mercredi 28 février 2007

l'art de rupe


je vous avais parlé à propos d'un disque d'al grey, du tromboniste frank rosolino. Je viens de découvrir le disque ci dessous que je ne connaissais pas.




Je vous en parlerai ultérieurement ( si j'y repense mais il est formidable ) mais vous remarquerez comme moi, si vous regardez attentivement la pochette, que ce disque a été édité par le label « speciality », tout juste comme le disque « dizzy atmosphère » qui faisait aussi l'objet d'un récent message.


Assez curieux enregistrements pour speciality qui n'avait pas fait du jazz son domaine de prédilection. La discographie speciality que j'ai trouvée ne mentionne que trois disques de jazz, les deux cités + un disque de buddy collette avec billy mitchell.


En fait speciality était spécialisé ( c'est le cas de le dire ) dans la musique populaire afro américaine et de 1945 , avec le premier « hit » RM Blues de roy milton, jusqu'aux années 60, l'animateur de speciality, ART RUPE a créé un catalogue unique dans ce domaine. Comme il était inévitable à l'époque le bussinessman art rupe était blanc.


Rupe était basé à los angelès où un public noir important existait ( notamment dans le quartier de watts ) avec une scène rythm and blues appréciée par les populations noires venues en californie des états ruraux de l'oklaoma et aussi du texas et de la louisiane, attirés par les emplois offerts.


Rupe a tout enregistré, blues, r&b, gospel etc. mais il a surtout été un immense découvreur de talents : outre roy milton, lloyd price ,curtis mayfield, sam cooke et les soul stirrers, que du beau monde.

Mais, de mon point de vue, son plus beau titre de gloire est le premier disque d'un nommé richard penniman, dont il avait écouté une démo incendiaire, assortie de paroles franchement obscènes. Après « nettoyage » des paroles, le titre deviendra TUTTI FRUTTI et richard penniman little richard. Je suppose que ça dit quelque chose à chacun.. voilà la pochette du premier disque de little richard chez speciality.





Si vous n'aimez pas autant little richard que miles davis, ça me la coupe !
Le label sera revendu à fantasy en 1991.


rupe était à los angeles l'équivalent de sam philips, du label sun à memphis ou du label stax de jerry newman, toujours à memphis, des frères chess à chicago, ou des frères ertegun d'atlantic , tous blancs de blancs , ce qui créera quand même quelques problèmes sur la fin, (on voit dans le film « la route de memphis » une discussion entre sam philips et ike turner pas loin de virer à l'aigre ).


Ces producteurs nous laissent un énorme témoignage de la musique populaire noire des années 40/50/60 dans laquelle tous les jazzmen ont baigné. On ne peut séparer cette musique de celle du jazz pas plus que de celle de l'église. Il faut que je revienne sur ce sujet. La critique européenne tend à maintenir séparés des genres qui ne l'étaient pas ( archie shepp a dit des choses très justes à ce sujet ). à preuve la presse spécialisée très étanche ( entre jazz mag et soul bag par exemple )


Je vous parle de ça car quelques disques speciality sont actuellement réédités dont larry william, lloyd price, percy mayfield , roy milton et sam cooke donc assez faciles à trouver.


Pour revenir à rosolino, dont promis je vous recause, lui aussi un régional west coast, il faudrait reparler de la west coast et des jazzmen noirs qui ont participé aux enregistrements et à la vie locale de la côte ouest à cette époque et ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense. Certain y ont même sacrifié une notoriété qu'ils auraient pu obtenir à new york ( comme teddy edwards par exemple).



Bon tout ça est bien décousu mais tant pis pour vous.

mardi 27 février 2007

black talk





d'abord un mot pour répondre au message de yannis car j'ai été incapable de répondre sur son blog ( c'est moi qui doit être nul, je recommencerai ). Je vois que ma provoc sur piaf a fonctionné... mais je continue de penser que billie c'est autre chose.




On peut voir sur le blog signalé hier une vidéo de billie avec l'octet de count basie. J'ai toujours eu un doute sur la bande son de cette séquence car l'octet ne comptait alors que trois souffleurs ( wardell gray, clark terry et buddy de franco je crois ) et j'ai du mal à croire qu'ils aient pu produire ce son, surtout dans le final ).



comme promis depuis longtemps un mot de l'organiste charles earland. A ma grande confusion je dois avouer que j'ignorais l'existence de ce musicien jusqu'à une période assez récente, bien qu'il ait enregistré une flopée de disques, notamment chez prestige.




Il semble que le meilleur, enfin de ceux que j'ai entendus, soit l'album « black talk », un de ses premiers, enregistré en 1969 avec notamment le sax houston person et le guitariste melvin sparks.




Sans être au niveau de l'indépassable jimmy smith, earland déploie un jeu extrêmement « groovant » avec une exceptionnelle maîtrise du pédalier. Très ancrée dans le blues et la tradition, sa musique était très emblématique de l'époque. Le renouveau de la vogue de l'orgue hammond amènera peut être la redécouverte de charles earland, vraiment méconnu en france.



Tous ses disques ne sont pas de la même qualité; l'abandon, sous la pression de la mode, du B3 au profit de divers synthétiseurs l'a amené à commettre quelques disques aujourd'hui très « datés ».



mort à 58 ans, earland avait été sax professionnel avant de passer à l'orgue, appris auprès d'un de ses employeurs jimmy mc griff (il y a de pires mentors ). Il a accompagné notamment lou donaldson mais je ne sais pas s'il y a des traces discographiques.



Pour finir sur « black talk », il faut noter que la réussite tient aussi à la présence de 2 très bons musiciens: houston person ( cf une récente interview dans jazz hot ) très sous estimé alors qu'il a enregistré des dizaines de disques, en particulier avec la chanteuse etta jones. Son disque préféré, qui est aussi le mien est « blue odissey » avec curtis fuller et pepper adams enregistré en 1968.







quant à melvin sparks, c'est un héritier de grant green- sans en avoir toutefois l'originalité ni la force d'expression.



Comme person, sparks est toujours en activité et on peut le voir en france de temps à autre ( la dernière fois je crois avec rodha scott )



bon, vous l'aurez compris tout ça pour vous inviter à découvrir charles earland, qui n'est pas un génie de la musique mais qui mériterait une meilleure (re)connaissance.



Pour finir ( si vous avez suivi mes aventures vous savez que pour l'instant mon temps est compté) je vous fais profiter de mes découvertes.ci dessous lien vers le site de bob stewart, un extraordinaire tubiste ( mais non stupides que vous êtes, il n'enregistre pas des tubes, il joue du tuba ) . stewart qui a enregistré avec beaucoup de monde ( artur blythe, lester bowie, carla bley...) fait totalement oublier le coté monstrueux de tuba, tout en conservant les caractéristiques de puissance de l'instrument.Je ne l'ai vu qu'une fois, avec lester bowie, et il m'avait fortement impressionné.







Bon on reviendra à des choses plus construites quand je serais plus disponible( faut que finisse d'écouter joe gordon, mais quand ???)





dernier addendum, nécrologique cette fois: le magazine "down beat" nous informe de la disparition vendredi dernier du violoniste Leroy Jenkins.

lundi 26 février 2007

piaf et autres drôles d'oiseaux

Reçu un message de thierry qui me dit s'être fait un orgiaque week end avec du lee morgan.Il y a quand même des veinards qui n'ont pas de petits enfants à garder cette semaine.La vie est vraiment mal faite. Lee morgan en plus, vous pensez.


Parmi les albums qu'il me cite avoir écoutés, je ne suis pas sur que ce soit ceux que je préfère du dit lee ( encore qu'il vaut mieux un album moyen de lee qu'un excellent de chuck mangione ). THE RAJAH écouté récemment est un disque 1966 avec hank mobley et billy higgins, mais qui en fait n'est pas sorti à l'époque et n'a été edité qu'en 1984. je trouve que le charme des sessions lee/hank de la fin des années 50 début des sixties, s'est là un peu évaporé. Bon ça n'engage que moi.(1) Quant à « expoobident » il y a très longtemps que je ne l'ai pas écouté. Ce disque Vee-Jay avec clifford jordan m'avait moins impressionné que les blue note de la même époque.Faudrait que j'y retourne.

(1) ce disque recèle quand même une curiosité, le thème " what now, my love" qui n'est autre que le "et maintenant" de gilbert bécaud .

A propos du dit lee, trouvé un document sonore qui est une interview de billy hart au sujet de la fin tragique de lee. Vous pourrez ( si ma manip a réussi ) l'écouter ci dessous.



http://www.billyhartmusic.com/The%20Day%20Lee%20Morgan%20Died.mp3



En fait l'explication de la présence du revolver teindrait à un différent de lee avec son revendeur de coke et les derniers mots du génial trompettiste auraient été « get away from me, you dirty bitch « ( pour les non anglophones en gros, « tire toi salope » ) , à l'attention de son ex ( bon, elle venait de le refroidir, on peut le comprendre ). Quand même, pour un artiste, comme derniers mots ça fait mauvais genre.


c'était notre rubrique jazz gossip, les potins du jazz, en association avec gala ( mais non pas la femme de dali, le journal )


à propos d'artistes maudits ou quasi , il faudra que je vous parle de joe gordon ( que lee morgan avait remplacé chez dizzy )


je ne connaissais pas beaucoup d'enregistrements de gordon, à part sa participation à un disque d'harold land avec wes montgomery et barry harris en 1960. Je n'y avais pas prêté plus d'attention que ça ( pas au disque qui est très bien, mais à gordon ).






j'écoute actuellement ses enregistrements de 54 avec art blakey ( et gigi gryce et charlie rouse ). A première écoute c'est très séduisant et à creuser. Je vous en reparle.




Dernière chose qui n'a rien à voir.

Un blog très intéressant lien ci dessous

http:///akcentuatethepositive.over-blog.com/


se fait écho du dernier film consacré à édith piaf. Le film est sûrement très bien quoique je ferai vraisemblablement l'économie de le voir. Donc on refait le parallèle piaf / billie holiday qui m'a toujours un peu énervé. Bon , des gens très biens comme le regretté maurice cullaz, qui en connaissait un rayon sur le jazz, ont déjà fait le lien ( et cullaz aimait édith piaf ! pfttt...). Ce qui prouve que personne n'est parfait.


À mon avis le seul rapport entre piaf et billie est le niveau de leur QI. Je ne sais pas pour piaf mais celui de billie avait été mesuré à l'occasion d'un de ses séjours dans un hôpital spécialisé et il était particulièrement faible.


Piaf représente tout ce que je déteste. La vulgarité poisseuse, l'image misérabiliste construite pour les bourgeois qui se font reluire à partir de clichés ( belleville, l'enfance dans la rue, les hommes etc ).


de plus elle chante gras, véhiculant l'image éternelle de la France à partir de bistrots et d'accordéon. Un peu l'exception culturelle française quoi !

Billie est universelle, appréciée dans le monde entier. Le parfum indéfinissable de son art, à base de swing, de poésie, de détachement charnelle n'a évidemment rien à voir avec l'autre.


Je crains que la sortie du film nous ramène tous les clichetons populaciers sur le sujet.


Bon, je m'énerve, je m'énerve il n'y a tout de même pas de quoi, aragon et elsa triolet allaient bien applaudir johnny halliday...


et vous, vous seriez de bonne humeur avec des enfants à vous occuper ?


Tout ça bien sur est une plaisanterie ils sont adorables ( je fais gaffe des fois que leurs parents liraient mon blog )

samedi 24 février 2007

looking for clarence

Tout petit message aujourd'hui car, vous l'avez remarqué, c'est samedi et le samedi, bon...



donc je ne vous parle que rapidement de clarence holiday ( pourquoi j'ai envie de parler de ce type ? Mystère ).



clarence holiday était un assez obscur guitariste des années 30 – enfin pas si obscur que ça dans le milieu musical de l'époque.

Mais il faut bien dire que son principal titre de gloire est d'avoir été le géniteur de la grandiose chanteuse billy holiday, qui portait son nom, quoiqu'il ne l'ait jamais reconnue. Après avoir donné le jour à billie il a disparu pour vivre sa belle vie.

Dans son livre « billie » alain gerber nous raconte tout ça par le détail. Je n'aime pas beaucoup ce livre. le parti pris de gerber de faire revivre, et raconter l'histoire de leur point de vue au fil des chapitres, les différents personnages qui ont côtoyé billie, est un procédé assez lassant à la longue. Mais c'est une mine d'info. Et donc sur clarence.

Clarence ne voulait pas entendre parler de billie, qui lui vouait une grande admiration. Cela jusqu'à ce que billie commence à avoir un peu de notoriété, ce qui a du flatter clarence.

Tout ça n'a pas duré très longtemps puisque clarence qui, parallèlement à sa carrière de guitariste, menait une vie de patachon, est mort en 1937 à 39 ans.
Revenons à la musique. Essentiellement guitariste « rythmique » dans les big bands ( façon freddie greene quoi ), clarence n'a pas laissé beaucoup d'enregistrements. Je pensais même qu'il était totalement impossible de l'entendre jusqu'à ce que je découvre la compil. Ken Burns jazz. consacrée à fletcher henderson.

















