lundi 30 juillet 2007

que viva papa

hello les amis,

avant toute chose je vous fait part de mes découvertes, il n'y a pas de raison, gaston est partageur!

En cherchant autre chose, en l'occurrence des infos sur l'excellent saxophoniste anglais Tubby hayes, je suis tombé sur ça :


vous allez le lire donc je vous raconte pas l'histoire. En gros c'est l'histoire d'un mec qui raconte sa longue histoire d'amour avec le jazz. Musicien amateur, au (très) bon sens du terme, le seul, il a côtoyé tout ce qui comptait de grands musiciens français et étrangers, et il le raconte très bien.
C'est passionnant de bout en bout et on en redemande. Papa mutt a fait de la bretagne une terre de mission pour le jazz, ce qui n'est pas choisir la facilité quand on connaît les bretons et la musique celtique ( ce qui, avec les polyphonies corses, le rap et la musique militaire, est la chose la moins musicale qui existe ).
Vous allez vous régaler des aventures de papa mutt avec chet baker ou stéphane grapelly. Tiens, je ne sais pas si vous méritez un tel bonheur. Vous pouvez faire passer, je ne connais pas du tout l'auteur mais à mon avis c'est une chose qui doit circuler.

Bon je fais court le beau temps revient.

Les disques curieux: personne n'en connait; faut que je m'y colle.

Si vous le trouvez écoutez ça:


c'est un enregistrement de 1960 à l'occasion du « contre festival » de newport ( le off quoi! ) organisé par les rebelles au système : mingus , max roach etc.
ce qui est inattendu c'est la rencontre entre mingus, dolphy et kneeper et roy eldridge et joe jones. Et croyez moi, ça marche! Dès que j'aurais trouvé le moyen de coller de la musique sur ce satané blog je vous en fait profiter ( je ne cherche pas assidûment faut dire ).

puisque on est dans les trucs bizarroïdes, je peux jumeler la rubrique avec les disques que je n'ai jamais entendus mais dont je n'hésite pas pour autant à causer.
Connaissez vous rufus harley ? Non ? En fait moi non plus.

Je veux dire que je connais bien l'existence de rufus, que , telle celle de dieu, je ne remets pas en doute mais bon , je n'ai pas de preuves évidentes ( pour dieu non plus mais ce n'est pas le sujet de ce soir ).

donc le bon rufus, saxophoniste de son état à l'origine, a flashé un jour sur la cornemuse et en a fait son instrument principal avec un telle certitude dans le choix qu'il a été jusqu'à porter en scène le kilt qui accompagne généralement le susdit instrument. En dehors de la scène je n'ai pas d'info mais allez savoir.

Quoi qu'il en soit le rufus , grâce à son bagpipes, a fait une petite carrière ( dans les polls: dans la catégorie cornemuse de jazz, le gagnant est:...rufus H. ) il a même enregistré avec sonny rollins, toujours à la recherche d'originalité pour damer le pion à coltrane. On dit que sa cornemuse évoquait la transe coltranienne. Pourquoi pas . Il a fait des disques

et il existe même un DVD :


Tout ça c'est très bien mais je dois confesser que je n'ai jamais entendu ce rufus ( ou peut être une fois chez une radio spécialisée mais mon souvenir est flou ).

plusieurs fois j'ai vu un de ses disques dans les bacs mais il n'avait aucune chance. En effet, je ne sais pas pour vous, mais ma technique d'achat est la suivante : je définis préalablement un budget; je me rends chez le disquaire ( enfin ce qu'il en reste ) et je choisis tous les disques qui m'intéressent. Ensuite je trie pour rester dans le budget ensuite je passe à la caisse, ensuite bon c'est comme pour tout le monde...

avec une telle stratégie, indispensable pour ne pas passer sous les fourches caudines de la commission de surendettement, rufus harley a toujours été arbitré contre autre chose, de plus connu, de plus recherché etc.

quelqu'un connaît il rufus ? ( il est mort en 2006 et il semble qu'il ait joué en france avec Byard lancaster en 2003 ).

