bardot nationale ( je l'ai vu fugacement l'autre jour à la télé; sa bêtise est parfaitement incommensurable) quand même je vous fais cadeau d'une photo du film; ça ne se refuse pas .



j'apprécierai vos remerciements.

4 commentaires:

Milady a dit…

Mais, euuuuuuhhhh !!!!!
Pfffff..... alors hier j'ai eu une journée particulièrement éprouvante tendance rigolus... bon là, je crois que pour ce soir je n'irai pas plus loin que cette perfide remarque sur mon ancienneté parce que déjà le fou-rire me reprend... et me voilà avec "les doigts entre les touches", pour paraphraser ce bon Lucky Thompson narrant la soirée où il baissa les yeux pour découvrir au pied de la scène rien moins que Lester, Hawkins et Big Ben (je le sais, j'y étais).
Je te signale quand-même que ce n'est pas mon anniversaire... juste ma fête... mais j'aime bien, moi !
(ah, 37 ans et demi tout juste hier, tiens, je viens de m'en apercevoir)
Bon. Sur ce je m'autodétruis jusqu'à demain...

Milady a dit…

Bon ben t'as tout trouvé... sauf les noms des zaccompagnateurs... pas une petite idée sur la question ?
(belle perf chez Yannis aussi baille ze ouais, et dire que je connais cette vidéo par coeur... pfff...)

gaston a dit…

kenny barron ( au piano électrique ce qui est très rare ), ray brown et mickey roker. Pas difficile, j'ai le disque-remarquable d'ailleurs.

Milady a dit…

Bah ouais... du plaisir de la première à la dernière note !