Sur quelques enregistrements de fletcher en 1931, on entend clarence prendre des solos, assez joliment qui plus est.


Bon voilà, c'était tout ce que vous auriez toujours voulu savoir sur clarence sans jamais oser le demander.




Autre chose


Je ne sais pas si vous aimez londres, moi si beaucoup.


Il y a sur la place face à westminster, de façon permanente, un stand de contestaires ( genre pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour ) qui est là chaque jour. Les motifs de protestations sont variés et fonction de l'actualité du moment et l'étalage est plus ou moins fourni selon les saisons. Ci dessous photos en été et en hiver.




































Tout compte fait je trouve ça assez sympa et so british. En parlant de so british, ci dessous un militaire ( en retraite, je suppose vue l'age ) rencontré à ma dernière visite dans le métro et qui a aimablement posé pour la photo. Où pouvait il bien aller, c'était un dimanche matin et rien ne laissait penser que la guerre fut déclarée ? Encore un mystère.






cet après midi écouté ça:



sonny fortune est un excellent musicien, entendu jadis avec elvin jones où il faisait la paire avec ravi coltrane ( très surestimé ).


mais ses disques sont fréquemment décevants. Celui là, que des compos de monk, est, sans doute pour ça, un peu meilleur, mais pas enthousiasmant.



La semaine prochaine relâche du blog pour cause de garde de petits enfants.l'art d'être grand père ne s'accommode pas d'un blogisme effréné. ( à moins que j'arrive à me faufiler dans leurs emplois du temps )


bon week end

vendredi 23 février 2007

wilbur se fait la malle

Découvert ( ou redécouvert ) aujourd'hui ça :







un enregistrement de 1958 où les deux souffleurs sont john coltrane et wilbur harden ( tp ). Vous pensez bien , vous qui connaissez mes goûts des musiciens maudits ( willie jones ) ou totalement inconnus ( billy root ), que je ne vais pas vous parler de john coltrane; des gens bien plus compétents que moi l'ont déjà fait cent fois mieux que je ne me risquerais à le faire.

Bien évidemment parlons de wilbur harden ( parfois orthographié hardin )

musicien plus que maudit que ce wilbur. Qu'on en juge: après, comme tout le monde, un passage dans le R&B avec roy brown puis ivory joe hunter ( un chanteur pianiste que j'aime beaucoup et bien oublié soit dit en passant , qui finira sa vie, comme Mme de maintenon, confit en religion et prédicateur ) à 32 ans, le (encore) jeune wilbur aura une carrière de l'ordre de 2 ans –57/58- . Des troubles de santé ( physiques ou mentaux on ne sait, le conduiront dans un hôpital d'où il ne sortira qu'en 62 pour se perdre dans la nature.


Selon Yusef lateef qui l'a un peu connu, il serait mort dans la rue en 1969. On ne possède qu'une seule photo de lui, que je n'ai jamais vue. On n'est pas très sur de sa date de naissance ni du lieu exact quoique Birmingham, alabama, soit généralement admis.

sa discographie est par nature une des plus minces qui soit : un disque avec yusef lateef en 57 chez savoy ; quatre ou cinq disques en leader ou co leader avec john coltrane, toujours chez savoy, un dernier disque fin septembre 58 sans coltrane , avec tommy flanagan puis, chant du cygne, sa participation sur 2 titres à un album de curtis fuller ( dont je ne sais s'il a été édité ).

c'est bien évidemment, dans cette maigre discographie qui aurait pu le laisser oublié à tout jamais, la participation de john coltrane, alors à un moment clé de sa carrière ( peu de temps avant giant steps ) qui a sauvé sa mémoire. En effet ces disques ont tous été régulièrement réédités, généralement et de façon abusive, sous le nom de john coltrane, qui est magnifique à cette époque.

Celui que le bon chroniqueur canadien marc chénard appelle le « lautréamont du jazz » est toutefois, dans les disques qu'il a laissés, un peu étouffé par la présence énorme de JC. A bien les réécouter on découvre un musicien très délicat, dans la lignée kenny dorham/ mile davis. Comme kenny son jeu trahit une certaine fragilité émouvante et s'accorde parfaitement à l'esthétique du coltrane de l'époque. On est aux antipodes des choix ( et des possibilités, eldridgiennes ) de fats navarro, dizzy ou clifford .Un musicien plus élégant que tonitruant ( écoutez l'attaque exquise de son chorus sur « my ideal » sur le disque "bahia" de JC chez prestige).



Le disque d'aujourd'hui ( mainstream 1958; drôle de titre) n'est pas à mon avis le meilleur mais intéressant car wilbur utilise, sur l'intégralité de la séance, le bugle, ce qui à l'époque n'était pas courant.



Subsidiairement c'est le type de musicien dont on peut se vanter de posséder l'intégralité de la discographie ( comme la filmographie de james dean par exemple. )


carnet rose


je ne résiste pas à revenir sur la maternité gemellesque (?) de diana krall pour vous communiquer les prénoms retenus : soit dexter hanry lorcan et frank harlan james – ça ne s'invente évidemment pas !




Je vous recommande l'excellent article d' Alain Pailler dans la dernière livraison de jazzman sur JO JONES sous le titre cha-bada papa. A ce sujet je ne résiste pas non plus à vous livrer le lien ci dessous qui vous renverra à une vidéo de max roach en hommage à papa joe, avec apparition à la fin de l'impétrant ému et déjà bien malade. J'ai eu la chance de voir « live », comme on dit, papa joe jones. Son solo, à mains nues puis aux balais, je m'en rappellerai je pense toujours.

http://www.youtube.com/watch?v=dNpDQztqWQw

Bon pour terminer: prodi arrivera t il à former un nouveau gouvernement ? Les sondages de demain seront ils ségoléniens, sarkohitudien ou bayroutistes ?, y aura t il de la neige à noël ? Vous parlerais je enfin de charles earland ou clarence holiday, toujours promis, toujours différé ?



Vous le saurez bien sur en suivant attentivement la suite des aventures de gaspacho in the night ( le lecteur le plus assidu recevra en prime, et de manière confidentielle, l'explication rationnelle de ce titre rien moins qu'abscons ).



bonne nuit, poum poum poum

jeudi 22 février 2007

atmosphère, atmosphère

Hello les amis, oyez j'ai découvert ça :





dizzy atmosphere, qui comme son nom ne l'indique pas n'est absolument pas un disque de dizzy gillespie . Toutefois il y a un rapport étroit, quoique non directement musical, avec dizzy. En effet ce disque a été enregistré par des musiciens tous membres à l'époque du big band qu'avait reformé dizzy et qui tournait à l'époque sur la cote ouest ( le disque a été enregistré à hollywood pour le label « speciality » de art rupe, qui enregistrait généralement plutôt du R&B ou de la jump music . Je suppose, qu'en bon commerçant, art rupe avait choisi le titre "dizzy atmosphere" pour capitaliser sur la notoriété de dizzy, sans la payer )).


donc des jeunes lions de l'époque . Qu'on en juge : billy mitchell 31 ans- winton kelly 26 ans- al grey, vétéran de 32 ans et surtout la merveille des merveilles le tout jeune ( 19 ans ! ) lee morgan, accompagnés à la batterie par charlie persip 28 ans.Les arrangements- excellents bien sur- sont de benny golson, autre membre du big band ( qui malheureusement, ne joue pas dans ce disque).


On retrouve tout ce petit monde dans le bien plus connu disque verve « dizzy gillespie at newport » enregistré 6 mois plus tard, où, prémonitoirement, dizzy laisse lee morgan ( donc 19 ans et demi ) prendre le solo vedette à sa place sur night in tunisia.


Quand j'écris tout le monde c'est vrai à une exception : celle du sax baryton billy root, remplacé à newport par pee wee moore ( écouter la présentation désopilante de pee wee par dizzy sur « doodlin' « ). les interventions de billy root à cette séance sont brèves mais de très très bonne qualité. Une sonorité proche de gerry mulligan, inhabituelle dans ce contexte plutôt black-black.


Je me suis donc renseigné sur le lascar « inconnu mais qui joue vachement bien « .
en fait billy root ( aucun lien de parenté avec johnny B. root ) , né en 34 donc 23 ans à l'époque du disque, a tenu le baryton auprès de gens aussi sérieux que stan kenton, dizzy ou buddy rich mais en 59, arrêtera le circuit pour poursuivre des études musicales puis finira à las vegas, dans la fosse, accompagnant tony bennet ou peggy lee.

Il s'agissait en fait d'un choix personnel de vie. Billy root, comme son jeu me le faisait subodorer, est blanc (1) mais il a vécu pendant toute cette période uniquement avec des musiciens noirs, habitant harlem etc. Il racontera d'ailleurs dans des conférences son expérience de musicien blanc, en tournée dans le deep south uniquement avec des noirs .

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(1) le politiquement correct empêche de parler de musiciens « blancs » ou « noirs » .Vous remarquerez que le dictionnaire du jazz ( collections bouquins toujours ) évite ce sujet dans ses entrées. Pourtant il est évident que cela a une énorme importance de savoir si, dans les années 50/60 et avant un musicien américain était blanc ou noir. Pour décomplexer tout le monde je propose qu'on dise "musicien non africain américain" pour les blancs, comme on dit non entendant pour éviter de dire sourd ?





Bon c'était notre rubrique " unsung heroes "




un mot encore de charlie persip, batteur très souvent sollicité aussi bien en petite formation qu'en big band. Me rappeler de parler d'un disque où il tient les tambours, l'excellent « volcano blues » de randy weston. Cette transition pour indiquer que ce disque a été produit par gitanes, filiale française de verve. Bien évidemment le nom avait été choisi en accord avec la seita de l'époque pour faire de la pub aux cigarettes gitanes ( vous savez le paquet blanc et bleu avec le dessin de jacno je crois ).



On n'imagine pas une chose pareille aujourd'hui. Au train où vont les choses, il est vraisemblable que ces disques seront brulés en autodafé, place de la concorde, par les milices excitées des ligues anti tabac...

dans tout ça j'ai oublié l'essentiel, dizzy atmoshere est un disque de première qualité!


A propos d' autre chose, le blog jazz corner - mon blog préféré-nous instruit aujourd' hui de l'action humanitaire de jimmy carter ( aucun rapport avec benny carter ) qui est tout à fait méritoire. Tout ça pour dire qu 'avec le temps le jugement qu'on porte sur les gens évolue . Rappelons que carter a été un président assez médiocre ( cf son traitement de l'affaire iranienne ) bien qu'évidemment sans commune mesure avec le fou furieux actuel. Donc, normalement, chirac ( pour qui j'ai tout de même voté au second tour de 2002, comme tout le monde, enfin comme tout le monde de normalement constitué ) peut se refaire.


Un de mes nouveaux correspondants, christian ( salut à toi ici ), m'adresse un commentaire au sujet de phineas newborn jr dont je causais hier. Il a une excellent formule « phineas serait un oscar peterson qui aurait des choses à dire . je suis assez d'accord concernant oscar ( au demeurant pianiste phénoménal, voir "african market place" avec NHOP et tout le reste ) qui me fait un peu penser ( vous allez voir ;c'est un peu audacieux ) à claude lellouche, qui a trouvé une exceptionnelle façon de faire du cinéma, mais n'a jamais trouvé que des fadaises à dire avec.




Bon, dans tout ça rien sur charles earland . Il faudrait aussi que je cause de clarence holiday ( vous vous demandez de qui il s'agit hein ? ) et surtout de roland kirk dont j'ai des vidéos à proposer.


À demain les coquecigrues

mercredi 21 février 2007

headache

Dîner hier soir avec un vieux copain troskyste. Ces gars là sont insupportables mais je l'adore. Essayé de le raisonner, ça m'a fait causer donc j'ai eu soif donc j'ai trop bu. Résultat ce matin mal de tête ( il faut enfin que j'arrête ces conneries).

Pour continuer sur la politique, mais j'arrête très vite, ci dessous le communiqué de départ ( les adieux à la scène quoi ) d' éric besson, l'ex-expert budgétaire de l'équipe royale. Je connaissais à peine ce type avant mais je dois dire que sa sortie ne manque pas de panache et que je le trouve plutôt rafraîchissant dans le paysage politique. Bon on sent bien un peu (beaucoup ? ) de dépit amoureux mais quand même c'est sympa. ( bon j'arrive pas à mettre le fichier ad'hoc , vous le trouverez si ça vous intéresse sur le site de Marianne, le journal bien sur )

Un mot sur yannis et lady blue ( comme disait le regretté crooner bobby darin dans sa chanson « red roses for a blue lady » adaptée en français par lucky blondo – qui se souvient de lucky blondo ? - sous le titre « des roses rouges pour un ange blond » ) qui ont eu la gentillesse de dire du bien de mon blog. J'en ai rosi de plaisir. Le leur est vachement bien aussi. Je propose que l'on fonde une société d'admiration mutuelle. Je veux bien être trésorier. À ce sujet, j'ai éhontément plombé le blindfold test de lady domi parce que je passais par là au bon moment. Je promets de ne plus le faire...

j'avais promis ( mais les promesses...) de causer de phineas newborn jr. Je m'y colle.

Originaire de memphis il a commencé comme tout le monde sa carrière avec des groupes R&B dont un autre memphisien BB King.