à propos de disques rares que pensez vous des collectionneurs? Êtes vous collectionneur vous mêmes ? Moi non. J'avoue que je n'ai jamais bien compris cette marotte qui consiste à entasser des trucs pour des trucs, parce qu'on les a , parce que...

je me suis laissé dire que certains collectionneurs possédaient plusieurs dizaine de milliers de disques. Qu'en font ils ? C'est absolument impossible à écouter tous ces disques, c'est effrayant même.

Je vous vois venir; vous allez me dire que oui mais moi j'ai plein de disques ! Bien sur mais je les ai tous écoutés et si une gigantesque discothèque publique ( et numérique et accessible ) existait , je veux bien donner tous mes disques. Enfin bon chacun fait ce qu'il veut et la collectionnite fait moins de dégâts que l'alcoolisme au volant.

Il existe quand même des disques que l'on cherche et qu'on ne trouve pas. Par exemple je viens seulement de mettre la main sur les (magnifiques ) enregistrements de ray charles et betty carter de 1961.
D'accord je n'avais pas cherché avec beaucoup de pugnacité mais quand même je suis content. D'ailleurs il ne faut pas trop chercher et laisser faire les choses. Comme en amour, l'attente et le hasard les rendent encore meilleures..

toutefois si quelqu'un a entendu parler d'une réédition en CD des double six avec dizzy ça m'intéresse!

Dernière chose pour aujourd'hui. La dernière livraison de jazzman est consacré à john coltrane.
C'est très bien pour l'édification des jeunes générations ( parce que si gaston ne pense pas aux jeunes générations qui va s'en préoccuper ? )

cela dit c'est fou ce qu'on fait comme numéros consacré à... par exemple le même coltrane a déjà fait la une de jazzman en 2003 et de sa maison mère jazz magazine en 2006.

le contenu du jazz mag de 2006 et du jazzman de 2007 est quasiment le même. Normal il n'y a qu'un coltrane et plusieurs magazine de jazz ...


achetez quand même ce bon numéro de jazzman. Vous y apprendrez par exemple que JC a failli monter un orchestre régulier avec wes montgomery début des sixties. Vous imaginez ?

Sentant vraisemblablement qu'il avait suffisamment d'or dans les mains le wes a refusé tout net. Dommage quand même.

Bon allez, le premier qui trouve dizzy et les 2X6 me fait signe ( je l'ai en vynil mais ma platine est HS )

lundi 23 juillet 2007

bloggin'the blues with la brabançonne

Mon dernier message vous entretenait notamment d'un disque de « various artists » ( lee morgan wayne shorter ...) intitulé « the young lions » dont je me gaussais peu finement des liner notes. Vous vous en souvenez très bien, ou alors faites un effort bon sang.




Quoiqu'il en soit ( en fut ? ) je vous causais de ce disque quand je réalisais qu'il était enregistré sur le label vee jay, label dont, de mémoire et elle est excellente, je possédais par ailleurs plusieurs disques sans bien connaître de quoi il retourne relativement au susdit label ( vee jay quoi, bon c'est un peu embrouillé j'en conviens ).


farfouillant dans ma discothèque j'ai trouvé ça d'origine vee jay.


Ce qui n'est déjà pas mal compte tenu que ma discothèque en question ne comporte des entrées que par ordre alphabétique du leader de l'album et, évidemment, rien par labels, ce serait trop beau ! Donc tout de mémoire, et hop ! J'ai du en oublier.


Renseignements pris, car il est hors de question de mourir idiot, voilà ce qu'on peut, succinctement, apprendre de vee jay :

fondé en 1953 par vivian carter et james c bracken ( d'où le V J, les deux prénoms. Vous suivez ou pas ? ) ce label a été le seul, à l'exception de motown bien sur, à être entièrement managé par des afro américains.

Comme speciality à los angeles, VJ était actif essentiellement dans le domaine du blues – il a été longtemps la maison de disques de john lee hooker- puis du R&B et ses déclinaisons, doo woop etc. ses grandes vedettes furent gladys knight ( & the pips ), jerry butler et little richard, piqué justement à speciality.

