je vous avais parlé à propos d'un disque d'al grey, du tromboniste frank rosolino. Je viens de découvrir le disque ci dessous que je ne connaissais pas.

Assez curieux enregistrements pour speciality qui n'avait pas fait du jazz son domaine de prédilection. La discographie speciality que j'ai trouvée ne mentionne que trois disques de jazz, les deux cités + un disque de buddy collette avec billy mitchell.
En fait speciality était spécialisé ( c'est le cas de le dire ) dans la musique populaire afro américaine et de 1945 , avec le premier « hit » RM Blues de roy milton, jusqu'aux années 60, l'animateur de speciality, ART RUPE a créé un catalogue unique dans ce domaine. Comme il était inévitable à l'époque le bussinessman art rupe était blanc.
Rupe était basé à los angelès où un public noir important existait ( notamment dans le quartier de watts ) avec une scène rythm and blues appréciée par les populations noires venues en californie des états ruraux de l'oklaoma et aussi du texas et de la louisiane, attirés par les emplois offerts.
Rupe a tout enregistré, blues, r&b, gospel etc. mais il a surtout été un immense découvreur de talents : outre roy milton, lloyd price ,curtis mayfield, sam cooke et les soul stirrers, que du beau monde.
Mais, de mon point de vue, son plus beau titre de gloire est le premier disque d'un nommé richard penniman, dont il avait écouté une démo incendiaire, assortie de paroles franchement obscènes. Après « nettoyage » des paroles, le titre deviendra TUTTI FRUTTI et richard penniman little richard. Je suppose que ça dit quelque chose à chacun.. voilà la pochette du premier disque de little richard chez speciality.

Si vous n'aimez pas autant little richard que miles davis, ça me la coupe !
Le label sera revendu à fantasy en 1991.
rupe était à los angeles l'équivalent de sam philips, du label sun à memphis ou du label stax de jerry newman, toujours à memphis, des frères chess à chicago, ou des frères ertegun d'atlantic , tous blancs de blancs , ce qui créera quand même quelques problèmes sur la fin, (on voit dans le film « la route de memphis » une discussion entre sam philips et ike turner pas loin de virer à l'aigre ).
Ces producteurs nous laissent un énorme témoignage de la musique populaire noire des années 40/50/60 dans laquelle tous les jazzmen ont baigné. On ne peut séparer cette musique de celle du jazz pas plus que de celle de l'église. Il faut que je revienne sur ce sujet. La critique européenne tend à maintenir séparés des genres qui ne l'étaient pas ( archie shepp a dit des choses très justes à ce sujet ). à preuve la presse spécialisée très étanche ( entre jazz mag et soul bag par exemple )
Je vous parle de ça car quelques disques speciality sont actuellement réédités dont larry william, lloyd price, percy mayfield , roy milton et sam cooke donc assez faciles à trouver.
Pour revenir à rosolino, dont promis je vous recause, lui aussi un régional west coast, il faudrait reparler de la west coast et des jazzmen noirs qui ont participé aux enregistrements et à la vie locale de la côte ouest à cette époque et ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense. Certain y ont même sacrifié une notoriété qu'ils auraient pu obtenir à new york ( comme teddy edwards par exemple).
Bon tout ça est bien décousu mais tant pis pour vous.








