Je ne vais pas vous raconter sa vie mais 2 points seulement :



  • ce type était malade, physiquement et mentalement, ce qui fait que sa carrière a été très chaotique.


  • À la différence de thelonious monk ( qui n'était pas pianiste, voir messages précédents ) phineas, comme tatum ou garner ou jamal, est avant tout un pianiste, avec une technique immense et un style très personnel, notamment de la main gauche.


Je recommande le disque ci dessous qui est mon préféré,






mais il y a un très bon disque, pas sous son nom, c'est le We Three avec roy haynes et paul chambers ( mais c'est en réalité un "great jazz trio "avant la lettre )






son frère, calvin newborn, qui était guitariste, a enregistré avec lui ( un bon exemple dans le disque « fabulous phineas « ) .





vous noterez les prénoms insensés des 2 brothers. Bon guitariste, calvin, qui n'était pas malade lui, n'a pas eu non plus la carrière qu'il méritait car resté à memphis. Curieusement, dans le film de la série sur le blues « la route de memphis » on voit calvin interviewé comme s'il était un bluesman, ce qui n'est évidemment pas le cas. Je ne m'explique pas cette confusion.




Phineas a eu une grande influence sur les pianistes notamment ceux de philadelphie comme harold mabern qui ne manque pas une occasion de lui rendre hommage.




À propos de pianiste laissez moi vous parler une minute d'earl hines ( avec lequel calvin newborn a joué, c'était la transition ) qui, lui aussi, est un monstre ( le premier sans doute ) des 88 touches.



Earl hines est le premier musicien de jazz que j'ai vu « live » en piano solo.je me souviens que le concert était organisé par hugues panassié, c'est bien loin tout ça . qui se souvient de panassié qui pourtant a fait, avant la guerre, la pluie et le beau temps sur la critique de jazz en france ?



Ayant décidé, en se levant de mauvaise humeur un matin, que le be bop n'était pas du jazz, il s'est enfermé dans son personnage de pape bourru, excluant les hérétiques trouvant du charme à dizzy.


A l'occasion de ce concert j'ai donc vu de mes yeux hugues panassié qui déchaînait alors la fureur des critiques progressistes.


Voilà pas mal d'années , mais après la mort d'Hugues ( pas capet, panassié, suivez un peu ) son propre fils avait écrit qu'en fait le dit hugues appréciait le jazz moderne mais comme il avait commencé par en dire du mal il ne pouvait plus se déjuger.
Ses disciples ont continué son aventure et un bulletin du HCF ( hot club de france ) canal historique, doit toujours être publié.


Comme les trostkistes- cf en haut – ces gens vivent dans un autre monde qui n'existe pas, s'entr'excluent les uns les autres mais , s'ils n'existaient plus, il faudrait les réinventer car il ont au moins le mérite du désintéressement. On n'est rarement devenu riche au hot club de france ou à la je ne sais pas quoième sous section de la quatrième internationale. Je suis donc pour la protection des espèces menacées.


rien à voir


Vous avez remarqué qu'il y a de plus en plus de rues, écoles, avenues avec des noms invraisemblables ? Passons sur les écoles Georges brassens ou jacques brel, mais il y a maintenant des rue coluche, j'ai vu une impasse claude nougaro à l'ile de ré ( une impasse c'est délicat ! ) et même, pas loin de chez moi, une rue gilbert bécaud. A quand une rue karen chéryl et une avenue gérard lenormand ?



j'avais promis, de parler de charles earland, le ferai demain. En ce moment j'écoute ça.






Que c'est bon !!!

lundi 19 février 2007

willie jones me prend la tête

Ecouté aujourd'hui un disque d'al grey avec billy mitchell-ts- et bobby hutcherson.





Al grey est un de mes trombonistes préférés avec J.J Johnson ( et frank rosolino). A l'aise aussi bien dans une ambiance mainstream, notamment chez basie dont il était une vedette, que dans une ambiance be bop. Ce disque est plutôt version bop.

j'ai eu une discussion profonde avec al grey rencontré fortuitement à l'aéroport de nice dans les années 80. De mémoire :

moi ( dans mon anglais pas trop fluent) hi Mr al grey, je suis très content de vous voir, je suis un de vos fans. Je vous ai vu hier soir c'était formidable ( effectivement une jam avec clark terry et warren vache mémorable. )

lui: ah je suis content aussi . Very nice ( avec le sourire d'al grey où l'on croit qu'il va vous manger ) etc etc 5 mn du même tonneau. Puis il est parti de son côté avec sa femme et son fils ( tromboniste également ) et moi du mien. C'est quand même des souvenirs ça non ?

Quand je serai en forme je vous raconterai ma rencontre avec elvin jones, sa tonne de tambours et sa japonaise de femme à roissy CDG. Comme quoi les aéroports sont plus swinguants qu'on ne l'imagine.



Song from an old country


puisque vous êtes paresseux je vous mets ci dessous le lien sur cette merveilleuse video de pullen/adams + Michelle hendrix. Faut tout vous faire !


www.youtube.com/watch?v=_dnTmyNIifM

Je poursuis mes recherches sur le pianiste willie jones ( cf mon précédent message sur les artistes dont j'ai entendu causer mais seulement )
je me suis procuré le disque clark terry/paul gonsalves sur lequel officie l'ami jones. De fait, quoique qu'il ne prisse que peu de solo, cet enregistrement montrait un musicien très curieux pour le contexte.

j'ai trouvé sur un site américain confidentiel quelques renseignements que je vous livre, bruts de traduction.Ce type était admiré par sun ra et andrew hill, c'est quand même pas rien ! Je crains que je n'arrive à rien de plus.


Willie Jones is one of the more intriguing pianists on the Chicago scene of the late 1940s and 1950s. He was admired by Sun Ra and Andrew Hill, sought after by some musicians, imitated by a few, shunned as too weird by others. According to Red Holloway, Chicago musicians called him "the piano wrecker." He has never gotten any attention outside of Chicago
Here is Andrew Hill's appreciation: "Willie Jones played like Milt Buckner, but then he was into the new music aesthetic where he used to listen to things like Lukas Foss' 1950's music and stuff, so I would call him an early Cecil Taylor, someone who would place their style on a 20th century composer" (interview with Ted Panken on WKCR-FM, June 26, 1996).
Alto saxophonist Marshall Allen, a musician who was active on the Chicago scene in the 1950s and now leads the Sun Ra Arkestra, tells us that Sun Ra studied Willie Jones closely, "standing next to him, watching his fingers" (interviewed by Armin B&umml;ttner, March 28, 2001).


.
Willie Jones at the piano during the Jo Jo Show at Cadillac Bob's Flame Show Bar, 1954 or 1955. Dr. Jo Jo Adams is the MC; Phil Thomas is at the drums; and Billy Howell is on trumpet. From the collection of Charles Walton.

Et puis il faut que j'arrête avec cette obsession willie jones. Pourtant il avait enregisté des disques en trio . Voir ci dessous, mais je n'ai que l'image !




Bon demain pas de blog pour cause de dîner en ville. Et ce soir zou, devant TF1 comme tout le monde pour cause de ségolène ( non là je rigole, ça ne me passionne pas, la revue de presse demain matin me suffira). après demain je vous entretiendrai de phineas newborn
jr.

dimanche 18 février 2007

encore des révélations sur lou

lou y es tu ?


Selon une tradition maintenant établie, parlons du disque du jour. Aujourd'hui, ô surprise un lou donaldson inconnu de moi qui croyait tous ( ou presque ) les connaître.






Donc lou takes off de 1957 paru en 1959 ( merveilleux millésime tant pour le jazz que pour le vin ) chez blue note.


Comme vous le remarquerez à la simple vue de la pochette d'origine, on est encore – comme avec le blues in orbit d'ellintgton-en plein dans la célébration de la conquête spatiale. Il me semble nécessaire d'écrire un essai qui pourrait s'intituler « de l'influence de la conquête spatiale sur la musique de jazz « par exemple, par le professeur gaston de l'institut, publié aux presses universitaires de france. Bon je tiens le titre, je m'y colle.


Supplémentairement, il semble bien que lou donaldson, sujet américain, célèbre les succès soviétiques en la matière puisque le premier titre du disque s'appelle « the sputnick « . Ce donaldson eut été communiste que ça ne m'étonnerait pas. Après ça ne soyez pas surpris que la commission des activités anti américaines ait été obligée de sévir.


Revenons à nos moutons. Mon goût prononcé pour le donaldson ( goût pas universellement partagé ) remonte à la mienne mais ancienne découverte d'icelui dans le disque du groupe art blakey/ clifford brown live au birdland ou le jeune lou partageait le rôle de troisième homme avec horace silver ( comme françois « big ear » bayrou avec JM « old man » le pen ) . Le break (1)du lou sur night in tunisia, après les riffs d'usages, m'a laissé pantois, presque autant que la coda de clifford qui n'est pourtant pas rien et que le chorus d'horace. L'état de pantoiserie ci dessus recommence à chaque fois que je l'écoute ( en plus j'avais un vynil qui rendait vachement bien ).


(1) en gros ce break me rend braque

Lou descend de parker comme l'homme du primate, mais avec plus de grâce. Parkérien avec un rien de johnny hodges à ses début, il finit en bopper funky. Ses enregistrements (très nombreux ) montrent un lent glissement vers un bop fortement teinté de blues et funk, secondé par des accompagnateurs de premier plan- benson, herman foster ,fabuleux pianiste, les organistes holmes ( mais non pas sherlock, richard « groove »), don patton puis dr lonnie smith-


A 81 ans lou tourne toujours et je l'ai vu à son dernier passage à paris avec justement lonnie smith. Bien sur le geste n'est pas aussi sur qu'avant et, sans doute, il n'y a plus de place que pour un spectacle rodé et sans surprise avec les mêmes jokes tous les soirs ( no fusion, no confusion ) mais quand même, quel pied !


Revenons à « lou takes off « . Il s'agit d'un supergroupe de purs( et très jeunes à l'époque ) boppers rassemblés autour de lui.===> art taylor, sonny clark , donald byrd, curtis fuller. Je connaissais les enregistrements du tout début des années 50 ,purs be bop, de lou réédités par blue note, avec notamment horace silver mais là c'est un peu le chaînon manquant avec ce qui va suivre, ( blues walk, etc et un certain succès commercial ). La musique est exceptionnelle et lou se déchaîne sur des up tempo d'enfer, sonny « machine gun » clark n 'est évidemment pas en reste . Un super super disque !!!!


si vous êtes intéressés par la musique de lou, il y a un dique très atypique de lui c'est le blue note « lush life » de 1967, un disque de ballades avec l'écrin d'un big band arrangé par duke pearson. Somptueux.


l'antitabagisme est un tigre de papier


Passons à des choses plus sérieuse.Je lis dans la presse que Arno ( mais si le chanteur , belge, mais non pas jacques brel...ah vous êtes trop bêtes !) et marcel gotlib ( mais si le dessinateur de hamster jovial, gai-luron et RAAAH Lovely, le meilleur coup de crayon après Franquin ) viennent de décider d'arrêter de fumer, cédant à la pression de l'adversaire, reniant leurs idéaux et trahissant leur camp comme ganelon écrasant roland. Amis fumeurs, l'heure est à la résistance, créons partout nos comités secrets, organisons la lutte. Je vous tiendrais au courant des consignes via radio londres – les fumeurs parlent aux fumeurs_ avec des messages du genre « les sanglots longs..., je répète les sanglots longs...)


rectificatif


dernière chose avant de fermer ( tiens on met déjà les chaises sur les tables ? ) j'ai écrit dans la précipitation que « jazz in a summer day » était le meilleur film consacré au jazz. Veuillez lire à la place « straight no chaser « . ( de charlotte zwerin, je crois, j'ai plus le DVD sous la main et la flemme de le chercher ) attention ! je peux encore changer d'avis...




bonne reprise du boulot les forçats.

samedi 17 février 2007

sling,slang,slung

le disque du jour




donc le disque écouté ce jour bien qu'acheté voilà pas mal de temps. Il s'agit de BACALAO du duo eddie « lockjaw » davis & shirley scott. Ce couple, qui n'en était pas un à la ville, a gravé pas mal de disques, eddie davis ayant trouvé avec shirley l'organiste qui lui convenait pour répondre à l'extraordinaire engouement de l'époque pour la formule ténor/orgue.



Shirley était d'ailleurs une femme à ténor puisqu'elle finira par en épouser un: stanley turrentine, avec lequel elle fera un certain nombre d'enregistrements chez blue note ( notamment le très bon « never let me go » chez blue note en 63. Le titre était prémonitoire puisque le couple divorcera ensuite...).



Shirley scott est une bonne organiste, très swinguante, sur laquelle j'ai quand même quelques réserves: la présence systématique d'un bassiste montre qu'elle ne maîtrise pas réellement le pédalier- c'était plutôt une pianiste- et sa sonorité est loin de la légéreté de celle de jimmy smith ou même du Dr lonnie smith ( l'hammond B3 est un pachyderme qui se venge si on ne le conduit pas avec la plus grande légéreté ).