Un de leur meilleur coup fut d'avoir été les éditeurs des premiers disques américains des Beatles, EMI USA ayant refusé de les éditer, n'y croyant pas.Les « love me do « et « twist & shout » ont été pour VJ de véritables vaches à lait. Malgré ce coup de bol, VJ a fait faillite en 1966. VJ a été racheté et existe toujours mais ne produit pas de disques, se contentant de vivre sur son catalogue.

Mais gaston, me dites vous, et le jazz dans tout ça ?

d'abord je vous trouve bien familier et je vous répondrai si je veux !

Bon, VJ , toujours comme speciality ou chess, avait une petite activité jazz qui a produit notamment les quelques disques ci dessus ( et d'autres: eddie harris, walter perkins ...). Bien que le label soit de chicago il n'y a pas de connotation locale dans l'origine des musiciens ( memphis pour strozier et little, NYC pour kelly, philly pour morgan, ou chicago certes pour clifford jordan – bizarrement orthographié jordOn sur la pochette du disque de lee morgan ! ) .

bien évidemment, compte tenu de l'époque et de la nature des participants, ces disques sont généralement hautement recommandables MAIS , curieusement, ils ne m'ont jamais attiré l'oreille outre mesure, ce qui explique sans doute que , jusqu'ici, je n'ai pas été très curieux sur ce label.

Rien à voir , par exemple, avec les enregistrements des mêmes lascars chez blue note. Comme je ne crois pas au hasard il est vraisemblable que cela a des raisons : pas de véritable concept d'album à la différence de blue note ( the finest in jazz since 1939 quand même !) , musiciens livrés à eux mêmes , comme la guerre avec les militaires la musique est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls musiciens, et sûrement des répétitions chichement mesurées. Résultat : décevant mais on n'est quand même content que ça existe.

Je n'ai pas d'infos particulières mais j'ai l'intuition qu'il devait y avoir aussi des raisons économico financières, du genre pas de royalties ou autres. Vous me direz que ça n'explique pas tout et j'acquiescerai quand on sait que pour « west end blues », dont l'intro est le manifeste génialement indépassé et indépassable du jazz, louis armstrong a touché 50 dollars et plus jamais rien ensuite...

Voilà, vee jay fait, je raye sur ma liste de courses.

Bien que, à part milady, personne ne se foule pour dégotter des trucs bizarres je persévère.

Une chose qui n'est pas bizarre mais curieuse c'est la prise du 28 septembre 1938 des kansas city six, featurant notamment buck clayton et lester young avec la « all american rythm section »+ eddie durham avec un engin de son invention , promis à un beau succès, la guitare électrique.


Mais ce n'est pas ça qui est curieux. La curiosité réside dans le morceau « them their eyes » où il y a un chanteur qui s'appuie le thème. Ni bien ni mal d'ailleurs mais il s'agit de freddie green dont chacun s'accordait à penser qu'il ne savait vraiment rien faire d'autre que la quasi pompe chez basie.


A ce sujet il paraît que le count, fidèle à sa réputation de pingre, payait moins cher le bon freddie que les autres au motif qu'il ne pourrait pas trouver de boulot ailleurs que chez lui. Ça ne grandit pas basie mais c'est comme ça. Il est vrai qu'on ne connaît aucun chorus en single note de freddie et pourtant c'est un des musiciens les plus ( justement ) connus de l'histoire du jazz. Mais il chantait, j'en ai la preuve !

À propos de chanteur, et ça n'a rien à voir, vous êtes sans doute informés de la dernière histoire belge . Non ? Je la vous narre :

des journalistes ont demandé, à l'occasion de la fête nationale , au futur premier ministre, de chanter l'hymne national belge ( qui, comme chacun ne le sait pas forcément, est la « brabançonne » ). Le mec s'est trompé et a entonné le Marseillaise. Gros émoi outre quiévrain! Dans le fond ne pas savoir quel est l'hymne national de son pays c'est plutôt sympa ; il y en a trop qui le savent parfaitement. Pour freddie green l'hymne national était « them their eyes » , ce qui n'est pas mal non plus.

