Rassurez vous je ne vous montrerais pas mes photos de vacances ( on m'a déjà trop fait le coup pour que je vous inflige ça...)
ah oui pat martino au birdland. D'abord le birdland se réclame de façon ostentatoire du birdland historique avec lequel il n'a, sauf le nom bien sur, rien à voir. Il s'agit d'un établissement très clean. Voire photo ci dessous. Pat martino est au bar.

j'étais super bien placé au ras du stage. Donc on peut y dîner ( mal bien sur ) et la programmation est de qualité – randy weston succédait à martino.
la musique de martino : hypnotique, à telle enseigne que le set d'une heure est largement suffisant, au bout de trois quarts d'heures j'ai décroché... technique , swing, musicalité.

Pat martino est un espèce de moine soldat de la musique qui ne s'épargne pas.
Même pendant les chorus de ses sidemen il est en mouvement, concentré, ramassé sur lui même, dense comme un oeuf. A telle enseigne qu'on ne devrait pas lui confier un tabouret mais un coquetier ( ceux qui trouvent de quel film est cette citation de michel audiard gagnent quelque chose ) . A propos de sidemen il faut dire que les siens n'étaient vraiment pas au niveau, notamment le pianiste exceptionnellement médiocre.
Donc une bonne soirée.
Autrement quoi vous dire ayant un rapport même ténu avec la musique ? Un petit périple dans harlem. Ses innombrables églises, on a l'impression que chacun, se levant le matin sans savoir bien quoi faire, se dit tiens je vais fonder une église... certaine ne doivent avoir que 5 fidèles mais assurer la pitance du propriétaire.

Bien sur nous étions, ma femme et moi, les seuls blancs du quartier, ce qui n'est pas gênant, surtout quand on n'y habite pas.

Une impression, sans doute fausse comme toutes les impressions, est qu'il y a deux sortes de blacks ici. Ceux qui s'intègrent et ils sont très nombreux ( businessmen de wall street, commerçants, présentateurs télé etc...) et ceux qui non et c'est très visible à harlem.
Un esprit de victimisation ( j'ai été malade quand j'étais petit etc ) est assez palpable dans ce quartier, alors que les autres minorités – chinois, chicanos – sont plutôt là pour bosser et s'intégrer au rêve américain.


Tout cela est évidemment très compréhensible mais je sens quand même que je vais encore me faire des copains chez les « progressistes » . tant pis pour moi. Gaston est incorrigible .
Bon mettez tout ça sur le décalage horaire. D'ailleurs je retourne me coucher.
À bientôt...

3 commentaires:
Salut Gaston,
Beau périple que voici.
D'abord une considération progressiste - on ne se refait pas: Les ghettos sont essentiellement dus à la volonté de communautariser l'espace public, mais comme dans les grandes villes comme New-York qui ont encore un plan pas si orthodoxe que cela, il y a des fuites dans le réseau de cloisonnement, un certain nombre de noirs passent au travers.
mais le problème majeur demeure l'accès à l'éducation, trop cher pour eux, aux soins aussi qui permettent de continuer à vivre à peu près en bon état, plus du tout assuré depuis le dégommage de médicare par Bush.
Ensuite, bravo pour ce petit reportage léger et convaincant. La bouffe est toujours dégueulasse dans les clubs ricains, sauf dans les boites très "noires" où on mange "plus puissant".
J'ai un bon souvenir de l'Appollo où je me suis souvent rendu dans les années 80, non seulement l'endroit était comme tu le dis intact, mais on pouvait y écouter encore pas mal de gloires passées y compris y voir encore danser des gens.
A bientôt,
Bannister.
RIEN n'oblige les gens à s'intégrer à un système dans lequel ils n'ont pas demandé à vivre, même s'ils y sont nés. quand je pense avec un peu de compassion à ces descendants d'esclaves qui ont construit le pays mais à qui on n'a laissé que quelques miettes, moi non plus je ne voudrais pas m'intégrer. je chercherais même à accélerer le déclin de cette nation ingrate... par tous les moyens. car cela arrivera tôt ou tard. bien plus tôt que ce qu'on pourrait s'imaginer, d'ailleurs. et le plus tôt reste toujours le mieux, car la reconstruction ne peut se permettre de se faire attendre: c'est l'avenir de la planète qui est en jeu, pas celui d'une nation.
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