Après une carrière bien remplie, sa fin en 2002 à 68 ans sera un peu triste puisqu'elle a été intoxiquée par des médicaments. La firme pharmaceutique responsable l'a indemnisée en 2000 pour 8 millions de dollars (!), dont elle n'a pas profité...



revenons à lockjaw, ténor majeur et à mon avis très sous estimé. Pas franchement be bop mais pouvant s'adapter à toutes les circonstances. Ses meilleures moments sont avec basie dont il a été le ténor vedette notamment dans l'album E=MC2, mais aussi ses duos avec johnny griffin. Fantastique confrontation d'égos surdimensionnés - voir ci dessous le look des deux lascars sur la pochette du disque « live at minton's » .





Pour moi son meilleur disque est celui enregistré chez prestige en 1960 ( l'année d'après celui là ) avec un big band arrangé par oliver nelson et ernie wilkins-album Trane Whistle -




le disque du jour est moins connu mais très agréable avec l'addition de 2 percussionistes dont ray barreto, dans une ambiance latine.


Ce disque a été enregistré la même année que 2 chefs d'oeuvre, kind of blue de miles et giant steps de coltrane qui, tous les deux, ont d'une certaine manière révolutionné la musique.Eddie et shirley ne veulent manifestement rien révolutionner du tout mais que c'est bon...



sartre disait que la littérature c'est la pléïade et la série noire. Le jazz c'est trane et lockjaw.on ne peut pas manger du caviar tous les jours ( quoique...)


où l'on reparle de zanini...



vous vous rappelez de marc édouard nabe, fils du bon sax/clarinettiste marcel zanini. Dans notre série les pires pochettes de jazz, voir ci dessous ( trouvé dans le forum citizen jazz )




pour les anglophones ( même très moyens ) jetez un oeil au dictionnaire du slang ( l'argot anglo saxon ) lien ci dessous. Comme partout l'argot est très savoureux, même s'il évolue très vite. Je me suis arrêté à la lettre C et noté ça au passage :




Back door = an euphemism for the anus
burp the worm= to masturbate, of males
clown's pocket= a large or spacious vagina
couldn't organise a piss up in a brewery=of a person totally incompetent
down in the dumps= miserable, depressed





cette dernière expression se trouve être le titre d'un blues chanté par bessie smith ( un grand moment d'optimisme, à éviter à réception de son avertissement fiscal...)


http://www.peevish.co.uk/slang/index.htm

Avis de recherche




est ce que quelqu'un peut me dire quelque chose de Frank mitchell, qui joue du sax ténor ( pas très bien à mon avis ) dans la formation dirigée par lee morgan sur le disque blue note « the sixth sense » enregistré en 67 ( avec jackie mclean et billy higgins ) ? ce qui m'intrigue c'est que lee l'eut engagé ( lee l'eut et pas lulli ). Fut ce le fils de sa concierge ?




À demain.

vendredi 16 février 2007

le don de pullen

Où il est question de madeleine ( mais non, ignares que vous êtes, il ne s'agit pas d'une dame qui s'appelle madeleine mais du proustien gâteau )


je reviens sur le blog cité hier et par moi exploré. Quelle n'a pas été mon émoi d'y voir affiché le jazz magazine de mars 63! Je l'ai tout de suite reconnu. En effet il s'agit du premier magazine causant du jazz que j'ai acheté. J'avais 17 ans ( et je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel age de la vie ) et j'avais fissa remonté des chaussettes noires au jazz en passant par little richard, chuck berry, la découverte de ray charles ( à l'époque c'était pas difficile ) ayant boosté le processus, grâce notamment au centre culturel américain qui existait alors dans ma province ainsi que des camarades plus « hip » que le countryboy que j'étais. Sentant qu'il était temps que je me documente, j'avais acheté ce magazine qui se faisait l'écho de plein de choses que j'ignorais. Je l'ai gardé longtemps mais un de mes nombreux déménagements lui a été fatal.


Fumer tue


ci après un lien qui renvoie à un article de la revue américaine « THE HILL « qui est un peu la gazette parlementaire.



http://www.hillnews.com/thehill/export/TheHill/News/Frontpage/021407/tancredo.html
Je ne vous traduis pas l'article mais en gros l'histoire est la suivante :



Keith ellison représentant démocrate du minnesota a son bureau proche de celui de tom tancredo, représentant républicain du colorado. Jusque là tout va bien. Sauf que, sporadiquement, tom fume un cigare. Tom a préventivement fait installer des systèmes permettant d'absorber la fumée.



Mais, conscient de ses droits, keith, fraîchement élu et qui n'a jamais adressé la parole à tom, a appelé la police, qui est intervenue, pour faire cesser ce scandale. En effet, selon la secrétaire de keith « la fumée passait à travers les murs « .
le cocasse de l'affaire est que le plaignant est le premier élu musulman au congrès et qu'il a réclamé et obtenu le droit de prêter serment sur le coran et non pas sur la bible.


Bon je ne tire aucune conclusion de tout ça.


Le disque du jour




un des assez nombreux disques enregistré par l'équipe don pullen. George adams. Cameron brown. Danny richmond.


Après des enregistrements chez des firmes européennes c'est le premier album aux états unis pour ce groupe ( label blue note, mais c'est en 86 et bien sur ce n'est plus le blue note de la légende )


cette équipe d'anciens mingusiens ( sauf brown bien sur ) est sans doute la meilleure qui se soit révélée après la mort du génial bassiste. Mingus big band et mingus dynasty ( vu récemment en concert à l'automne ) c'est au poil mais à part sue mingus en coulisses ( frank lacy lui n'est pas en coulisses mais par contre il joue du trombone à coulisse...bon ) il n'y a plus personne d'époque ( c'est vrai que plus on ira moins il y aura d'anciens combattants de la guerre de 14 )


pourquoi ce disque et pas un autre ? Parce que il comporte une formidable composition de don pullen : « song from the old country « c'est le genre de mélodie qui peu faire un succès mondial- malheureusement ça n'a pas été le cas- en tout cas écoutez la le matin, le soir, le midi enfin n'importe quand. Attention un autre disque s'appelle également breakthrough .Il s'agit du dernier enregistrement de hank mobley avec le quintet qu'il co dirigeait avec cedar walton


On a tout dit sur g.adams/d.pullen. Y'a les pour et les contre . C'est vrai qu'il y a un peu de systématisme dans le jeu de pullen à base de clusters parfois hystériques .Le numéro d'adams blues shouter , on n'aime ou pas. Je comprends bien les réserves mais à ce blot là on peut dire la même chose d'errol garner . En tout cas, on l'aura compris, moi j'aime. Enfin don pullen c'est comme errol garner, on n'écouterait pas ça toute la journée mais de temps en temps ça fait du bien. A noter que pullen, comme garner, n'a pas d'émules ( à l'exception de DD Jackson qui est chiant )


il existe sur youtube ( tapez don pullen en recherche ) une formidable vidéo d'un concert au japon, sans richmond disparu l'année d'avant et remplacé par lewis nash, où nos compères jouent ce « song from the old country « avec le thème chanté par michelle hendrix. Ne ratez pas ça.


A propos de youtube, mâtin quelle invention. Tout le monde a vu, je suppose, les bandes télé avec parker, hawkins, hank jones, ella etc.. qu'on peut trouver sur ce site. Je ne savais même pas que ça existait ( voir parker fumer sa cigarette en écoutant hawkins, même en coupant le son ça swingue ).(1)


Avant internet et les DVD, ces merveilles étaient véhiculées en france par un collectionneur fou, jo milgran, qui avait rassemblé des kilomètres de bandes film sur le jazz, un peu le henri langlois du jazz ! il montrait ses trésors de temps en temps mais c'était la seule façon de les voir ( parce que la télé...)


comme toujours l'absence augmente le désir, à telle enseigne que quand j'ai vu la première fois « jammin' the blues » j'ai été un peu déçu, en regard de tout ce qui avait été écrit dessus.


Bon suffit pour aujoud'hui. Rien sur bové, rien sur sarko, rien sur rien


demain peut être un mot de charles earland bien méconnu en france .

(1) à ce sujet il est scandaleux que des enfants puissent, sans controle parental, visionner une vidéo où on peut voir une personne de sexe masculin fumer éhontément une cigarette en public, et sembler y prendre plaisir. Que fait la police !!!

jeudi 15 février 2007

anita et lady domi vont en bateau

La chanteuse du jour et le disque du jour.



La dernière livraison de jazz magazine est consacrée aux chanteuses de jazz avec notamment les projecteurs braqués sur ella fitzgerald. C'est le bon moment pour se poser la question, difficile, quelle ma chanteuse préférée ? Après longues réflexions et délibérations ,j'ai élu ANITA O'DAY.
Il fallait donc-comme disait jadis la pub de vittel- préalablement éliminer, et les meilleures.





Tout d'abord billie holiday. Mais billie, comme monk ( voir message antérieur ) n'est pas une chanteuse. C'est un (e ?) poète. Elle swingue modérément. Sa technique vocale est limitée , elle n'improvise ni ne « scatte ». son art est ailleurs. Dans la pure émotion. Donc hors catégorie. Ella est formidable, elle a tout ce qui manque à billie, sauf l'émotion qu'elle ne fait pratiquement jamais passer. Bien sur sarah !. J'ai hésité. Chez les chanteuses plus récentes seule dianne reeves peut concourir.





Bon c'est anita. Elle a tout. anita est une musicienne autant qu'une chanteuse. Formée à la dure école des bigs bands- comme sinatra – elle pratique le difficile art de la modestie, sachant « jouer » avec les musiciens sans forcément occuper toujours le devant de la scène ( à la différence de la diva sarah ), ce qui est l'essence du jazz, la création collective.





Comme toujours, il y a quelque chose de plus, d'indéfinissable. Peut être un côté « canaille » mais canaille distingué , assumé et maîtrisé, jamais trop. Anita est sexy alors qu' ella ne l'est pas du tout et que sarah l'est peut être parfois trop ( cf le quasi orgasme -simulé quand même- sur « misty » dans le concert de copenhague ) et que dinah washington l'est toujours.





anita, qui vient de nous quitter, a eu une carrière très longue mais aussi une vraie « jazz life » émaillée de tous les accidents de travail de cette profession ( drogue, prison...). Elle a chanté jusqu'à la fin. J'avoue ne pas avoir eu le coeur d'aller la voir à son dernier passage parisien.





Youtube offre quelques vidéos ( pas de lien ici, allez y vous mêmes ) de sa carrière, notamment chez gene krupa avec roy eldridge qui était avec elle l'attraction de l'orchestre.





Anecdotiquement, anita avait le don des coiffures. Les photos nous la montrent sous toutes les apparences capillaires possibles ( ( brune, blonde, rousse, cheveux courts, longs...) mais toujours impeccable, mince, élégante et vraisemblablement parfumée ( ça c'est moi qui le suppose)





enfin, elle illumine le fameux film « jazz in a summer day « ( le meilleur long métrage consacré au jazz ) par sa présence scénique incomparable. toujours anecdotiquement, là c'est pas la coiffure qui est top mais le chapeau. Un bibi comme on n'en fait plus et c'est bien dommage !





Jazz mag reproduit une interview d'anita en 1957. quel charme même dans une interview...





le meilleur disque est celui enregistré en 1957 avec le trio d'oscar peterson + le batteur attitré d'anita john poole.c'est mon disque préféré et je lis dans l'interview que c'était aussi le sien. Tiens c'est encore un disque verve dont je disais du mal voilà peu.





Un autre disque , parmi tous les autres, d'anita: le « drummer man » de gene krupa, enregistré l'année d'avant où gene reprend ses succès des années 40 sur de nouveaux arrangements ( notamment de quincy jones ) avec ses vedettes anita et roy eldridge .


je ne résiste pas à la méchanceté de décerner le titre de la plus mauvaise chanteuse de jazz : Ciara Arnette , une américaine vue au festival de montlouis sur loire en septembre dernier.Affligeant. Si anita a tout ciara n'a rien .


La semaine prochaine, quel est mon joueur d'ocarina préféré ?




Amis du jazz




À l'occasion de mes promenades dans la blogosphère ( quel épouvantable néologisme ) trouvé une jazz blog formidable – lien ci dessous- jazz corner ( c'est aussi le nom d'un disquaire spécialisé dont je parlerai un jour ) animé par lady domi .( de prime abord ça fait un peu SM mais rassurez vous ça n'a rien à voir.)

http://ladydomi.over-blog.com/article-4939479-6.html#anchorComment

Je ne sais à priori s'il s'agit d'un homme ou d'une femme , dominique étant un prénom unisexe et lady pouvant parfaitement être un clin d'oeil à lester young qui appelait tout le monde comme ça, homme et femme, même son sax. En fait pour l'avoir lu j'ai compris qu'il s'agissait d'une dame ( ce qui est étonnant, les femmes ne comprenant généralement rien au jazz. C'était notre quart d'heure de machisme primaire et de poésie ). Sérieusement , j'y ai passé beaucoup de temps et j'y retournerai.






"Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j’ai voulu pour mes propres enfants"



Des scooters ?

un remord, puisque ce message est à propos des chanteuses et des mamans, ne pas oublier de signaler que diana krall est depuis peu maman de deux jumeaux ( deux jumeaux c'est un pléonasme non ? ). comme elle se produit généralement en trio, on voit bien la suite...

mercredi 14 février 2007

le sax c'est au poil

poil au sax


vous vous souvenez sans aucun doute de l'expression « sax velus « qui était fréquemment utilisée pour caractériser le jeu de saxophonistes virils ( arnett cobb, king curtis, don wilkerson etc ) et dont le spécimen ultime était big jay mc neely.
La critique d'art aime bien les étiquettes. J'ai toujours trouvé celle là stupide et fausse.


Le père des velus est censé, depuis le JATP et flying home, être illinois jacquet. Pourtant à ses début et tout au long de sa carrière, il a été influencé par lester young, considéré comme glabre. Cela alors que le même lester, chez basie, ne manquait pas de poils.


Revenons à nos velus moutons ( le mouton étant comme chacun sait, un animal à poil laineux- attention il y a une contrepèterie, enfin pas une contrepèterie mais une petite blague, très délicate ) zoot sims, épigone lestérien est vachement velu quand il veut. Johnny griffin et eddie « lockjaw » davis n'ont jamais été rangés dans les velus alors que...


bon pour en terminer ci après une photo d'illinois jacquet où on voit bien qu'il n'est pas si velu que ça ( bon un peu quand même je l'accorde ).Par contre le coup de peigne, impecc !





demain je parlerai des pianistes nains et après demain des batteurs rouges de figure.

campaign'blues


There is a tiny problem. Royale presented her list of 100 pledges to make everyone-except the capitalists-, richer, happier and healthier without any suggestion of how she will pay for it.


Extrait de l'article de charles bremmer, le correspondant du TIMES à Paris, à propos de la présentation du programme de ségolène royale dimanche.


« il y a un léger problème. Royale a présenté une liste de 100 promesses pour que chacun, à l'exception des capitalistes, soit plus riche, plus heureux et en meilleure santé sans d'aucune façon indiquer où elle trouverait l'argent pour ça. »


ces anglais tout de même, quels rabat-joie !

Ça sera tout pour aujourd'hui; je n'ai quand même pas que ça à faire figurez vous !

mardi 13 février 2007

good ol'time

Marc Édouard strikes again

hier, à l'occasion de mon passage hebdomadaire devant la télé, j'ai vu marc Édouard nabe chez taddéï. Il parlait de lui, comme à l'accoutumée, de son oeuvre et de ses peintures. Quoiqu'un peu chiant, il en parlait vachement bien (attention je n'ai regardé l'émission que quelques minutes ). Sauf qu'on voyait aussi ses peintures et le décalage entre le texte et l'objet auquel il se rapportait était assez considérable.

Émule de céline et léon bloy, nabe n'a rien pour attirer mes sympathies. Sa posture d'imprécateur raciste et de pamphlétaire au petit pied est vite déplaisante.
Je n'aime pas non plus ses livres. Celui dont je me souviens « Lucette » en référence à lucette almanzor la compagne de céline, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

Mais nabe est un cas puisque, contre toute attente, il est le fils de marcel zanini ( vous m'objecterez sans doute qu'il faut bien être le fils de quelqu'un, ce à quoi je vous rétorquerai illico que, par exemple, je ne suis pas le fils de marcel zannini.J'ajouterai sans me troubler qu'heureusement car sinon je serai, par là même, le frère de nabe et, je l'ai souligné plus haut, je n'aime pas nabe.voulez vous que la tragédie d'abel et caïn recommence ? non bien sur.alors cessez de m'interrompre par des objections oiseuses !) , bon saxophoniste de jazz ( qui s'est un peu commis dans la variétoche avec le tube mondial « tu veux ou tu veux pas ... » ). Il s'appelle d'ailleurs effectivement zannini dans le civil ( pour un écrivain maudit c'est pas terrible, ce qui explique le pseudo ) et rend hommage à son patronyme dans son livre « alain zannini « . Il est aussi guitariste de jazz – enregistrement avec son père et , rien que ça, sam woodyard-. Parallèlement il a écrit de façon très pertinente sur le sujet ( cf son livre « billie holiday » ).

le n° 126 de la revue jazzman ( juillet/août 2006) comprend un texte de lui à propos des 27 chorus de paul gonsalves à newport en 56. L'écriture est exceptionnelle pour un magazine de jazz ( généralement pédantesquement écrits mais on n'y cherche de l'info pas de la littérature ) :

« après les douze travaux d'hercule, les vingt sept chorus de gonsalves ! L'exploit mythologique est resté dans les mémoires, mais contrairement au héros grec, il ne l'a pas accompli seul. Une rythmique locomotivesque l'a installé avec autorité sur des rails de rêve.D'abord la basse de jimmy woode comme un kangourou qui, tout en bondissant, lancerait dans l'espace les boomerangs dont il a plein les poches ; et puis la charleston de sam woodyard, qui a un son aussi sacré que si deux icônes grecques s'embrassaient avec passion tous les deux temps. Sans oublier le duc lui même au piano, fracturant les clichés à coups de karaté d'accords... »

et avant :

« pâle comme un mort, le saxophoniste se lève, vaguement timide, la démarche presque effacée pour se présenter au micro. Il ferme les yeux et attaque son solo. Au fur et à mesure des chorus, la veine qui lui partage son grand front se fait plus saillante...Il débouche son ténor comme une bouteille de champagne! De la mousse déborde aussitôt, et quelle mousse ! Pas blanche comme neige, mais noire comme de la nuit pétillante! Voilà: le solo de gonsalves, c'est 27 bouteilles de champ' qu'il ouvre les unes après les autres, d'abord en douceur sans que le bouchon ne saute au plafond, jusqu'à la dernière qu'il fracasse contre la coque de l'orchestre !... »
on s'y croirait. Réécoutons diminuendo and crescendo in blue et merci marc édouard.

Souvenirs d'un vieux dégueulasse

on demande régulièrement dans jazzmag aux musiciens quel est le concert qui les a le plus marqués. On ne me demande rien mais je vais y répondre quand même:
deux concerts ( enfin à l'époque on n'appelait pas ça des concerts on appelait ça... rien de spécial ) au défunt depuis longtemps « chat qui pêche » rue de la huchette. Tous les deux je pense en 1967 ( putain...), sans que je sois complètement certain de l'année.
Le premier , l'été, en août vraisemblablement, après les festivals de juillet quand les musiciens américains musardaient en europe pour amortir le voyage.

Donc deux américains : ted curson, trompettiste qui je crois officie toujours et qui a joué avec les plus grands, notamment charles mingus, du temps de dolphy. L'autre est moins connu ( du moins en france ) c'est nick brignola qui tenait le poste ce sax baryton chez woody herman. La rythmique était arvanitas piano + J. Samson -b- et charles saudrais -dms -

le chat qui pêche était à peu près grand comme votre appartement ( d'accord vous avez un grand appartement ) autant dire que la batterie de saudrais ça pétait ( d'autant que j'étais assis à côté ). Mon souvenir est surtout celui d'avoir assisté à une vraie jam session, les deux yankees n'avaient évidemment jamais joué avec la rythmique avant et curson était partout, au piano à la basse pour montrer ce qu'il voulait. Mais j'ai surtout été impressionné ( jeune on n'est facilement impressionable, c'est une , parmi d'autres, des raisons qui font que je n'aime pas les jeunes !) par brignola dont je n'ai pas retrouvé depuis de disques et que je cherche toujours ( sauf un avec ronnie cubber ).

l'autre « concert » dans le même lieu c'est celui de don cherry avec jacques thollot à la batterie et karl berger ( à savoir ce qu'il est devenu ! ) au vibraphone.
C'était un peu avant 68 mais l'ambiance y était déjà.

Bon, papy est fatigué , il prend ses médicaments et va se coucher. Bonne nuit...

lundi 12 février 2007

segolène blues





Le(s) disque(s) du jour




comme stanley turrentine hier, deux disques aujourd'hui de l'un de mes sax ténor préférés sonny stitt, qui se trouve également être un de mes sax alto préférés – il est très fort !

La carrière de sonny stitt a été très longue et jalonnée de très nombreux enregistrements ( plus de 100 paraît il ). Tout n'est pas mémorable mais rien n'est jamais mauvais.




Stitt a traîné longtemps la réputation d'être un épigone, voire un clone ,de charlie parker. Si l'influence du bird sur son jeu est indéniable ( mais quel sax de sa génération, et des suivantes, n'a pas été marqué par parker ?) son originalité par rapport au maître est nette.

d'abord parker et lui étaient de la même génération ( 4 ans d'écart ). c'est dire que leur période de formation a baigné dans les mêmes influences – lester young, hawkins, et benny carter ), dans la même communauté africaine américaine ( même si stitt vient d'une famille plus favorisée – père enseignant de musique et frère musicien classique – que parker ) et dans la même période historique.




La grande différence avec bird tient, hormis le fait que stitt s'exprime indifféremment et avec le même bonheur à l'alto et au ténor, à un ancrage dans le « soulfullness » ( pas facile à traduire ) c'est à dire un lien plus fort avec la tradition mainstream, un aspect moins « révolutionnaire » qui privilégie le swing et les valeurs hédonistes, charnelles, là ou parker est, malgré lui aussi son lien avec le blues, plus aventureux, plus désincarné parfois.




Pendant toute sa carrière, il a été au croisement du be bop le plus rigoureux et de la black music en évolution. témoin son goût pour les compagnies d'autres souffleurs et singulièrement gene ammons avec lequel il a gravé de nombreux et excellents disques. Idem son goût pour les duos avec orgue hammond. Je signale à ce sujet la réédition par la firme ( allemande je crois ) Quadromania d'un coffret de 4 cd d'enregistrements de gene ammons de 47 à 53 où sonny stitt est fréquemment présent ( alto ténor voire baryton ) bien que ne s'exprimant pas en solo.




Ce qui est étonnant c'est de constater l'influence de lester young sur ammons, influence qui se gommera peu à peu par la suite.La compil sonny stitt parue chez « classic » de la période 51/53 fait aussi, du moins au ténor, apparaître cette même influence ( c'était vrai également d'illinois jacquet ). A noter que dans les deux cas, sur cette période, on entend dans ces enregistrements le même trompettiste, Bill Massey, qui est excellent, mais complètement inconnu de mes services ???




revenons aux deux disques sélectionnés :

Personnal appearance


un disque verve enregistré en 1957 dans la formule quartet classique avec bobby timmons( futur compositeur de moanin' ) au piano, dont c'était une des premières apparitions discographiques ( dès l'année suivante il « explosera » dans les jazz messengers ) un peu empruntée mais prometteuse. Parfait à l'alto – funambule pyrotechnicien- parfait au ténor, stitt signe un disque de très grande qualité.
pourquoi ce disque et pas un autre ? parce qu'il vient d'être réédité ( en fait depuis quelques mois ) et qu'il est encore très facilement trouvable dans les rayons de la FNAC.Mais comme toujours dépéchez vous ça ne va pas durer et vous attendrez quelques années avant de le revoir !




l'autre sélection sonny stitt sits in with the oscar peterson trio a été enregistrée deux ans plus tard, toujours chez verve et cette fois stitt est accompagné par le pianiste « maison » oscar peterson + ray brown. Il joue à la fois des grands classiques du mainstream ( moten swing, easy does it ) des ballades, du charlie parker ( au privave, scrapple from the apple ) et du bon vieux sonny stitt bluesy de derrière ce que vous voudrez .


bon , si vous pouvez vous passer durablement de ce disque , pas moi. Pour l'anecdote, on m'a dit qu'à la toute fin de sa carrière stitt, qui était un solitaire sans groupe régulier, emmenait avec lui en tournée son chien qu'il installait sur un tabouret backstage et que, gimmick renouvelé chaque soir, sur une certaine note le chien poussait un hululement.je ne sais si c'est vrai...




Donc deux disques verve remarquables, cela bien que je n'ai jamais trop aimé l'esthétique de verve. Norman Granz , son propriétaire, privilégiait, sauf exception, les musiciens arrivés, établis, les valeurs sures ( duke, ella, armstrong, dizzy ) qui rapportent...




Il n'avait pas d'objections au modernisme ( cf parker ) pourvu que ça marche.




Ce label était très différent du laboratoire permanent qu'était blue note ou de labels comme prestige ou riverside toujours prêts à organiser des séances avec les jeunes musiciens du circuit ( sans parler du parti pris résolu d'avant garde d'Impulse )




verve a eu des réussites incontestables mais c'était plus un palace de luxe pour artistes ayant de grosses cotes qu'un atelier expérimental.