Pour terminer « all about jazz » nous signale l'existence d'un livre de mémoire de chan parker : « my life in e-flat ».



Faut que je me le procure , que le lise et que je vous en cause. By the way, le papier signale que , selon chan, son deuxième mari phil woods ( philippe dubois donc ) était un alcoolique et un père absent. À sa place j'aurais laissé tomber avec les sax alto et tâté du baryton ( harry carney par exemple était très gentil ) . je vous tiens au courant.

ps : j'ai fait remarquer à ma chienne , lola, que manifestement elle et paul chambers avaient un air de famille ( du moins si on en juge par la pochette vee jay ) selon elle c'est impossible, aucun boule dogue n'ayant jamais joué de contrebasse. comme je lui faisais remarquer que ça ne prouvait rien, elle a cessé de me parler. quel caractère de chien!


mardi 17 juillet 2007

sévèrement burné...

Mes apparitions sporadiques sur ce blog dénotent une atmosphère estivale plus propice au farniente qu'à l'écriture, même lâche et peu déliée. Quoi qu'il en soit je m'y recolle vite fait mais vous allez voir que ça va être très court.

Tout d'abord je vous dois une explication sur ce titre dont la gouaille vulgaire le dispute à l'abscons total.

En fait j'ai profité de ces quelques jours entre deux messages pour visionner intégralement les dix (10) DVD de la série JAZZ réalisés par Ken burns. Il m'a fallu un certain courage, quoique le visionnage ne soit pas un exercice très cassant, quand on sait que cela représente à peu près 20 ( vingt ) heures au total.
Bon, haletez vous, mais de quoi s'agit il , pourquoi nous les casse t il avec son burns ?


j'explique ( pour les béotiens bien sur ) :


ken burns est un documentariste ( j'ignore si ce néologisme est approuvé par l'académie, disons donc un réalisateur de documentaires ) américain, ni trop jeune ni trop vieux ( il est né en 1953, chacun jugera mais moi je trouve que c'est jeune ) .

pour la télévision américaine, et notamment la chaîne PSB , il a réalisé un certain nombre de documentaires, sur des sujets divers ( base ball- the civil war- l'architecte frank lloyd wright etc ) dont cette monumentale série sur le jazz en 2001.

une des particularités de KB est, outre bien sur un travail méticuleux avec une documentation énorme, as usual chez les US guys , l'utilisation d'un procédé original de « zooming » permettant de donner vie à d'anciennes photos en noir et blanc. Évidemment cela s'applique particulièrement bien au jazz sur lequel les documents filmés sont extrêmement rares.

Par exemple le fameux « diminuendo & crescendo in blue » du festival de newport en 1956, où les 27 chorus mythiques de gonsalves ont sonné la renaissance de duke ellington, n'ont fait l'objet d'aucune archive filmée. A partir de quelques photos en noir et blanc et de la bande son, burns fait revivre la scène, pas comme si on y était mais presque.

Donc 20 heures de film depuis les origines du jazz jusqu' à nos jours ou quasi.
Je ne vais pas cracher dans la soupe, d'ailleurs si ça ne m'avait pas intéressé, vous me connaissez, j'aurais arrêté avant la dernière séance.

c'est très bien fait et ça parle constamment de ce qu'on aime, donc, si vous en avez l'occasion et vingt heures à perdre, n'hésitez pas.

Bon; vous sentez poindre la réserve, le gaston qu'est jamais content...

pas faux. En fait cette histoire est parfaitement l'histoire du jazz telle qu 'elle est racontée dans les bons manuels. Donc entièrement fausse !

La place, très excessive, faite aux musiciens blancs est d'ailleurs révélatrice ( paul whiteman, benny goodman, artie shaw, tommy dorsey n'ont pas du tout l'importance que ken burns leur laisse ). A l'inverse, le blues est cité plus comme schéma musical que comme ce qui est sa vraie place : l'humus du jazz; et une vraie histoire du jazz reste à faire; c'est à dire en réalité l'histoire de la musique afro américaine; la notion de jazz n'étant qu'une invention de journalistes ou d'intellectuels qui, reprise décennies après décennies , a fini par s'imposer comme une vérité.

Il est vrai que l'entreprise était difficile. Raconter cette histoire, pleine de bruit et de fureur, qui s'est déroulée dans un temps si court, dans une nation si jeune et dans un siècle si troublé, était une vraie gageure. Le découpage en époques, styles, écoles est très arbitraire. Je pense que l'ami burns en était conscient et il essayé de tourner la difficulté par l'utilisation de figures récurrentes ( louis armstrong notamment et duke ellington pour lesquels burns montre un amour et un respect qui sonnent juste ) mais la vraie vie est rétive à ces classifications.

Donc document historique remarquablement bien fait mais relevant plus de l'histoire événementielle telle que je l'apprenais à mon époque ( 1515, 14juillet, austerlitz ) que de l'école des annales (1).

on y apprend des choses non essentielles ( billy strayhorn était homosexuel par exemple ) . on y pointe quelques erreurs. Par exemple le seul musicien non américain assez longuement ( et justement ) cité est django. Ce qui nous vaut quelques images du club des lorientais avec l'ami claude luter ; censé résister par la musique à l'occupation allemande...(lol)

parfois le commentaire soulève de vraies réflexions . A titre d'exemple le qualificatif donné à Art Tatum d' « invisible man « est très bien vu. Son influence, sur charlie parker notamment, est très souvent sous estimée.

Que faire ? Le conseiller ou le déconseiller ? Le conseiller bien sur. Quelques soient ses limites ce documentaire est trop rare pour être ignoré des vrais amateurs et sa qualité plastique rachète la relative pauvreté de la réflexion historique.

Et puis il faut tout voir quitte à être critique. Sinon nous finirons comme nos amis anglais qui viennent de retirer des rayons des librairies pour enfants les exemplaires de « tintin au congo » d'hergé au motif du politiquement incorrect.



Bien sur que tintin au congo est, à nos yeux d'aujourd'hui, politiquement incorrect mais faut il le brûler ? À cette aune il faut aussi brûler Montaigne. Relisez les « essais » ( qui n'est pas un traité de rugby, ignorants que vous êtes ) et les passages que notre michel consacre aux femmes et vous serez édifiés ( montaigne ne se souvenait même plus, dans sa correspondance , du nombre d'enfants qu'il avait eu exactement! ) .


précipitez vous sur ken burns ( enfin ses films ) si vous en avez la possibilité et gardez l'esprit critique. Et laissez vos enfants, si , ce qu'à dieu ne plaise, vous en avez, lire tintin au congo.

. De mon dernier message j'avais lancé le concours des disques les plus improbables de la discothèque. Personne ne m'en a proposé; tout le monde s'en fiche. Tant pis je persévère. Donc je vous recommande dans le genre « nanars » intégrals deux duke ellington de derrière les fagots:

un enregistrement de septembre 1947 ou l'orchestre accompagne un chanteur nommé woody herman sur des trucs aussi géniaux que « cow boy rhumba « ( ça ressemble vraiment à une rhumba de cow boy, si ).



une extrait de la « private collection » ( enregistrements que le duke réalisait « à compte d'auteur « pour tester l'orchestre ) où, piqué par le succès de rock n roll, le duke s'y essayait,de façon assez pataude soit dit en passant, sur quelques titres ( dont ocht o' clock rock, tout un programme )



si je savais comment mettre de la musique sur ce satané blog, nul doute que je vous ferais entendre les extraits mais... ( à moins qu'un blogger émérite ne m'aide )
puisqu'on est dans les trucs corne culs, je ne résiste pas à vous signaler une chose rigolote : les « liner notes » rédigées ,soit disant, par cannonball adderley pour un disque vee jay des « young lions « de 1960 ( lee morgan, wayne shorter, frank strozier et bobby timmons notamment ).