Rien à voir



Ségolène royale n'a jamais enregistré chez verve ( ella fitzgerald si, mais elle était beaucoup plus grosse ), par contre elle a détaillé son programme hier.
Pas trop quoi en penser...dirai plus tard...m'embête...Ah si ! j'ai vu jean louis bianco ( son porte parole ) par hasard à la télé. Ce type a l'air vachement psychorigide. pas le genre boute en train pour noces et banquets .et comme maman ( royale ) n'a pas l'air rigolote-rigolote non plus... bon j'écrirai un truc pensé plus tard ( tout ce marketing politique me gonfle quand même un peu ) .

dimanche 11 février 2007

mauriac, breton, gigolpince et tutti quanti

Le(s) disque(s) du jour


aujourd'hui deux disques de mon saxophoniste ténor préféré stanley turrentine .En fait j'ai des paquets de sax ténor préférés, la liste en serait fort longue de griffin à mobley ou de rollins à coltrane ( quoique coltrane comme lester young ne soit pas réellement un saxophoniste en ce sens qu'ils sont plutôt de grands créateurs de mondes musicaux inouïs que réductibles à de simples instrumentistes- ce qui n'est déjà pas si mal. thelonious monk n'était pas un pianiste non plus alors que art tatum si. A développer plus tard à l'occas. )



revenons à stanley turrentine qui lui était donc saxophoniste. Turrentine ( esthétiquement très proche de gene ammons ) n'est pas lee konitz. Il ne joue pas pour des intellectuels compliqués et ne cible pas particulièrement les suffrages des musicologues distingués.



Bien que doté d'un bagage technique considérable, son style vise à l'efficacité dans un seul but: plaire. Ce qui ne veut pas dire faire toutes les concessions ( encore qu'à une époque de sa carrière, il en ait un peu abusé ) mais plaire; plaire aux danseurs, plaire aux femmes, plaire à son public afro américain de l'époque.




Il a donc un côté un peu putassier, un peu gigolpince à chaussures bicolores, chemise ouverte sur le torse et chevalière maousse. Ça se traduit par une sonorité d'une expressivité énorme, un jeu hyper sensuel et malin. Bon mais en n'oubliant jamais la rigueur du be bop et le fonds de sauce du blues.



Longtemps acoquiné avec jimmy smith et kenny burrel, c'étaient vraiment les trois mousquetaires du groove puissant.




Deux disques qui représentent bien sa manière : un des nombreux blue note qu'il a gravé comme leader, tout en participant comme sideman à beaucoup de séances de ses confrères, et l'autre un CTI qui a été un de ses plus grands succès: SUGAR.

















The Spoiler enregistré en 1966 le met en scène entouré d'un ensemble exceptionnel ( blue mitchell -tp- julian priester -tb- james spaulding -as- mc coy tyner -p- bob cranshaw -b- mickey roker -dms- ) sur des arrangements de duke pearson dont je parlerai sans doute prochainement.




Tout est bon, en particulier « la fiesta » un étonnant thème latin qui a servi longtemps d'indicatif familial ( vous savez le truc qu'on passe en boucle au petit déjeuner pour se mettre de bonne humeur ). Il avait remplacé dans cette fonction le cap verdan blues d'horace silver qui a longtemps servi.




Je recommande aussi une belle et lascive version de sunny ( le truc pop de sonny & cher dont george benson , on en parle plus loin a donné une version définitive dans l'album « giblet gravy » )






















l'autre disque -sugar- ( 1970 )vaut le détour pour tous les titres, l'éponyme et une étonnante version de 14 mn du « impressions » de john coltrane. En bonus track la version live de sugar à l'occasion d'un concert de 1971 avec freddie hubbard et george benson notamment. On peut retrouver une autre partie de ce concert sur un autre bonus track, celui du disque red clay de freddie hubbard. Ci dessous :



si vous ne connaissez pas « sugar » je vous mets au défi de l'écouter sans être séduit ( même si vous êtes un musicologue distingué )




fini la bio de andré breton. En fait la vraie oeuvre de breton c'est lui même. Reste que ce type, assez antipathique et qui a laissé une oeuvre assez réduite, a eu un grand mérite: celui de rester ferme devant toutes les modes et en particulier, pour lui foncièrement révolutionnaire, devant le terrorisme stalinien auquel il a du faire face avant et après guerre alors que ses amis les plus proches et les plus anciens ( aragon, eluard, picasso ) y cédaient et le reniaient.


lien vers l'enregistrement d'un poême de breton lu par breton



http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=384


Ce courage me fait penser à d'autres tel françois mauriac qui, malgré toute son éducation et environnement familial profondément conservateur et catholique, a toujours, contre son milieu, fait les bons choix – guerre d'espagne, résistance, décolonisation-


j'arrête c'est dimanche .








samedi 10 février 2007

cave canem

Le disque du jour





encore un de mes anciens vynils,devenus inécoutables faute de la machine ad'hoc, retrouvé en CD récemment.L'invention du CD pour les anciens possesseurs de vynils est, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer initialement, ( perte de la musique pendant un moment, recherche -plus ou moins- frénétique- dépenses supplémentaires – point qui m'est naturellement le plus sensible ) , une bénédiction.


En effet, au plaisir de retrouver une musique perdue de vue ( ça c'est audacieux ) s'ajoutent celui de vérifier qu 'elle est ( souvent ) meilleure que le souvenir qu'on en avait et enfin celui, proustien diraient les cuistres, de raviver la mémoire de l'époque à laquelle cette musique était écoutée.


Celui la, gettin' together, enregistré en 1960 sous le nom de Paul Gonsalves, ne faillit pas au principe général énoncé ci dessus.


Il faut dire que l'ami gonsalves n'a pas enregistré grand chose sous son nom.



Première gâchette chez le duke jusqu' à sa mort quasiment, il n'avait vraiment pas l'âme d'un leader ( certains doutent même qu'il ait eu une âme ,mais ce sont là spéculations métaphysiques dans lesquelles je ne rentrerai pas. Par contre il est fort probable que, sous l'emprise d'addictions alcooliques de toutes sortes, il n'eusse plus de foie). L'ellingtonisme de gonsalves était si puissant après 25 ans passé dans l'orchestre que sa mort et celle du duke furent pratiquement simultanées ( à 10 jours près )


Sa poignée d'albums en leader sont soit des réunions d'ellingtoniens- exercice assez peu cassant qui consistait à reprendre les arrangements joués habituellement – soit des rencontres improbables sans grande préparation ( earl hines, roy eldridge ).


Ici il s'agit d'une vraie séance ( jazzland ) avec des musiciens très éloignés de l'univers habituel de gonsalves. Nat adderley, qui avait sans doute amené le contrebassiste sam jones qui officiait avec lui chez cannonball; winton kelly -p- et jimmy cobb-dms- frais émoulus du sextet de miles davis qui avaient enregistré peu de temps avant le chef d'oeuvre « kind of blue « .Comme à l'accoutumée le travail de winton kelly est un véritable enchantement.


notre ami gonsalves est donc loin de ses repères habituels ( bien que sur « walkin » il ne puisse s'empêcher- mais qui s'en plaindrait- de nous faire le coup du père newport 56- le nombre de chorus en moins )


avec des « head arrangements » bienvenus, tout cela donne un excellent disque, assez éloigné de l'esthétique habituel de notre homme ( plus moderne si on veut ) bien qu'il ne change en rien sa façon de jouer.



Trop paresseux, ou trop pris par ses passions ultra musicales, gonsalves n'a pas eu la même carrière ( versatile comme disent les anglo saxons, dans le bon sens du terme ) que clark terry auquel il ressemble pourtant beaucoup par sa capacité , sans jamais se renier, à s'adapter à des contextes assez différents ( proche du RnB dans ses démesures-calculées- sur up tempo, mais aussi un des éléments plus ou moins be bop chez ellington )


au sujet de gonsalves à qui l'alcoolisme était consubstantiel, il existe une vidéo d'un concert ( au danemark ou en suède ? ) où il dort, mais dort vraiment, pendant tout le concert et ne se réveille seulement que pour prendre des chorus somnanbuliques.Hallucinant.


du côté des anthropophages


je viens de feuilleter le magazine « la touraine », opuscule régionaliste ne présentant aucun intérêt. cette charmante région déplore ( sans le dire )de ne compter parmi ces natifs aucun grand homme hormis rabelais et balzac-ce qui n'est pas rien mais c'est loin et pas très people.


Donc tout grand homme ou assimilé est le bienvenu. Les derniers nominés sont jean carmet et jacques villeret, acteurs assez inconsistants n'ayant jamais tourné dans des films vraiment dignes d'intérêt mais connaissant une petite notoriété due essentiellement à leur mort survenue à une période d'actualité assez maigre ce qui leur a valu une couverture médiatique,assez inexplicable au demeurant, mais confortable.




Donc l'exploitation locale du filon va bon train d'autant que le concours de l 'actuel ministre de la culture, élu du département, est assuré.




La dernière, et remarquable, trouvaille, vient d'un charcutier tourangeau qui a inventé les rillettes « au goût de jean carmet « .elles sont en vente au rayon gourmet des galeries lafayette tourangelles.Si vous êtes intéressés de savoir quel était le goût du jean carmet, allez y de ma part ( 77 rue nationale à Tours )...



on me murmure qu'il s'agit en fait de rillettes faites selon le goût de jean carmet. Outre que je demande comment on peut connaître le goût du bougre en la matière ( et quel intérêt ça présente ), je continue de penser que la formulation est équivoque.





Pas de suite pour le moment à mes réflexions politico-mystiques.J'attends la révélation du 11 février pour me prononcer définitivement.



Un petit mot du procès charlie hebdo.



Cette histoire est très ennuyeuse car :



si, comme c'est probable, charlie est relaxé, les défenseurs de la liberté inconditionnelle d'expression dont nous faisons tous partie, seront ravis mais les musulmans de France, n'ayant pas oublié qu'à de nombreuses reprises, des condamnations ou interdictions ( cf la pub benetton ou la religieuse de rivette ) ont été prononcées sous la pression des lobbies catho, seront fondés à penser qu'il y a deux poids et deux mesures.




suite des aventures de hank au pays de oui-oui




Un de mes messages évoquait hank mobley.Une précision s'impose. J'ai omis de rappeler que hank mobley avait eu la chance ( en fait il se révélera que ça n'en était qu'à moitié une ) d'être un des saxophonistes de miles davis ce qui n'est pas rien.



l'ennui c'est que miles venait de « divorcer » de coltrane et c'est bien dur de faire oublier coltrane ( imaginer que l'ex de votre femme soit robert redford jeune...)



résultat, miles n'aimait pas mobley ( il le dit franchement dans son autobiographie = « je n'aimais pas hank mobley » on se demande alors pourquoi il l'avait engagé...)



il y avait un disque où hank pouvait briller c'était le « someday my prince will come « .En fait mile et teo macero le producteur se sont arrangés pour rajouter un ( splendide ) solo de coltrane « avant » celui de mobley.On (?) a raconté, après coup, que coltrane « passait par là » ce jour là et que, spontanément, il avait sorti son biniou pour se joindre à la mêlée.Vous vous doutez bien que je n'en crois pas un mot.Tout a été rajouté après coup.




Fin (provisoire) des (més)aventures de hank au pays des pas de chance...




vendredi 9 février 2007

politic,drugs & rock'n'roll




le disque du jour







Blues in orbit .l’orchestre de duke ellington (1)enregistré chez colombia ( pour la première fois produit par Teo Macero -1958/59 )


Ce disque qui fait partie des grands enregistrements de duke de la deuxième partie des années 50 – Après la résurrection de newport 56 et grâce à l’avènement du 33 tours et l’amélioration des conditions d’enregistrement, le duke entre dans la modernité en « recréant « à la fois inlassablement ses anciens succès et en poursuivant, avec l’aide de billy strayhorn, son œuvre créatrice.

Si tout est magnifique dans ce disque, l’exceptionnelle section rythmique, et notamment sam woodyard, est particulièrement mise en valeur( à noter le piano « basien » de duke sur pie’eyes blues). J’avais eu la chance de voir en action nos deux compères (sam woodyard et jimmy woode ). lors d’un concert « benefit » à paris pour la mort de kenny clarke en 1985. Ils accompagnaient le tap dancer jimmy slide .Un grand souvenir…

L’album en question permet également d’entendre, en soliste, jimmy hamilton au ténor, ce qui n’est pas fréquent.

A ma grande confusion je dois avouer que si je connaissais bien ce disque par sa réputation, je ne l’avais jamais entendu autrement que fugacement à la radio.Sa récente réédition me permet de me rattraper. Quel pied !

Les disques de duke à cette époque sont tels qu’à chaque fois qu’on en tient un nouveau on pense que c’est le meilleur – malheureusement le temps passant la veine s’épuise !

Petite anecdote personnelle qui n’a à priori rien à voir avec ellington ; mais vous allez voir que si…


Nous bénéficiions à une époque, ma femme et moi, d’un chat qui avait daigné bien vouloir s’installer chez nous ( jusque là rien d’ellingtonesque sauf un vague rapport avec cat anderson ). Atteint par la limite d’age le chat a tiré sa révérence mais pendant plusieurs mois nous avons continué à l’entr’apercevoir de temps en temps , en un éclair de temps dans un coin de la maison, comme si notre rétine, habituée à sa présence, avait imprimé le chat (la persistance rétinienne appliquée aux chats en quelque sorte ).

Alors le rapport avec ellington est le suivant : A la première écoute de « blues in orbit « j’ai bien cru entendre cootie williams, cela alors que, vérification faite, il ne joue pas dans cette session. La persistance auditive appliquée aux cootie williams a t elle du sens ou étais- je franchement distrait ?