Si vous trouvez ce disque n'hésitez pas à vous régaler ( de la musique d'abord qui est excellente ) de la prose de l'adderley, bouffie de prétention littéraire et philosophique mais, rassurez vous, je suis persuadé, connaissant mon julian, que jamais il n'était l'auteur de cette rigolade...

c'est l'été non ?

(1) j'avais mis un renvoi pour faire une plaisanterie très salace sur l'école des annales mais, connaissant votre pudibonderie naturelle, je ne m'y risquerai donc pas...

vendredi 6 juillet 2007

et dieu créa johnny splawn

hello jazzfan et jazzfanesses

me revoila de bonne humeur , donc un petit billet du jour.

Suite à mes élucubrations relatives aux documents audiovisuels à tendance jazzophile, quelques réactions bien solites ( je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que solite est le contraire d'insolite ).

bien d'accord avec Milady ( z'avez vu la majuscule ? ) pour l'échec du projet de tavernier de porter à l'écran les aventures de paudras et bud powell. L'enfer, chacun le sait, est pavé de bonnes intentions et là le pavage était redoutable.


Pourtant tavernier est un cinéaste de premier ordre, doublé d'un connaisseur incontestable du jazz et d'un causeur passionnant, bref le genre de type qu'on voudrait avoir pour ami. Je crois qu'il s'est laissé dépasser par l'amour de son sujet et l'empathie avec paudras . Reste évidemment la présence très émouvante de dexter mais , pas une seule seconde, quand on connaît dex, on ne peut croire au personnage qu'il interprète. Dommage.

de toute façon, le jazz ne se prête guère ni à des films ni à des romans. C'est toujours très factice et les poncifs reprennent vite le dessus ( drogue, artiste maudit etc, ajoutez y une pincée de romance convenue et vous aurez le nanar parfait type glen miller story ou cotton club ).
dernière chose sur ce sujet, contrairement à (toujours) Milady, la ressemblance physique entre quinichette et lester dans « the last of.. » ne m'avait pas frappé. Il est vrai, qu'à sa différence, je n'ai pas l'age d'avoir connu lester...

ah oui, d'autres documents audiovisuels qui me sont revenus depuis :

-un remarquable documentaire germano- japonais « the world according to john coltrane ». Ce film assez court ne fait pas, comme à l'accoutumé, la part belle à des interviews de mecs qui ont connu etc, entrecoupés de passages musicaux tronçonnés, mais, au contraire, laisse ces passages suffisamment se dérouler pour que la musique soit le centre essentiel du discours.

On peut y voir des documents connus, comme le célèbre concert de Comblain la tour. Très curieux document, filmé avec je ne sais quelle sensibilité de pellicule, mais qui fait apparaître l'humidité des corps en mouvement qui s'échappe en fumée selon un ordonnancement biologique et qui ajoute à la transe coltranienne un élément d'étrangeté supplémentaire.

Et, de plus, un document que je ne connaissais pas du quartet + eric dolphy, s'exprimant assez longuement et filmé avec beaucoup de respect et de retenue. ( notez que je vous parle de ça mais que je ne sais vraiment pas où vous l'allez trouver ! )

-les 6 ou 8 ( faut que je recompte ) émissions de télé réalisées par ken burns sur l'histoire du jazz et qui sont riches de documents et très intelligemment faites ( même remarque que ci dessus ! )

pendant que je vous tiens et qu'on parle de JC ( john coltrane évidemment, pas l'autre ) Je vous narre vite fait une aventure à moi arrivée hier. Profitant d'un périple en automobile dans l'indre ( le département-36- pas le pays des maharadjahs, soyez raisonnables ), pays des sorciers, guérisseurs et rebouteux de tout poil, j'en ai profité pour écouter intégralement la réédition en CD du disque de 1961, OLE ( dans l'indre les distractions sont très rares ).




au delà du plaisir de réécouter cette formidable musique, je me suis aperçu que cette réédition comportait, comme aujourd'hui toutes les rééditions, des « bonus tracks » que je ne connaissais pas. En fait j'ai acheté le CD il y a assez longtemps mais je n'avais jamais du l'écouter en entier, demeurant sur le souvenir de mon bon vieux LP .

Outre que ces bonus sont quand même un peu du remplissage au regard de l'intensité de la musique qui les précède, cela me fait m'interroger sur cette pratique qui, peut être, dénature l'oeuvre. Car, en effet, si JC ( et le producteur et la durée imposée certes par le format ) a choisi 3 titres pour l'album, on peut imaginer que cela avait un sens artistique et que modifier cette présentation est une façon de la dénaturer.

Pourquoi, me hasarde je à préconiser, ne pas éditer des CD de bonus track à part et laisser l'oeuvre comme elle avait été prévue à l'origine ? Bon je vois que vous vous en tapez, passons à autre chose.

Si, juste sur OLE, réécoutez le comme moi ( pas obligés d'aller dans l'indre hein ! ) et dîtes moi si vous ne trouvez pas que freddie hubbard, malgré ses immenses qualités, a bien du mal à s'intégrer à l'univers coltranien de l'époque et tente , quand c'est son tour de chorus , de tirer l'attelage vers un hard bop de connaissance ? Réécoutez le à la même époque dans un environnement plus confortable pour lui. Tiens, ça par exemple :

pour ( peut être ) finir, vous connaissez maintenant mon goût pour les musiciens inconnus, peu connus, méconnus, goitreux , paralytiques enfin un vrai musée des horreurs.

j'en ai dégotté un qui va vous plaire : le trompettiste JOHNNY SPLAWN. Ce type n'a enregistré qu'un seul disque à ma connaissance, MAIS avec john coltrane celui là:

et encore il se produit parcimonieusement, mais avec beaucoup de réussite.

Tout ce que j'ai trouvé sur lui c'est qu'il était né en 1931 et était de philadelphie et aussi cette citation d'une interview de Ted Curson à jazz magazine en 1965 :

"Il était paralysé des deux jambes et ne pouvait se déplacer. Il était de Harrisburg, et vint s'installer à Philadelphie. Il possédait une sonorité très chaude, une grande technique, et des idées merveilleuses. Je pense que l'on ne l'entend que dans un disque, une plage même, avec Coltrane, un Coltrane première manière. Je me souviens de ce qu'on appelle une "trumpet-battle" entre lui et Clifford Brown ; c'était éblouissant à entendre. Clifford Brown était, bien entendu, celui qu'on connaissait, celui pour qui on venait, et que les gens suivaient, mais Splawn avait une manière unique de jouer un solo. Il m'a influencé"

Mc coy tyner cite également son nom dans une interview à All About Jazz en 2003. sinon rien . Quelqu'un en sait il plus ? Je crois que dans l'obscur on va difficilement faire mieux. Qui sait ?



Dernier truc, je lance le concours du disque le plus curieux de la discothèque. Y en a des paquets. J'aime bien celui là :



bien sur chamblee est un remarquable musicien ( en plus il n'a pas eu de bol puisqu'il a été un des 6 - six ! - maris de dinah washington; pourtant disparue qu'à 39 ans .. quelle santé cette dinah ! ),émule de chu berry ( émule pas e mule mais ça peut donner une idée pour ce dont je causais précédemment, comprendra qui pourra ) mais ici il est entouré de « modernistes » de première comme johnny coles, julian priester ou charles davis, ce qui donne à la mixture un goût très étrange, un peu comme une crêpe suzette au tabasco ou un truc du genre.


Vous en avez vous des machins bizarres ? ( je parle de disques bien sur ). Ajoutons que chamblee aurait fait de la figuration intelligente dans le film de Vadim « et dieu créa la femme » avec notre bardot nationale ( je l'ai vu fugacement l'autre jour à la télé; sa bêtise est parfaitement incommensurable) quand même je vous fais cadeau d'une photo du film; ça ne se refuse pas .



j'apprécierai vos remerciements.