Blues in orbit car l’époque était au début de la conquête spatiale avec le premier satellite russe le spoutnick suivi de l'américain, qui je crois, s’appelait telstar. A la même époque un groupe pop rock scandinave s’appelait « the spotnicks » et jouait costumé en cosmonautes…

Réécoutons le meilleur morceau du disque « blues in blue print « le claquement de doigts du duke, la clarinette basse de harry carney sur fond de drumming sam woodyard et basse jimmy woode.unique !

(1) en fait duke ellington and his award winners ( D.E et les "gagneurs de récompenses ")

Personnel: Duke Ellington- piano and arranger; Jimmy Woode- bass; Sam Woodyard, Jimmy Johnson- drums; Clark Terry, Cat Anderson, Shorty Baker- trumpet; Ray Nance- trumpet, violin; Quentin Jackson, Britt Woodman, John Sanders, Booty Wood- trombone; Matthew Gee- trombone, baritone horn; Johnny Hodges, Bill Graham- alto saxophone; Russell Procope- alto saxophone, clarinet; Jimmy Hamilton- tenor saxophone, clarinet; Paul Gonsalves- tenor saxophone; Harry Carney- baritone saxophone; Billy Strayhorn- piano on "Smada" and "Blues in Blueprint


petite contribution au paysage de campagne ( comme disait philippe alexandre en 1988 )


Donc, comme promis, un petit mot sur la passionnante campagne électorale française. Attention ça va être du lourd et le lecteur éventuel aurait quand même intérêt à sauter ce morceau de bravoure pour passer immédiatement à la suite.


Bien, toujours là ? tant pis pour vous , en avant pour les propos de comptoir.

Après les tribulations lamentables de 2002, chacun sent bien que c’est reparti pour un tour de bouffonnerie.
Le grotesque de la situation vient d’un grand nombre de paramètres et comme je ne vais pas passer la nuit sur ce blog je ne m’en tiendrais qu’à deux :

Le système électoral devenu aberrant où, malgré le barrage théorique des 500 signatures, le premier tour (celui qui, par disposition chronologique, est celui qui dure le plus longtemps ) est livré au marketing forcené de partis, groupes, comités, groupuscules, sectes dont la plupart savent parfaitement que leur candidat n’a ni les compétences ni les capacités et ni surtout aucun espoir d’être élu président de la république. Pourtant ils sont là, pour vendre leurs petits programmes, concoctés dans leurs petits comités, et, comme les espoirs de réalisation en sont nuls, la savante architecture qui les soutient ne courre aucun danger d’être soumise à la dure épreuve de la réalité.

Certains de ces groupes, pourtant assurés d’un pourcentage de voix qui n’atteindra pas les deux chiffres, préviennent d’avance, au nom de la pureté immarcescible de leurs idéaux, qu’ils ne sauraient en aucun cas s’allier avec quiconque au lendemain des élections. Preuve s’il en était besoin que leur activité s’apparente plus à la poésie ou au hobby maniaque qu’à la politique.

Bien entendu il en existe aussi qui sont tout prêts à s’allier avec ceux qui leur réserveront à hauteur de leur influence électorale, qui même faible peut faire basculer un second tour serré, les sous secrétariat d’état futurs.,
2002 avait été le point culminant des vicissitudes liées à ce système . Je crains que 2007 ne soit du même tonneau ; les cris d’orfraie des petits candidats quant aux fameuses 500 signatures me font penser qu’il s’agit plutôt d’une intox pour maintenir la pression sur les élus qui se sont engagés par des promesses ( Le Pen avait déjà fait le coup en 2002 ) que d’un risque de leur absence de la compétition. On verra..

Aucune des grandes démocraties comparables à la France , ne connaît cette situation .Le bipartisme, tant raillé en France, permet d’éviter ces situations et la démocratie s’exprime quand même par les primaires telles qu’elles existent aux Etats Unis ( et comme elles ont été mises en œuvre à gauche en Italie ) ou plus simplement par l’absence de monarque républicain tel que c’est le cas en Allemagne , Angleterre ou Espagne ( dans ces deux derniers cas ça serait mieux sans monarque du tout , mais bon ils ne jouent pratiquement aucun rôle ).

Quant à la France, l’éventail des produits proposés fait que rien ne s'oppose à ce que, pour un deuxième tour, le candidat des buveurs de bière brune n’affronte le candidat des buveurs de bière blonde ; l’éparpillement des candidats de gauche et droite habituels ayant fait qu’au premier tour ceux ci n’aient rassemblé chacun moins de voix que nos sympathiques défenseurs des boissons moyennement alcoolisées à base de houblon…

Il est possible que cette fois, au moment du vote, les électeurs se souviennent du traumatisme de 2002 et concentrent leurs suffrages sur les 2 ou 3 candidats réellement en position d’être président de la république et de rallier une majorité parlementaire .Même si c’est le cas, les circonstances institutionnelles qui ont fait 2002 demeureront et, le souvenir de 2002 s’estompant à coup de quinquennats successifs, on risque d’en revenir au même point, avec la lancinante menace des extêmes, FN d'un côté et ultra gauche de l'autre et leur poids sur les partis "de gouvernement".

J’avais annoncé de façon liminaire deux points relatifs à la campagne présidentielles mais mon quota quotidien de banalités sans intérêt ( surveillé de près par un entourage suspicieux ) étant dépassé, je dois remettre le deuxième point à demain. Donc demain ou plus tard ), j’expliquerai :

Pourquoi la gauche, et singulièrement le parti socialiste, est responsable pour partie du burlesque de la campagne. Amis de gauche, ne zappez pas ! ! car j’expliquerais aussi pourquoi il faut être de gauche ( moderne, forcément moderne ) et en gros comment je vois que les choses pourraient aller mieux ( grand classique du comptoir « si j’étais du gouvernement je sais bien ce que je ferais… » ).Donc ça va pas rigoler. C’est pas du teasing ça ?


Pour terminer sur plus sérieux, je lis actuellement une bio de André Breton rédigée par un universitaire américain ( Mark Polizzotti ).
.Ce qui est impressionnant c'est la moulinette universitaire américaine qui, par sa précision,son luxe froid de documentation et la grande distance vis à vis du sujet étudié, ravalerait Jaurès ou nelson mandela au niveau de psychotiques maniaques, par l'étude de tous les aspects de leur vie personnelle... donc après il faut revenir à l'oeuvre mais dans le cas de Breton c'est pas facile ! ( précision cocasse: j'apprends dans ce livre que Breton a publié son " anthologie de l'humour noir" le 10 juin 1940.Voila un type qui ne manquait pas d'à propos !!
)







et c'est ainsi qu' Allah est grand, comme disait l'autre




dimanche 4 février 2007

re

Dans le défunt hara kiri hebdo, cavanna ( à savoir ce qu'il est devenu !) tenait une rubrique intitulée: « j'ai pas lu, j'ai pas vu mais j'en ai entendu causer » .




Je parlerai donc aujourd'hui de choses que je n'ai ni entendues ni lues ni vues mais dont j'ai entendu causer.




Les personnes et/ou oeuvres que personne n'a vues ni lues sont nombreuses, de toutes natures et possèdent une vertu fantasmatique très forte puisqu'on peut imaginer ce qu'on veut ,voire le meilleur.Celà va de Buddy Bolden, légendaire trompettiste de la nouvelle orléans; qui n'a jamais enregistré et dont ses contemporains ont dit le plus grand bien ( cf le « Buddy Bolden'blues » de jelly roll morton )-Peut être jouait il comme un pied en réalité ?- jusqu'à Dieu lui même, jamais vu. non plus..mais dont on m'a dit également le plus grand bien généralement.Je n'ai pas d'opinion sur ce dernier sujet.
(1)

_________________________________

(1)il y avait bien , il y a très longtemps, un truc que personne n'avait jamais vu et qui faisait rêver, c'était le socialisme.Infortunately, on a vu.c'est donc peut être vachement bien qu'on n' ait rien d'enregistré de buddy bolden...(quant à dieu...)







Musicien que je n'ai jamais entendu :







willie jones .Légendaire musicien de chicago, qui aurait, dit on, influencé sun ra. Né en 1920 et mort en 1977, spécialiste du jeu en accord .Sa manière se situerait, selon les sources, entre milt buckner et cecil taylor, ce qui est évidemment difficile à imaginer.





L'excellent blog c**** & d**** -lien ci dessous -

supprimé à la demande du bloguiste

nous informe de l'existence de deux enregistrements de willie jones parus sur un label obscur ( créé par un ancien basketteur des harlem globe trotters et réédité chez argo mais surement introuvables ) sous les noms de clark terry et paul gonsalves respectivement leaders( excusez du peu ) le personnel est Willie Jones – Piano- Remo Bionde (?) – Guitar- Jimmy Woode - Bass -Sam Woodyard – Drum. Je reproduit les pochettes que nous montre c****& d*****:























clark terry, qui ne parle pas habituellement pour ne rien dire, s'exprime ainsi au sujet de willie jones :

"He was one of the weirdest looking cats you've ever seen. He had a double set of teeth, like a barracuda. Big cat, too. He played sporadically and very strangely. But he was always on the scene, likeable cat, and everybody wanted him on the date. Aggressive type of pianist. I wouldn't consider him to be the ultimate jazz player, not to mention a good piano player"



En fait l'origine de ces recherches vient de la découverte de l'excellentissime batteur willie jones 3, qui joue dans les ensembles de roy hargrove aussi bien straight ahead ( cf le récent disque:nothing serious ) que dans le RH factory.Dans les deux cas avec beaucoup de bonheur.
Sur son site willie jones 3 nous indique avoir été éveillé à la musique par son père, pianiste connu.



On peut donc penser qu'il peut s'agir du willie jones de chicago mais les dates sont improbables, willie jones 3 étant né en 1968 à los angeles.


D'ailleurs dans ce cas willie jones de chicago aurait logiquement du s'appeler willie jones 2 .Auquel cas qui était willie jones 1?



pour épaissir le mystère, le site AMG, à propos de willie jones 3 ,semble penser que son père était batteur, ce qui contredit les propos de l'intéressé, qui doit quand même être le mieux

informé.Qui résoudra cette énigme ?


A propos des" fils de "







ci après le lien vers le site de Deval Patrick, actuel gouverneur du massachussets et premier gouverneur afro américain.


Ce site est rédigé dans l'inénarrable style américain avec une version française, sans doute faite à partir d'un logiciel automatique de traduction, assez croquignolette.Il se trouve que delval patrick est le fils du lui aussi légendaire saxophoniste ( essentiellement baryton ) Pat Patrick, qui a fait partie très longtemps de l'orchestre de sun ra et a été un des derniers sax de thelonious monk.



http://www.devalpatrick.com/



Curieusement son fils ne fait aucune référence à son père qui a semble t il abandonné assez rapidement sa famille.Quoiqu'il en soit c'est un bel exemple de réussite américaine puisque le fils deval issu d'une famille afro américaine très pauvre est devenu gouverneur après avoir été vice président de coca cola...


livre que je n'ai pas lu mais dont j'ai entendu causer




il s'agit du livre fait à partir de photos et d'interviews de musiciens de jazz par le baronne nica de koenigswater bien connue des amateurs pour son rôle auprès de charlie parker ou thelonious monk notamment, tous les deux morts chez elle ( mais non elle ne les a pas tués, ignares que vous êtes , elle les avait recueillis !)

le livre s'appelle « les 3 voeux des musiciens de jazz ». Edité en france par buchet chastel pour noël 2006, il a été épuisé avant que j'ai le temps de l'acheter. Si monsieur buchet et madame née chastel voulait bien le rééditer, ou au moin en rééditer UN pour MOI !...


le disque du jour












dexter calling enregistré en 1961 chez blue note par dexter gordon, accompagné de kenny drew-p- paul chambers-b- et philly joe jones-dms-


en fait j'ai acheté ce disque, le premier de dexter gordon, dans les années 1960 (1), sur la foi de la grande réputation de dexter dans les magazines, à l'époque où je découvrais le jazz.Bien que je l'ai beaucoup écouté ( essentiellement au motif que je ne possédais pas beaucoup de disques à l'époque) cette musique ne me touchait pas du tout et me rasait même un peu.



Ce n'est que plus tard, les oreilles un peu mieux éduquées, et après avoir avoir eu la révélation de la grandeur de gordon par le fabuleux night in tunisia avec bud powell dans l'album « our man in paris »,que j'ai compris et apprécié ce formidable enregistrement.

Cela prouve qu'il faut persévérer et, qu'à l'instar de saül, chacun finit par trouver son chemin de damas...

ce disque, ou plutôt sa pochette d'origine, est maintenant accroché au mur de mon sweet home.




Zut, il ne me reste plus assez de temps pour causer de la campagne présidentielle.Promis je m'y colle demain...

(1) il ne s'agit évidemment pas du premier disque de dexter mais du premier que j'ai acheté !

samedi 3 février 2007

j'y reviens

donc je m'y recolle.

j'avais promis hier de parler je crois de josé bové, de l'interdiction de fumer ailleurs que nulle part et de hank mobley.

commençons par le plus intéressant: hank mobley.Je ne vais pas vous raconter sa vie son oeuvre qui se trouvent dans tous les bons ouvrages et/ou les bons sites web.hank mobley est un musicien très particulier et très intéressant.Affublé par leonard feather, homme de plume comme son nom l'indique, du qualificatif de "middleweight", cette réputation le suivra longtemps.Autant dire que, à coté de ses commensaux, coltrane/rollins etc il semblait ne pas faire le poids à l'époque.heureusement ( pour sa mémoire car, lui est mort depuis ) les choses changent et, avec le temps, les jugements remettent les oeuvres à leurs vraies places.Hank mobley n'était pas un poids moyen ni un petit maître mais un des plus grands artistes de son temps.

Pour aggraver son cas, sa modestie, son jeu feutré qui refuse les excès et se complait dans une mélancolie nostalgique ( ce qui n'exclut pas un swing évident et une capacité à "chauffer" dur quand les circonstances l'exigent ) l'ont desservi pendant la grande époque du hard bop triomphant puis ,l'arrivée des jeunes turcs du free ( shepp, sanders et autres ) l'ont rendu inaudible de beaucoup d'amateurs.

Ajoutons qu'une vie chaotique rythmée par les excès de toutes sortes puis par la maladie ne lui permettait guère de rebond.Dans le genre looser complet seul tina brooks ( qui lui ressemble d'ailleurs beaucoup ) peut lui disputer sérieusement la nomination.

Comme la vie ne peut pas être que du malheur ( quoique... ) mobley a eu la chance insigne de croiser la firme blue note pour laquelle , en une dizaine d'années il a gravé , comme leader et comme sideman, un très grand nombre de disques qui sont tous absolument excellents.Associé aux meilleurs de l'écurie blue note, il nous laisse une oeuvre à son image, discrète mais pleine de charme, swingante et d'un gout exquis.Se refusant toutes les facilités, mobley était le musicien de la rigueur et de l'élégance.

Tous ses disques sont hautement recommandables.Les meilleurs étant sans doute SOUL STATION avec une rythmique de rêve ( blakey, winton kelly et paul chambers ) et WORK OUT ( les mêmes sauf blakey remplacé par philly joe jones + grant green à la guitare ).Ces enregistrements ont bientôt un demi siècle mais sont de fait intemporels ce qui est la marque du classisisme.

A noter quand même des disques moyens comme reach out (assez médiocre).Sur la fin de sa vie son style avait un peu changé ( cf son association avec Cedar Walton.) le disque "Breakthrough" montre un mobley un peu influencé par coltrane.


hank mobley a souvent fait équipe avec lee morgan dont je parlais hier.A l'occasion de ses propres enregistrements, lee morgan a souvent fait équipe avec...hank mobley.Même si des infidélités ont eu lieu ( donald byrd ou freddie hubbard pour hank,wayne shorter, joe henderson, george coleman, jackie mc lean et d'autres pour lee ) c'était LE couple emblématique de blue note.

A ce sujet il est intéressant de constater que l'histoire du jazz ( activité par nature collective et qui demande des affinités certaines ) est jalonnée de ces histoires de couples ( jamais fidéles bien sur ) freddie hubbard/james spaulding, mulligan/chet baker, les frères adderley ( quasi inceste...) harold land/bobby hutcherson, louis armstrong/earl hines ( quand le couple se défera satchmo retrouvera avec jack teagarden le partenaire qui lui convient) count basie/freddie green, lester young/billie holiday (encore que là ça relève plutôt du fantasme des critiques que d'une réalité).On pourrait multiplier les exemples de ces couples célèbres ( je lance un concours..).

Evidemment il y a d'incorrigibles célibataires ( rollins, dexter gordon ) et des adeptes de ménages plus développés ( le quartet de john coltrane).Ce qui prouve si besoin est que tous les gouts sont dans la nature.

Je voulait vous parler d'autres choses mais je l'ai perdu en route.Ah oui ! ça me revient, bien noter que josé bové n'a jamais enregistré chez blue note.La confusion peut venir de ses moustaches qui le font étonnament ressembler à booker ervin ( qui, lui ,a sporadiquement enregistré chez blue note, notamment l'excellent TEX BOOK TENOR avec woody shaw et , il faut le noter, un bassiste scandinave, Jan Arnet, dont on n'entendra jamais plus parler .sans doute un copain du lascar dont je parlais hier à propos de l'ethnocentrisme du dictionnaire du jazz).

En fait quand j'ai dit que je parlerais de josé bové les esprits déliés ont bien compris que je plaisantais.Comment, après un sujet aussi sérieux que hank mobley ( il aurait aussi bien pu être question de la charlotte aux pommes ou des semis de printemps, sujets tout aussi sérieux ) aborder sans rire la bouffonerie de la campagne présidentielle.Bon si un citoyen sommeille en chaque bloggeur il faudra bien que j'y vienne.On va dire plutôt demain...promis.

je laisse tomber également l'interdiction de fumer.Devant l'hystérie collective on ne peut qu'attendre le reflux.je crains malheureusement qu'il ne soit pas pour demain et que les interdictions de toutes natures ne viennent s'additionner .

le disque du jour


pour montrer clairement que je ne suis pas un monomaniaque de blue note le disque du jour a été enregistré chez jazzland et produit par Orin Keepnews.Toutefois il s'agit d'un disque de 1962 de lee morgan, infidéle cette fois à blue note.





C'est un très bon disque, rafraichissant puisqu'il change ( on se lasse parfois des meilleurs choses ) de l'ambiance blue note.Le personnel est inhabituel pour lee puisque la rythmique est basée sur deux hommes de Detroit :louis hayes à la batterie et l'immense barry harris au piano, peu habitués des studios blue note ( quoique barry tinsse le piano sur l'album de lee the sidewinder, qui fut un succès mondial qui sauva blue note de la faillite et que louis hayes a du sévir également dans les enregistrements d'un de ses patrons horace silver).Bob cranshaw est à la basse et clifford jordan de chicago au sax ténor ( ce chicagoan estimable quoique moins brillant que son "pays" johnny griffin, a eu son heure de gloire dans l'orchestre de charles mingus en 1964 où, il faut bien le dire, il était un peu écrasé par les monstres qu'il cotoyait -outre mingus, dolphy ,byard et richmond ).

Barry harris est maintenant un vieux monsieur de 78 ans mais qui continue de performer et d'animer des master class dans le monde entier.j'ai eu le privilège de le voir en concert l'an passé ( avec luigi trussardi-b- et mourad benhamou-dm-) un régal...

Cette séance est une des moins connue de lee morgan mais de très bonne qualité.

il est important de remarquer ( lien avec le sujet précédent ) que ,sur la photo, Lee tient à la main une cigarette, allumée !..; ce qui fait de lui un criminel endurci et qui a bien mérité ce qui lui est arrivé.La reproduction de cette pochette est ancienne et nul doute que les rééditions éventuelles feront disparaître cette grave incitation à l'assasinat de ses contemporains.

Le site du jour

un site sans doute déja connu mais absolument extravagant d'un japonais fou qui a collectionné et mis à disposition sur son site ses pochettes de disques ( jazz années 50/60 essentiellement dont un paquet de blue note ) vynil.c'est magnifique.Je n'ai pas l'esprit collectionneur et je trouve ça généralement débile mais là je suis content que ça existe.Me rappeler de parler de Reid Miles, graphiste génial qui a fait des pochettes blue note de véritables chefs d'oeuvres artistiques.

http://www.gokudo.co.jp/Record/10inRec/



Bon tout a une fin, on m'appelle pour dîner.

un petit renseignement personnel: la photo de mon chien---> Lola, bouledogue française de 13 ans:



Evidemment le plus gentil chien du monde...


demain, peut être je parlerai de willie jones le pianiste de chicago ( ainsi que de la passionnante campagne présidentielle que le monde nous envie).

vendredi 2 février 2007

c'est ma première surprise partie

zoum ! je fais mes début dans le blog comme le nouveau né qui vagit dans son berceau ou la débutante au bal éponyme.Comme le dit avec à propos le personnage qu'incarne jean paul belmondo dans pierrot le fou : " allons y alonzo ".





je traiterais aujourd'hui 3 sujets ==> l'ethnocentrisme à propos du jazz , le disque du jour et la relativité de la perception de l'age des gens en regard du fait qu'on ne le connait pas ( évidemment tout cela parait très abscons mais, rassurez vous, ça va s'éclaircir très vite .





Sur l'ethnocentrisme je pense que vous l'avez tous remarqué.Deux exemples très simples :






  • le dictionnaire du jazz paru en 1988 je crois et actualisé depuis ( chez laffont collection " bouquins") outil très utile - surtout avant internet- est remarquable de ce point de vue
  • --> exemple au hasard à la page 916 : Duke Pearson, immense musicien et producteur chez Blue Note, responsable de disques révérés par le monde entier a droit dans cet ouvrage à une notule ( on dit notule ? ) de 32 lignes.bien. Il est suivi immédiatement, ordre alphabétique oblige, par Aldar Page, contrebassiste hongrois, dont j'avoue n'avoir jamais entendu parler en plus de 40 ans de suivi de l'actualité du jazz, mais qui a droit,lui, à une notule de 39 lignes !!!cherchez l'erreur!!






  • Autre exemple, plus anecdotique il est vrai.Le site internet de la radio française de jazz TSF ( excellente au demeurant ) est illustré de photos de divers musiciens.Parmi eux ( sauf erreur , myopie ou mauvaise foi ) aucun afro américain.Incroyable non ?





le disque du jour




















ça veut rien dire le disque du jour mais je trouve ça bien comme entrée en matière.En fait c'est le disque que j'ai découvert ou écouté aujourd'hui.

Alors aujourd'hui une bizarrerie : le disque East meets West, enregistré en 1960 par Amhed abdul Malik.Ca ne ressemble absolument à rien d'autre puisqu'il s'agit en fait d'un curieux essai de world music- bien avant la lettre- associant des musiciens arabes à des musiciens de jazz et non des moindres ( Lee Morgan, johnny Griffin, benny Golson par exemple ) le leader jouant de l'oud , bien qu'il soit né à New York et de son état contrebassiste de style bop auprès d'employeurs comme Randy Weston ou Thelonious Monk.

Autre curiosité, alors que généralement la "world music" associe une rythmique rock ou funk à des mélodistes exotiques, c'est ici l'inverse dans la plupart des titres puisque les souffleurs sont jazz et la rythmique exotique.Bon. c'est pas mal mais le ne le réécouterai pas tous les jours.( de toutes façons vous ne le trouverez pas- sauf à le voler...)

Je savais que j'avais annoncé trois sujets et j'ai oublié le dernier ?

Ah oui mon truc compliqué sur l'age des gens vu de loin. En fait cela m'est venu en regardant de plus près ( et en écoutant beaucoup) l'oeuvre de deux trompettistes que j'aime particulièrement: Lee Morgan et Freddie Hubbard.Assez naïvement j'étais persuadé que Lee était plus agé que Freddie.Evidemment pas au point d'avoir joué avec King Oliver mais quand même il me semblait que Lee était L'ainé .Je vient de m'apercevoir que, pas du tout, ils sont nés tous les deux la même année 1938.

Après réflexion il m'est apparu ( comme la vierge à bernadette) que cet effet d'optique était du à deux choses

Morgan, quasi autodidacte a commencé sa carrière à 15 ans, alors que Hubbard a fait des études musicales poussées.Cela explique que l'on voit apparaitre le petit lee très tot dans les discographies.

le plus important tient surement au fait que la vie dissolue de lee s'est brusquement arrêtée en 1972 lorsqu'il a inopinément croisé la balle d'un revolver, qui lui était délibérément destinée.Du coup ( de révolver) alors que le style de hubbard s'accordait au fil des ans aux modes dominantes ( funk, électriques, modales ) le style pur hard bop de Lee est demeuré gravé dans nos mémoires.

Quand on sait que le revolver cité plus haut était actionné par l'ex petite amie du dit lee , on mesure avec un certain effroi l'influence perverse de l'adultère mal dissimulé sur la perception de l'âge que peut avoir le mari ( ou amant ) volage par les générations futures.

Après de telles réflexions on ne pourra plus dire que la musique afro américaine n'engendre aucune réflexion profonde et de caractère général.

j'en profite pendant qu'on n'y est pour signaler deux disques qu'il faut absolument se procurer

Search for a new land de ( toujours lui ) lee morgan.Disque que je possédais sous sa forme vynil mais que je ne pouvais plus écouter pour cause de destruction de la platine ad'hoc.Je viens de le retrouver en CD.C'est mieux que mon souvenir.


Sounds from Rikers Island .un disque de 1963 sous la direction du très très sous estimé pianiste Elmo Hope avec Philly joe jones et john Gilmore notamment ( un jour de congé sans doute chez Sun Ra ) Tout le monde joue à son habitude , c'est à dire superbement.Pour la petite histoire j'ai cru comprendre que Rikers Island était un pénitencier ou quelque chose du genre réservé aux drogués sévères.Donc le nom des participants ne surprendra pas les initiés...

ça suffit pour aujourd'hui.Ce n'est qu'un début bien qu'il ne soit pas sur que je continue le combat...

si je suis en forme penser à parler demain :


  • Absolument de Hank Mobley
  • de josé bové ( non, ignares que vous êtes, il ne s'agit pas d'un musicien )
  • de l'interdiction de fumer ailleurs que nulle part.